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Cahiers de Psychologie Politique

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Ces derniers mois ont été marqués par plusieurs activités qui témoignent de l’élargissement des perspectives et de la consolidation des liens transversaux de la démarche qui est la nôtre.

Il y a eu aux mois d’octobre et novembre, à l’Université de Caen, deux colloques où la psychologie politique retrouve un épanouissement considérable. D’une part, les journées sur « Les propagandes » qui renforcent une collaboration de fond entre psychosociologues, historiens, littéraires et sociologues. C’est un début prometteur. Car, si la thématique centrale furent les analyses sur les affiches politiques de la deuxième guerre mondiale, d’autres contributions, ont montré, également, l’importance d’un regard transdisciplinaire croisé entre la propagande et questions telles que la paix, le leadership, la philatélie, la culture, les stratégies psychologiques. D’autre part,   le colloque sur les « Mères de la Patrie ». Etonnante rencontre pour retrouver l’ensemble des Sciences humaines et sociales à travers une trame composite des figures littéraires, politiques,  et psychologiques…

Par ailleurs, nous avons eu le bonheur de participer au VIIe Congrès de la Psychologie de la Libération du 16 au 19 novembre, à Liberia, Costa Rica, sous la bannière : « Un autre monde est possible ». Ces rencontres périodiques sont issues de l’action et de la pensée d’Ignacio Martin Baro, psychologue social et prêtre, assassiné, il y a 15 ans au Salvador, par des « escuadrones de la muerte ».  On y trouve un comportement altruiste et un regard lucide, une ouverture de l’esprit par delà les clivages de la « science normale » et de la politique institutionnelle.  Lieu de dialogue et d’échanges, c’est un événement unique dans le paysage des rencontres académiques, devenues de lieux pour se faire valoir et promouvoir de pratiques techniques insipides et standardisées. En revanche, là, l’approche est le fruit d’un effort enthousiaste des enseignants, praticiens et des étudiants, venus de toute l’Amérique Latine, mais aussi d’ailleurs, pour discuter des questions d’urgence, dont l’importance n’est pas filtrée par des considérations purement institutionnelles ou personnelles. C’est une volonté généreuse d’envisager encore avec optimisme les besoins et les possibilités d’un changement de société pour des hommes et des femmes libres. C’est la pratique d’une psychologie tournée vers les problèmes concrets et la mise en forme d’une recherche où les outils techniques se placent dans un laboratoire naturel à ciel ouvert sans la crainte de froisser le cadre « scientifique » de discussions. C’est ainsi une retrouvaille avec l’attitude d’engagement face aux formes ouvertes et occultes de l’uniformisation (libérale) de la pensée et à la marchandisation des esprits.

Ainsi, nous remercions de tout cœur les organisateurs, et en particulier  notre collègue et ami Ignacio Dobles, pour cette leçon d’indépendance idéologique et scientifique, d’humilité intellectuelle, et de solidarité humaine concrète ! 

Enfin, plus proche de nous, c'est  un plaisir de créer des nouveaux liens avec des collègues d’autres disciplines que partagent avec nous les mêmes préoccupations. C’est le cas de notre collègue Severiano Rojo Hernandez de l’Université de Brest qui dirige une revue (électronique et papier)  dont le nom « Amnis » est évocateur : fleuve, cours d'eau (http://www.univ-brest.fr/amnis). Le prochain numéro de cette publication est consacré à une problématique qui nous est proche : le populisme.

D’autres projets sont en cours, notamment la réalisation d’une Université d’été en Roumanie (Arad) autour des enjeux épistémologiques et thématiques (démocratie) à la lumière de la psychologie politique.  Nous ferons bientôt une information précise à ce sujet et un appel à contribution.

Nous en profitons pour vous souhaiter une année 2006 pleine de bonnes réalisations personnelles et collectives.

Avec nos fidèles amitiés.


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