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Cahiers de Psychologie Politique

Dynamic in european identity
This study is a theorical investigation concerning European identity. The research context is social identity theory (SIT, Tajfel & Turner, 1986), self categorization theory (SCT, Turner, Oakes, Reicher & Wetherell, 1987) and their recent developments. We principally argue that transnational categories are more important to reinforce European entativity than geographical cognitive levels of inclusiveness generally considered.

Le propos de cet article est de montrer en quoi les différents découpages catégoriels traversant l’espace européen contribuent à la formation d’identités plurielles participant aux dynamiques sociales sous jacentes à sa construction. Le cadre théorique privilégié est celui de la catégorisation sociale et de ses prolongements en termes de partitions différenciées. Il ressort de l’analyse que les niveaux d’inclusion cognitifs à partir de l’Europe posée comme méta catégorie ne correspondent pas nécessairement aux niveaux d’identification psychosociaux. L’appartenance européenne est souvent posée, en particulier par les politiques, comme résultant d’un choix identitaire, mettant en concurrence l’Europe et la France. Les pro-européens ont tendance à promouvoir l’identité supranationale en insistant sur les effets délétères des nationalismes alors que les opposants, pour leur part, voient dans la substitution de l’Europe à la France l’abandon de la souveraineté nationale et donc d’une partie essentielle de leur identité culturelle. S’ils sont diamétralement opposés quant à leurs positions, ces politiques s’appuient sur le même postulat selon lequel les identités européennes et nationales seraient en concurrence pour occuper une seule et même place. Les psychologues ne font pas exception en reprenant fréquemment cette dichotomie. Or, selon la Théorie de l’Auto-Catégorisation (TAC) (Turner, 1987), si l’Europe occupe le niveau supra ordonné, les partitions de niveau intermédiaire relèvent d’enjeux sociaux, où une nation face aux autres (en l’occurrence la sienne) n’est qu’une des configurations possibles. Les catégories transnationales sont également envisageables et paraissent les structurations les plus appropriées au renforcement de l’entativité européenne. Autrement dit, l’Europe ne pourra exister en tant qu’ensemble support d’identité culturelle que si elle se fonde sur des partitions transversales aux nations.

La tac et l’Europe

Les niveaux identitaires

Comme le rappelle Deschamps (1999), l’identité est plurielle ce qu’attestent aussi bien les premiers travaux de Mead (1934) que les travaux ultérieurs des psychosociologues du courant de la socio-cognition. Tajfel (1972) a postulé l’existence de deux pôles extrêmes dans la conception de soi : un pôle strictement individuel qui est à l’œuvre dans les relations entre personnes et un second strictement collectif à l’œuvre dans les relations entre groupes. Turner (1987), pour sa part, dans sa théorie de l’auto-catégorisation, a distingué l’identité personnelle (le soi comme individu unique), l’identité sociale (le soi comme membre d’un groupe social), l’identité spécifique (le soi comme membre de l’espèce humaine). Autrement dit, il a maintenu le pôle individuel de Tajfel (identité personnelle) et dichotomisé le pôle collectif avec d’une part l’identité sociale renvoyant aux appartenances groupales et d’autre part l’identité spécifique renvoyant à l’espèce humaine. En référence à la théorie de Rosch (1978), ces niveaux identitaires sont progressivement devenus des niveaux d’abstraction avec un niveau supra ordonné, un niveau intermédiaire et un niveau subordonné, s’appliquant à toutes catégories humaines (Oakes, Haslam & Turner, 1999).

La dynamique inter niveaux

Dans les derniers développements de la théorie, les niveaux identitaires répondent à des principes de fonctionnement particuliers. Selon le principe de l’antagonisme fonctionnel, c’est la fixation du premier niveau comme un tout qui détermine l’existence des sous-groupes au niveau intermédiaire et des éléments qui les composent au niveau subordonné.

