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Cahiers de Psychologie Politique

1. Discours politique, performance discursive et pouvoir

Dans la vie spirituelle de notre temps, dans les relations de l'individu avec l'altérité le discours politique est une pièce de base. Toujours invoqué dans les discussions courantes - parce que, n'est-ce pas, la politique est le sujet de toutes nos controverses - le discours politique est devenu, également, l'objet de la recherche scientifique. Qu'est-ce que le discours politique ? Nous proposons un sens spécial pour ce type de discours : le discours politique est une forme de la discursivité par l'intermédiaire de laquelle un certain locuteur (individu, groupe, parti) poursuit l'obtention du pouvoir dans la lutte politique contre d'autres individus, groupes ou partis.

Cette définition, évidemment approximative et fonctionnant seulement comme instrument de travail dans cet essai, met en évidence la dimension pragmatique d'un tel discours et, certes, la force performative du discours politique souvent associé à un discours du pouvoir. Le discours politique est profondément lié au pouvoir, et de plus il est l'un des plus importants instruments que les forces politiques ont à leur disposition pour l'ascension au pouvoir par voie discursive. Pour cela, sans doute, les acteurs politiques sont bien intéressés par les mécanismes qui assurent l'ascension au pouvoir. A ce point, le problème de la légitimité du pouvoir est une préoccupation fondamentale.

Quelle est la liaison entre le discours politique et la légitimité du pouvoir ? A notre avis, la légitimité du pouvoir est un problème de discursivité. L'acte de légitimation du pouvoir pour un groupe ou pour un parti politique est le résultat d'une activité discursive de grande amplitude, déroulée sous formes diverses, avec des intentions différentes et en usant de canaux de communication très diversifiés. D'où cette préoccupation obsessive des hommes et des groupes politiques pour chercher les formes de discours capables d'avoir un impact profond et puissant sur l'auditoire.

Directement ou indirectement, explicitement ou implicitement, la performance du discours politique se traduit en l'obtention du pouvoir sur les voies qui sont généralement acceptées et qui assurent la légitimité du pouvoir. Analysons la séquence discursive :

„D'abord, il y a eu une courte lettre aux Français, le mercredi 20 février en fin de l'après-midi, pour fixer les axes programmatiques de sa campagne ; puis une prestation tout en nuances, le lendemain, dans le journal de France 2, pour donner le style de son engagement suivi d'un discours plus musclé, le dimanche 24 février à la Mutualité, pour designer l'adversaire et esquisser les principaux éléments du réquisitoire ; enfin, est arrivé un livre dont le titre « le Temps de parler », trahit une impatience et dont le contenu servira de base à un projet plus riche en propositions concrètes. Mieux qu'une simple entrée en campagne, le champion de la gauche a programmé, sur une semaine, l'installation du décor devant lequel il entend « s'ébrouer »” (Jospin : que la guerre commence!, dans : Le Nouvel Observateur, No 1947, 28 février - 6 mars 2002, p. 26).

Cette petite séquence ci-dessus présente très bien ce qu'un candidat quelconque a fait lorsqu'il voulait arriver à un poste de pouvoir politique. Évidemment, il s'agit ici de la position la plus haute placée dans la hiérarchie du pouvoir parce que la séquence discursive a en vue les préparations du candidat Lionel Jospin aux élections présidentielles du printemps 2002. Comment s'y prend-il ? En déployant beaucoup d'activités discursives qui ont pour but de faire connaître à l'électorat français ses faits qui pourraient justifier le vote pour son accès au fauteuil de président de la France : une lettre aux Français (qui fixe les directions programmatiques de son discours), deux apparitions à la télévision (pour donner le style de la campagne et pour nommer les éléments de la critique de l'adversaire), un livre ("Temps de parler”) qui présente  les propositions concrètes du candidat dans les domaines d'intérêt pour l'électorat.

