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Cahiers de Psychologie Politique

Notre revue reste sensible aux bruits de la rue et aux secousses des structures. L’année 2010 sera chargée de symboles et d’attentes. Les séquelles de la crise financière de 2008 ne font que révéler l’évidence : les fissures d’une société planétaire dont le sens humain est profondément éclaté.  Lamentablement, les pouvoirs politiques sont sourds aux injustices et aux inégalités, sans parler des enjeux épistémologiques à long terme. La dernière réunion de Copenhague en est un lamentable exemple. Hélas, un de plus dans la série des perversions de la rationalité politique des  gouvernances froides.  

C’est pourquoi l’originalité d'une approche de psychologie politique est de revenir sur les fondements humains du problème et de récuser l’empire d’un “ethos technique”, afin de rappeler l’importance, voire l’urgence de la pensée critique, à la fois réflexive, sensible et sociétale. La physionomie de la crise actuelle est défigurée par diverses questions qui touchent le fond moral des impasses. A savoir : Quelle est la nature moderne des crises actuelles ? Quels sont lesenjeux idéologiques? La démocratie représentative peut-elle encore survivre ? Quels sont les conséquences d’un statu quo politique mondialisé ?Que reste-il des utopies d’émancipation sociale? Où sont les valeurs républicaines d'équilibre et de concorde ? Quel est le mal qui érode les partis politiques? L’idéal de changement est-il devenu soluble dans le libéralisme narcissique? Peut-on croire à une société post-moderne dont la modernité n’est que l’ombre d’elle-même? Faut-il repenser le projet de changement politique comme un changement de vie sociétale? La droite et la gauche sont-elles des (im)postures devenues cyniques? La « glaciation » émotionnelle des élites politiques anticipe-t-elle une nouvelle ère d’autoritarisme technocratique? La science est-elle devenue une nouvelle religion technologique? La nouvelle classe n’est-elle pas sous l’emprise de la mentalité technicienne et des prêtres du virtuel?

Voilà un ensemble des interrogations qui marquent le questionnement des sciences humaines et sociales et la critique d’une psychologie politique sociétale contre le modus vivendi et l’emprise de la technologie.


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