Selon Turner, le positionnement catégoriel à un niveau présuppose la similarité des éléments catégorisés au niveau supérieur. En d’autres termes, c’est une fois qu’est posée la similarité entre humains qu’il est possible d’établir des comparaisons intergroupes et donc de mobiliser l’identité sociale. De même, les comparaisons interindividuelles peuvent être activées, et donc l’identité personnelle mobilisée, lorsque la similarité des membres de l’endogroupe est stabilisée. «  La saillance d’un niveau produit les similarités intra classes et les différences interclasses qui réduisent ou inhibent la perception des différences intra classes et des similarités interclasses sur lesquelles les niveaux hauts et bas sont respectivement basés » (Turner, 1987, p. 49). Par ce principe, l’auteur souligne la dépendance des comparaisons intermédiaires à un type d’appréhension du niveau supra ordonné. Pour pouvoir catégoriser, c’est à dire mobiliser l’altérité, il faut se situer dans un univers commun.

Une fois le niveau supra ordonné reconnu comme un tout, Turner (1987) met en avant le rôle de la différenciation au niveau intermédiaire. Il reprend les biais perceptifs de Tajfel, à savoir les biais d’assimilation et de contraste, non plus comme des effets dépendant de partitions catégorielles préconstruites, mais comme des processus dynamiques dans la perception des groupes élaborée par le sujet lui-même. Reprenant Campbell (1958), il fait appel à la notion de « métacontraste » pour rendre compte de la sélection des catégories pertinentes. Pour le sujet, il s’agit en fait de mobiliser, en contexte, la catégorie d’appartenance qui lui permet de percevoir les membres de son propre groupe, y compris lui-même, comme se ressemblant le plus entre eux et différant le plus possible de ceux de l’autre groupe. De ce fait, comme le notent Oakes & al. (1999), « le métacontraste contextualise la catégorisation et la renvoie à un jugement immédiat sur les ressemblances et les différences relatives » (p. 107).

Parallèlement à ce mécanisme basé sur les propriétés objectives des stimuli, se produit une adaptation normative (Oakes, Turner & Haslam, 1991) basée sur le sens social donné aux catégories, comme leur contenu stéréotypique. Enfin, la catégorisation opérée à un moment t dépend d’un troisième processus, la disponibilité de la catégorie. L’accessibilité d’une catégorie renvoie à sa potentialité d’activation, celle-ci pouvant dépendre des buts poursuivis à un moment donné, de sa récence d’utilisation ou de sa valeur émotionnelle dans la définition de soi, mais aussi de la culture du sujet, de son idéologie, de ses attitudes. (Oakes & al., 1991). En d’autres termes, la saillance d’une catégorie dans un contexte donné est la résultante des forces liées à la disponibilité relative de la catégorie et du métacontraste (perceptivo normatif) le plus adapté.

Enfin, en référence à Rosch (1978), le pattern flou de traits émergeant en contexte et caractérisant le mieux sa catégorie dans son opposition à la catégorie de l’exogroupe retenue constituerait son prototype, le plus souvent incarné par le ou les membres exemplaires les plus représentatifs. Le prototype acquière un relatif consensus du fait que les individus établissant des catégories oppositives sont généralement placés dans la même situation et ont donc accès aux mêmes informations à partir du même point de vue. Cette structuration de l’endogroupe dépendant de l’exogroupe saillant « dépersonnalise » les relations en éliminant le niveau personnel, les membres des catégories étant traités et perçus en fonction de leur rapport au prototype de chacun des groupes.