Pourquoi toute cette activité discursive est-elle nécessaire ? Parce que l'électorat doit connaître les faits du candidat et de son parti, les projets d'avenir pour le développement de la vie quotidienne et pour le développement de la société en général. D'autre part, l'électorat doit connaître les faits réprouvables de l'adversaire, ses échecs dans certains domaines, son incapacité d'organiser d'une façon adéquate la vie politique, économique ou culturelle. Ces aspects sont mis devant les yeux de la population par l'intermédiaire de certaines formes de la discursivité et en utilisant divers canaux de communication : journaux, télévision, publicité. Personne ne peut  connaître tous les faits des acteurs politiques engagés dans la lutte électorale. A l'aide des interventions discursives il est possible de corriger cet état de fait.

Voilà assez de raisons pour nous faire croire que gagner le pouvoir c'est premièrement un problème d'exercice discursif par l'intermédiaire duquel les faits, les solutions, les propositions, les projets, les échecs des acteurs engagés dans la lutte politique sont portés à la connaissance de ceux qui peuvent décider de l'accès de l'un ou de l'autre aux postes du pouvoir. Le discours politique, dans toutes ses manifestations possibles, est considéré un discours performant s'il a une contribution importante (même essentielle) à l'obtention du pouvoir par l'individu ou par le groupe de pouvoir l'ayant mis en circulation1.

2. Un modèle explicatif de la performance du discours politique

Comment l'obtention de cette performance est-elle possible ? Nous croyons que le discours politique - comme toute discursivité performative d'ailleurs - doit répondre à trois catégories d'exigences : exigences de la rationalité, exigences de la problématicité, exigences de l'expressivité. Par conséquent, nous proposons un modèle triadique d'analyse de la performance du discours politique, modèle qui part de l'assomption que le discours politique performant est une intégralité de trois dimensions : rationalité, problématicité et expressivité.

L'ordre rationnel de la construction du discours politique renvoie aux formes de raisonnement que nous utilisons pour convaincre l'interlocuteur des bénéfices de nos propositions, et de la qualité de nos solutions pour leurs problèmes. Si nos raisonnements sont corrects2, alors la chance de convaincre notre auditoire est plus grande, si nos raisonnements ne sont pas corrects, alors nous ne pourrons pas le convaincre. Vue sous cet angle, la performance du discours politique tient à la dimension rationnelle de cette construction. Par exemple, le texte :

„ Ô temps! Ô mœurs! Le sénat connaît ces complots ; le consul les voit ; et Catilina vit encore. Il vit ?  que dis-je ? il vient au sénat ; il prend part aux conseils de la république ; son œil choisit et désigne tous ceux d'entre nous qu'il veut immoler. Et nous, hommes pleins de courage, nous croyons assez faire pour la république, si nous échappons à sa fureur et à ses poignards. Il y a longtemps, Catilina, que le consul aurait dû t'envoyer à la mort, et faire tomber sur ta tête le coup fatal dont tu menaces les nôtres” (Cicéron, Les Catilinaires, Librairie Hachette, Paris, 1926, p. 6)

s'impose au récepteur par son engagement rationnel :

(p1) Tous les citoyens qui complotent contre la république ou contre d'autres citoyens doivent être condamnés à  mort
(p2) Catilina complote contre la république
(p3) Donc : Catilina doit être condamné à  mort
qui se concrétise dans un syllogisme correct de la première figure. En fait, la conclusion (p3) exprime le but qui est poursuivi par le discours de Cicéron. Parfois, même l'argumentation est définie en termes de raisonnement : „nous appelons argumentation la mise en relation de raisons relatives à une conclusion pour convaincre le destinataire d'accepter ou de rejeter la conclusion présentée”3.