En conclusion, la théorie de l’auto-catégorisation pose l’existence de trois niveaux identitaires : le niveau supra ordonné, qui se caractérise par la similarité des membres de l’univers de référence qu’il institue, le niveau intermédiaire, qui se caractérise par la mise en opposition des catégories les plus extrêmes (métacontraste), et le niveau subordonné, lieu d’émergence de l’identité personnelle caractérisée par la pluralité due aux particularités de chacun. En d’autres termes, les niveaux, du moins les deux premiers, se caractérisent non pas par les contenus qu’ils recouvrent mais par les processus qui y sont activés. En effet, Turner transpose les règles de contraste et d’assimilation repérées au niveau intermédiaire des comparaisons intercatégorielles à la gestion des différents niveaux identitaires rendant les niveaux de catégorisation relativement étanches. Le niveau supra-ordonné, qui met l’accent sur  l’unicité, semble sous tendu par un processus de recherche de similarité (intégration). Le niveau intermédiaire, duel dans son essence, est régi par la recherche des dissemblances. Sa fixation en tant que catégorie entraîne une dépersonnalisation qui bloque l’accès au niveau infra, défini par la pluralité caractérisant chacun pour lui-même. Le niveau intermédiaire assure ainsi la dynamique de l’ensemble en inscrivant la partition dans un univers commun, en définissant les catégories pertinentes, et en bloquant l’émergence des relations interpersonnelles.

Implication de la tac sur la conception de l’Europe

Selon la théorie de l’auto-catégorisation appliquée aux identités territoriales, l’Europe peut formellement renvoyer à chacun des niveaux. Elle peut correspondre au niveau le plus inclusif, si l’on considère certains regroupements des nations qui la composent qui peuvent être individualisées au niveau subordonné. Elle peut être considérée de niveau intermédiaire si, avec d’autres continents, elle participe au monde occidental et si par ailleurs elle est constituée de nations particulières. Enfin, l’Europe peut renvoyer au niveau subordonné, si elle est posée comme élément d’un ensemble plus vaste, tels les pays développés qui, avec les pays en voie de développement, composent le monde au niveau d’inclusion maximale, c'est-à-dire au niveau supra ordonné.

Niveau supra ordonné

Europe

Occident

Monde

Niveau intermédiaire

Bloc de l’Est / Bloc de l’Ouest

Europe / Etats-Unis

Monde développé / Tiers monde

Niveau subordonné

Tchéquie, Roumanie…

Nations latines, nations slaves…

Europe, Japon…,

Dans la littérature psychosociale, l’Europe est le plus souvent posée comme l’entité supra ordonnée qui prend la place qu’occupait auparavant la nation. Le point de vue adopté est qu’avant la mise en œuvre du projet européen, les appartenances nationales déterminaient les identités les plus inclusives (niveau supra ordonné), chacun percevant la ressemblance des membres de cet ensemble qui, au niveau intermédiaire, donnait lieu à de grandes lignes de fractures entre les régions composées de départements.

AVANT

APRES

Niveau supra ordonné

Nation

Europe

Niveau intermédiaire

Régions

Nations

Niveau subordonné

Départements

Régions

La concurrence de ces entités territoriales dans l’occupation du niveau supra ordonné a été travaillée, notamment par les auteurs poursuivant les travaux de la TAC.Mlicki et Ellemers (1996), par exemple, ont testé le rôle de la valence des stéréotypes sur les niveaux d’identification national et européen. Ils ont notamment tenté de montrer que les Polonais qui ont un stéréotype national plus négatif que les Hollandais avaient un degré d’identification nationale moins fort que les Hollandais et donc préféraient la catégorie plus inclusive que constitue l’Europe. Pour leur part, les travaux de Cinnirella (1997) tentent de mettre en évidence que les liens entre la catégorie la plus inclusive et la catégorie intermédiaire ne sont pas toujours de même nature. Pour cela, cet auteur a comparé l’attitude et le degré d’adhésion d’Italiens et d’Anglais à l’identité nationale et européenne. Plus récemment, pour tester les relations entre niveaux, Rutland et Cinnirella (2000) ont amené des sujets, en l’occurrence Ecossais, à se comparer (par une évaluation de traits stéréotypiques) soit à leur propre groupe, soit aux Anglais, soit aux Allemands, soit aux Australiens et, par un questionnaire d’identification, à comparer leur degré d’appartenance à l’Ecosse, à la grande Bretagne et à l’Europe. Enfin, toujours à partir du même point de vue, Riketta (2002), pour approfondir le rôle de l’antagonisme fondamental, a joué sur les niveaux européens et nationaux chez des Polonais et des Hollandais. Dans ces études, les résultats obtenus sont rarement conformes à ceux attendus, ce qui parait logique au vu de la théorie même.