L'ordre problématique a en vue les contenus de pensée qui sont véhiculés par l'intermédiaire du discours politique. Nous pouvons influencer notre auditoire non  seulement par les déductions rationnelles que nous réalisons à travers notre discours mais aussi par l'intermédiaire des idées qui sont transmises au récepteur. Evidemment, nos idées constituent le contenu de nos raisonnements. Soit la séquence :

„Evacuée, l'apothéose d'une « fin de l'histoire » installant l'Occident prospère au-delà des débats et à l'abri des périls. Evacuée aussi bien l'illusoire croisade éradicatrice, évaporée l'idyllique alliance des grands Etats qui, d'un coup d'un seul, purgeraient la planète des méchants islamistes, laissant la Russie saigner le dernier Tchétchénie et la Chine enfermer  à tour de bras religieux Tibétains et Ouïgours. La tonitruante formule de « l'axe du Mal » ne vaut, comme tous les slogans, que par ce qu'elle sous-entend. En stigmatisant Iran, Irak et Corée du Nord, les stratégies du Pentagone signalent que le péril déborde, et de loin, le cadre de l'intégrisme islamiste. Le commerce de matières fissibles et de fusées à longue portée ignore les clôtures idéologiques et les cloisons religieuses” (André Glucksmann, Face au défi nihiliste, la rubrique „Ma part de vérité”, dans : Le Figaro Magazine, 2 mars 2002, p. 36).

Elle peut avoir une influence sur le lecteur du journal grâce aux idées déployées plus que grâce aux raisonnements qu'elle utilise. Une sélection des thèmes qui intéressent l'interlocuteur, l'ordre le plus profitable de la présentation de ces thèmes vient accroître la performance du discours politique sur son auditoire.

Enfin, l'influence du discours politique sur l'auditoire est déterminée par l'expressivité de sa forme discursive. Le style du discours politique, son vêtement rhétorique, ne sont pas sans écho dans la partie affective de la personnalité du récepteur. Le langage métaphorique employé dans la construction du discours politique assure la beauté d'une intervention discursive tout en la faisant passer au-delà du quotidien et de la banalité. Il provoque un choque cognitive qui met le récepteur dans un état de méditation. Le langage métaphorique, dans le cas d'un orateur avec de réelles qualités pour la construction expressive d'un discours politique, est tout à fait persuasif surtout dans l'interaction avec les foules. Dans la séquence discursive :

„Quel mensonge hypocrite! N'est-ce pas Pavlov [le Premier ministre soviétique] qui a provoqué cette inflation et ces hausses de prix sans précédent ? N'est ce pas Iazov [le ministre soviétique de la Défense] qui, à la tête des généraux, a réduit les conscrits au dénuement et les a privé de leurs droits ? N'est-ce pas Pougo [le ministre de l'Intérieur] qui est responsable des événements de la Baltique ? E ces gens là promettent de rétablir l'ordre dans le pays! (...). J'en appelle à vous, soldats et officiers de Russie, ne vous laissez pas abuser aveuglément par ceux qui veulent défendre leurs privilèges (...), sachez faire la part de la vérité et des mensonges” (Appel de Boris Eltsine pendant la crise soviétique de l'août 1991, cité après : André Gosselin, Les attributions causales dans la rhétorique politique, Hermès, 16, 1995, pp. 153 - 166)
sont utilisées des procédures rhétoriques diverses pour influencer la population de la Russie, les soldats et les officiers, les faire actionner contre les putschistes (les interrogations rhétoriques, l'ironie etc.).

Ici, une observation s'impose : la performance maximale du discours politique est le résultat de la coopération de ces trois dimensions (la rationalité, la problématicité et l'expressivité) dans l'acte concret de faire une telle intervention discursive. Une relation de communication dans le domaine politique est performante si elle respecte les règles de la correction rationnelle, si elle apporte devant l'interlocuteur des thèmes qui sont intéressants et si la forme de la présentation est attractive. Nous sommes, évidemment, devant un modèle idéal de la performance du discours politique. En fait, les interventions politiques agissent sous le signe des tonalités dominantes : parfois l'accent est mis sur la dimension rationnelle, autrefois sur la dimension thématique ou sur la dimension de l'expressivité.

3. La schématisation discursive comme image thématique

Si les thèmes néo-populistes se retrouvent dans le discours politique, leur présence  vise l'accroissement de la performance de ce discours : l'ascension au pouvoir et, si possible, sur une place très haute dans la hiérarchie du pouvoir. Posons la question : Où s'intègrent ces thèmes par rapport à ces trois dimensions qui assurent la performance du discours politique ? La réponse n'est pas difficile à donner : la dimension de la problématicité (qui a en vue l'influence du contenu sur l'auditoire) récupère  ces thèmes pour agrandir l'influence du discours politique sur les foules.

Le concept central de la référence thématique d'un discours est celui de schématisation discursive. Ayant son origine dans les recherches sur la logique discursive menées au Centre de Recherches Sémiologiques de l'Université de Neuchâtel (Suisse)4, le concept de schématisation discursive est défini comme image sommaire et essentielle d'un thème qu'un locuteur développe devant son interlocuteur (auditoire). Nous retenons les deux caractéristiques : le caractère sommaire de cette image et son caractère essentiel. Pourquoi le caractère sommaire ? Parce que, surtout si le discours est proposé à un auditoire plus large (le cas du discours politique), il est impossible de suivre tous les détails du thème et, en ce cas, quelques éléments qui articulent la construction discursive sont tout à fait suffisants pour retenir l'image générale du contenu de l'intervention discursive. Pourquoi le caractère essentiel est-il nécessaire ? Parce que seulement par l'intermédiaire de ce qui est l'essentiel d'un certain problème notre auditoire peut comprendre de façon adéquate  un certain contenu et se former une image correcte sur le thème.

Soit le texte :

„C'est une barbarie consacrée par l'usage dans la plupart des gouvernements que de donner la torture à une coupable pendant que l'on poursuit son procès, soit pour tirer de lui l'aveu du crime ; soit pour éclaircir les contradictions où il est tombé ; soit pour découvrir ses complices ou d'autres crimes dont il n'est pas accusé, mais dont il pourrait être coupable ; soit enfin parce que des sophistes incompréhensibles ont prétendu que la torture purgeait l'infamie” (Cesare Beccaria, Des délits et des peines, Flammarion, Paris, 1979, pp. 71, cité d'après : Pierre Blackburn, Logique de l'argumentation, 2e édition, Editions du Renouveau Pédagogique Inc., Saint-Laurent - Québec, 1994, p. 372) ;

L'auteur vise à donner une image à son lecteur de la torture et de la présence de celle-ci dans les sociétés modernes. Il  en donne seulement ce qu'il faut pour tracer le contour de cette image (nous avons ici le caractère sommaire de la schématisation discursive) et ce qui est essentiel pour comprendre la nature du concept de torture (les quatre causes qui expliquent, dans la conception de Beccaria, les fonctions de la torture dans les temps modernes).

Toute schématisation discursive a lieu dans une situation d'interlocution5 qui dévoile la complexité discursive où s'insère la notion en discussion : un locuteur quelconque (A) construit, en fonction de sa finalité et de ses préconstruits, une schématisation pour un interlocuteur quelconque (B) qui, à son tour, reconstruit une schématisation en fonction de ce qui lui est proposé et aussi de ses préconstruits. Du point de vue d'une relation discursive dialogique, nous avons là une confrontation permanente entre les schématisations discursives propres à ces deux acteurs qui prennent part dans le „conflit” discursif. Evidemment, cette confrontation - qui est tout à fait nécessaire au discours polémique - a pour résultat, dans la plupart des situations discursives, la construction d'une image adéquate sur le thème pour les deux participants.

4. Schématisations néo-populistes et leur justification dans la dispute politique roumaine

Une nouvelle forme de populisme vient se manifester aujourd'hui dans la dispute politique6. Ses traces peuvent être trouvées dans le discours politique roumain7. Quels sont les thèmes néo-populistes qui interviennent dans le discours politique roumain après la chute du communisme du décembre 1989 ? Comment leur justification est-elle possible ?