En effet, en restant conforme aux principes de la TAC, au moins trois critiques peuvent être adressées à ce type de recherche. Tout d’abord, les contenus des niveaux identitaires proposés ne correspondent pas à des réalités sociales. Plus précisément, les emboîtements territoriaux disponibles dans la représentation savante parce qu’enseignés depuis plusieurs générations renvoient rarement à des appartenances identitaires pertinentes. Même dans le cadre des compétitions sportives qui sont organisées selon le découpage administratif, les équipes ne sont jamais associées aux régions ou départements. C’est l’équipe d’une ville qui gagne par exemple le championnat départemental, régional ou national. Deuxièmement, le niveau  intermédiaire, pour jouer un rôle dans la dynamique identitaire, présuppose la possibilité d’une opposition catégorielle systématisant une des scissions possibles du niveau supra ordonné. Si l’Europe est l’unité supra ordonnée, seuls des ensembles de pays européens (ou les représentants prototypiques de ces ensembles) peuvent occuper la place intermédiaire. Troisièmement, l’opposition proposée par les différents auteurs est une opposition entre niveaux. Les auteurs manipulent l’Europe et les nations, voire même les régions, comme des entités en concurrence, ce qui revient, du point de vue du fonctionnement psychosocial du sujet, à les considérer comme des entités de niveau intermédiaire. En d’autres termes, les dispositifs expérimentaux amènent les sujets à comparer différentes appartenances territoriales, de niveau d’inclusion objectivement différent mais traitées par les sujets comme des catégories en opposition à un même niveau.Il semble donc que les psychosociologues intéressés par la construction européenne, répondant à la disponibilité des catégories administratives, aient sous-estimé les dynamiques sociales qui se jouent au niveau intermédiaire. Si l’Europe est conçue comme le niveau supra (support d’une identité culturelle à venir), le niveau intermédiaire ne peut être fixé a priori, puisqu’il est soumis aux métacontrastes dépendant de l’organisation potentiellement conflictuelle des unités disponibles au niveau infra.

L’Europe comme support de l’identité culturelle

Dans la réalité sociale, par opposition à la réalité épistémique, tout se passe comme si l’opposition de niveau intermédiaire ne pouvait pas être de même nature que ce qui a donné l’unité du niveau supra ordonné

Si des entités, supports possibles d’identification, relèvent du même critère fondateur (par exemple territorial), elles sont traitées par le sujet comme étant en opposition et donc comme relevant du niveau intermédiaire. Aucune d’entre elles ne peut se trouver au niveau supra ordonné, caractérisé par l’unicité. Ainsi, en est-il du débat sur la compétition identitaire Europe / France, souvent associée à l’opposition entre « Paris » et « Bruxelles ». Plus précisément, sa propre nation étant l’appartenance la plus disponible, elle s’oppose à la catégorie constituée de toutes les autres nations réunies. Ce dernier ensemble étant abusivement associé à l’Europe (« c’est la faute à Bruxelles »), celle-ci se trouve associée à la catégorie repoussoir. Donc, dans ce cadre, c'est-à-dire dans la comparaison avec une autre entité territoriale (la nation), l’Europe ne peut être support d’identité culturelle puisque, étant mise en situation de confrontation, elle relève du niveau catégorielle. Toujours dans ce cadre, elle ne peut pas non plus constituer l’identité sociale de référence, la nation étant plus adaptée pour occuper cette place.

Plus largement, il semble que si les entités de niveau intermédiaire sont définies sur le même critère que l’entité de niveau supra ordonné (Europe de l’Est / Europe de l’Ouest, Europe du Sud / Europe du Nord, noyau de l’Europe (les 6 du traité de Rome) / Europe élargie (les nouveaux membres)…), elles se retrouvent en concurrence avec cette dernière, ce qui lui interdit le statut d’entité de niveau culturel (c'est-à-dire supra ordonné).  