Un de ces thèmes souvent utilisés dans la dispute politique roumaine actuelle vise les moments importants de l'histoire nationale. Surtout dans les campagnes électorales, les leaders politiques, les candidats à diverses fonctions dans l'Etat, les partis qui entrent dans la lutte politique utilisent ces motifs thématiques devant la population pour  s'en assurer le vote. Les mises en scène des thèmes sur l'histoire nationale sont très diversifiées : des discours devant de grandes assemblées populaires déployées sur les places avec une profonde résonnance historique, l'invocation des héros de l'histoire du peuple roumain et leurs faits d'armes. Parfois, toutes ces constructions discursives prennent la forme d'un vrai spectacle mis en scène par une équipe d'image  du parti ou de l'homme politique.

Par exemple, l'ouverture de la  campagne électorale du l'ancien Président de la Roumanie, Emil Constantinescu, en octobre 1996,  a eu lieu dans un petit village (Ruginoasa, Département de Iasi, au nord-est de la Roumanie), le village où est né  le symbole de la Roumanie moderne (l'union de la Moldavie et de la Valachie le 24 janvier 1859 par l'élection comme prince régnant  d'Alexandru Ioan Cuza qui est né  à Ruginoasa). Une similitude de l'aspect physique du candidat aux élections présidentielles (Emil Constantinescu) et du prince régnant Cuza induit l'idée que la candidature de Constantinescu a le même rôle historique que l'élection d'Alexandru Ioan Cuza pour la formation de la Roumanie moderne.

L'utilisation des symboles historiques comme thèmes néo-populistes pour arriver au pouvoir, comment la justifier ? Certes, il y a une raison pour les constructions discursives sur cette base8. Cette raison tient à certaines particularités de la conscience collective de la population dans l'espace roumain : la population réagit toujours favorablement, du point de vue émotionnel, premièrement  mais non seulement, aux faits, personnages, lieux, liés aux moments de l'histoire nationale. Les politiciens spéculent ces traits de leur auditoire et mettent en scène ces images historiques pour impressionner l'électorat et pour en assurer son vote. Evidemment, la télévision est toujours là pour transmettre le spectacle.

Un autre thème du même répertoire, qui trace le contour du néo-populisme roumain,  tient à la valorisation maximale de la croyance religieuse majoritairement orthodoxe du peuple roumain. Partant du fait que l'orthodoxie est la croyance majoritaire du peuple roumain et que pour la population roumaine les valeurs de l'orthodoxie sont sacrées, les hommes politiques roumains ont constaté légèrement que se faire accompagner par ces valeurs a un résultat favorable pour leur image dans les yeux de la population. Ils agissent en conséquence. Les formes de la valorisation des valeurs religieuses sont multiples : la participation, évidemment en qualité de personnes particulières, aux fêtes de l'orthodoxie (Noël, Pâques),  la présence dans les événements liés à la vie religieuse (la construction d'églises,  inaugurations d'autres établissements  à caractère religieux), la présence  des leaders politiques dans la compagnie des hiérarques de l'Eglise Orthodoxe Roumaine (le Patriarche, les métropolites, les prêtres).

Nous avons pour ce chapitre beaucoup d'exemples parce que les télévisions présentent dans leurs journaux d'actualités de telles images. Le président actuel de la Roumanie, Ion Iliescu, a inauguré le monument du soldat inconnu en compagnie du Patriarche de l'Eglise Orthodoxe Roumaine ; il a participé aux festivités occasionnées par la fête nationale de la Roumanie (le 1-er décembre) en  la même compagnie, il a été présent à l'inauguration de la construction de la Grande Cathédrale Orthodoxe. Le président du Parti La Grande Roumanie (un parti d'extrême droite), Corneliu Vadim Tudor, est présenté souvent à son établissement de charité nommé „La Cène chrétienne” qui a pour but l'aide aux pauvres. Tous ces faits ou événements sont apportés à la connaissance de la population par l'intermédiaire des médias.

Il y a des explications pour ce comportement discursif et d'image des hommes politiques. Les fêtes et les festivités religieuses induisent  des émotions et des sentiments puissants dans la personnalité de la foule. Souvent l'adhésion ou même le vote sont des gestes ou des actes émotionnels. D'autre part, la présence dans la vie religieuse quotidienne crée l'impression que les hommes politiques sont des hommes comme les autres qui participent à la vie quotidienne à côté de tous, et qui ont les mêmes problèmes, les mêmes difficultés comme tous les autres.  Or, la population voudrait savoir que sa classe politique est comme elle. La réponse comportementale de ces derniers vient à la rencontre de cette image.

Enfin, nous nous arrêtons à un dernier thème : l'exploitation de la situation difficile des différentes catégories de la population de la Roumanie en ce moment. Sans doute, il y a des catégories de population qui sont défavorisées. Les conditions économiques, l'héritage du régime communiste, les nouveaux phénomènes qui ne peuvent pas être contrôlés ont conduit à l'apparition de ces catégories défavorisées : les jeunes dépendants de drogues, les malades de Sida, les femmes abusées par les hommes, les enfants orphelins, les vieux assistés. Il y aurait à signaler, en relation avec cette situation, les efforts des organismes et des organisations internes et internationales pour aider ces catégories défavorisées de la population de la Roumanie.

Mais, souvent de façon immorale, l'image de ces catégories de la population est utilisée comme instrument de la lutte politique, de l'ascension au pouvoir, pour créer une image favorable du candidat ou du parti concerné. Certes, cela est possible parce que les autorités  n'assurent pas les conditions normales de vie à ces catégories. Sans aucune différence, tous les politiciens, tous les partis, surtout dans les campagnes électorales ou dans les moments importants pour la construction de leur image (les fêtes nationales, les fêtes religieuses) utilisent cette préoccupation pour les conditions de vie des catégories défavorisées. Des images avec des cadeaux pour les enfants ou les vieux assistés, des visites dans les maisons de retraite ou dans  les hôpitaux pour les dépendants de drogues ou pour les malades de Sida circulent sur tous les canaux de médias. Pourquoi ne font-ils pas ces actions régulièrement ? Pourquoi ne font-ils pas ces actions sans la télévision ? Nous sommes devant un populisme souvent d'une nature grossière et immorale.

En ce cas, les raisons sont d'ordre moral : la population doit savoir que les hommes politiques ont des qualités morales qui doivent être appréciées : la compassion pour ceux qui sont en souffrance, l'esprit de sacrifice (l'activité pour aider les catégories défavorisées présuppose de renoncer  à d'autres activités), la modestie (seulement les hommes modestes peuvent accomplir des faites charitables), l'altruisme (l'attachement pour autrui  peut entraîner l'aide à celui-ci) et encore d'autres choses.

5. Applications : le discours politique roumain et les thèmes néo-populistes

Application 1 :

Soit la séquence discursive :

„Nous avons commencé aujourd'hui une opération qui, certes, sera commentée de maintes façons, mais je veux vous l'expliquer. Je ne crois pas que nous ayons le droit de permettre dans Bucarest une certaine faune pour offrir chaque fois à ceux qui se promènent avec leurs caméras les images des enfants de la rue. Il est inadmissible d'admettre qu'à coté de nous vivent des enfants dans les égouts. Il est inadmissible  de traiter avec tolérance ces choses et que ces enfants soient filmés comme une sorte de composante du spécifique roumain à coté de nos danses populaires. Dans ce sens, j'ai donné des instructions et, en commençant dès aujourd'hui, nous allons trouver les places nécessaires pour ces enfants dans les établissements et la Police va veiller à ce que ces enfants ne puissent plus regagner les égouts” (Adrian Năstase, Discours à la Conférence Municipale du Parti Social Démocrate, Bucarest, 13 juin 2001, http://www.pdsr.ro/actualitati/2001).