En d’autres termes, aux lois régissant la dynamique inter niveaux introduites par Turner, il semble falloir ajouter un principe supplémentaire à savoir la différence entre la raison d’être de la catégorie supra ordonnée et la raison d’être de la fracture au niveau intermédiaire, c’est à dire un critère d’hétérogénéité inter niveaux.

Alors que la composition de blocs nationaux va à l’encontre de la conscience de l’unité européenne et fragilise sa construction, tout regroupement transversal (non territorial) favorise la catégorisation croisée (Doraï, 1993) en rendant moins disponibles les nations et renforce l’entité européenne en tant qu’entité englobante (niveau supra ordonné). En effet, une partition transversale, quelle soit  oppositive, communautaire ou hiérarchique (Castel & Lacassagne, 2005), correspond à une des diffractions possibles de l’Europe au niveau intermédiaire et favorise donc son développement. De fait, les débats entre libéraux et socialistes participent à la construction européenne autant au niveau des mentalités que dans le cadre du parlement européen à Strasbourg. De la même façon, l’existence de minorités (ethniques avec les immigrés de chaque pays, d’orientations sexuelles avec la gay pride…) et les débats transnationaux qu’elles suscitent (naturalisation, droit du sol, adoption par les couples homosexuels…) permettent une prise de conscience de l’existence de l’Europe. Enfin, les prises de positions des syndicats européens contre certaines décisions patronales, en faisant ressentir l’existence d’un sort commun, développe le sentiment d’une appartenance culturelle supra nationale. De ce point de vue, paradoxalement, la fracture transnationale entre les pro-constitution et les anti-constitution participe certainement à la dynamique européenne.

Conclusion

L’analyse des conceptions du courant de la catégorisation sociale nous a permis de dégager trois niveaux identitaires essentiellement sociaux caractérisés non pas par les contenus qu’ils recouvrent mais par les comportements qu’ils activent. Dans ce système, le niveau intermédiaire est basé sur l’antagonisme entre des camps sélectionnés par les métacontrastes. Ces catégories, supports de l’identité sociale au sens strict, regroupent des ensembles de niveaux infra  et définissent l’entité intégrative, support de l’identité culturelle.

 Dans l’identité européenne émergente, les catégories oppositives de niveau intermédiaire résultant des métaconstrastes sont, du fait de leur disponibilité, le plus souvent les nations, et plus précisément sa nation contre toutes les autres, ce qui rend impossible l’identification. Or, l’Europe ne pourra être support d’identité culturelle que lorsqu’elle s’imposera aux sujets sans qu’ils aient à mobiliser d’objets alternatifs.

La problématique politique revient donc, en termes théoriques, à faire passer l’Europe du statut d’une catégorie, support d’identité sociale, à celui d’une entité support d’identité culturelle. Pour cela, deux voies sont formellement possibles, d’une part favoriser la cohésion de groupe pour rendre l’entité autonome et d’autre part éviter les nations comme sous ensembles infra-catégoriels.

Les travaux sur la cohésion de groupe (Shérif, 1966 ; Rabbie, Schot et Visser, 1989), comme le soulignent Doise et Devos (1999), donnent des pistes pour favoriser le passage du niveau intermédiaire au niveau supra. Le concept d’« entativité » (Campbell, 1958), repris dans les travaux récents (Castano, E., Yzerbyt, V., Paladino, M. & Sacchi, S., 2002 ; Castano, E., Yzerbyt, V., Bourguignon, D., 2003), vise non seulement l’unité d’un groupe mais aussi son degré d’existence réel à travers la perception que n’importe qui peut en avoir. Les mécanismes psychosociaux sous jacents à cette perception de la réalité renvoient selon les auteurs au sort commun, à la similarité, à la proximité et la délimitation.

La deuxième voie permettant à l’Europe de dépasser son statut intermédiaire consiste à éviter que les dynamiques du niveau catégoriel se passent entre nations, ce qui revient à rendre saillant toutes les partitions transnationales qu’elles soient hiérarchiques, communautaires ou idéologiques.

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