Adrian Nastase est, à ce moment, le Premier ministre de la Roumanie et le président du Parti Social Démocrate, parti qui se trouve au gouvernement. Les problèmes quemet son discours ci-dessus sont multiples. Entre eux nous trouvons déjà ce thème que nous avons analysé comme marque du néo-populisme dans l'espace politique roumain : le thème d'une catégorie défavorisée de la population - les enfants abandonnés („les enfants de la rue”). Voilà le Premier ministre qui est préoccupé, jusqu'au fond de son être, comme nous pouvons conclure de son discours, quant au destin malheureux des enfants de la rue! Tous les récepteurs de son discours vont voir dans le Premier ministre l'homme providentiel qui peut donner une solution à ce grave problème social de la Roumanie. Mais, quel est en fait le rôle d'un Premier ministre ? N'est-il pas celui de trouver des solutions aux problèmes des citoyens ?

Application 2 :

Soit la séquence :

„Je veillerai à ce que la Justice aussi que tous ceux qui ont des attributions dans ce domaine fassent leur devoir, à ce qu'ils s'engagent dans une lutte décisive pour combattre le plus grave fléau de cette période, celui qui mine la cohésion sociale ainsi que les fondements de l'État de droit  la corruption et la bureaucratie paralysante de l'appareil d'État. Personne ne doit se retrouver humilié par les fonctionnaires de l'Etat ou obligé à faire et refaire des chemins inutiles.

J'exigerai du Gouvernement qu'il assure de façon prioritaire les moyens financiers et matériels qu'il faut pour garder l'ordre public, pour lutter efficacement contre la criminalité et pour la protection et la sûreté du citoyen et de sa propriété.

Je lutterai pour combattre la violence domestique et la violence dans les écoles, pour l'instauration des conditions qui permettent aux jeunes de la Roumanie de s'affirmer dans leur pays, de se forger une famille et une carrière, d'élever leurs enfants en toute tranquillité, dans l'esprit des traditions nationales et des valeurs généralement humaines.

Je ferai attention à ce que les deux composantes essentielles de notre identité et de notre cohésion nationale - l'Eglise et l'Armée - jouissent du prestige qu'elles méritent, qu'elles ont gagné  grâce au rôle joué dans le processus de la formation de l'identité et de l'unité nationale.

Je veillerai à ce que personne ne puisse violer le droit à la croyancedu citoyen. Je veillerai pour assurer la protection de toutes les minorités religieuses, pour trouver une solution négociée des différends entre l'Eglise Orthodoxe et l'Eglise Greco-Chatolique. Le rôle de la croyance est de nous unir et non pas de semer la discorde entre nous” (Discours de Monsieur Ion Iliescu, le candidat du Parti de la Démocratie Sociale de Roumanie, à l'occasion du lancement de sa candidature aux élections présidentielles de 2000, http://.presidency.ro/ptsiteiliescu/mesaje).

Candidat d'un parti déclaré  de centre-gauche, avec une pensée politique penchée de façon plus prononcée vers la gauche que celle de son parti, Ion Iliescu a gagné les élections présidentielles de l'an 2000 et il est, en ce moment, le président en fonction de la Roumanie. Nous constatons sans difficulté  même de ce petit fragment de son discours, la présence de tous les thèmes dont nous avons parlé comme marques des discours d'origine néo-populiste : la préoccupation d'assurer une vie normale pour la majorité de la population (la lutte contre la corruption et la bureaucratie paralysante), la défense des catégories défavorisées (le combat de la violence dans la famille et dans l'école),  l'attachement aux valeurs religieuses (l'invocation de l'Eglise comme une composante essentielle de l'identité et de l'unité nationale) et, également, pour les valeurs nationales (l'armée est toujours associée par les Roumains à la pérennité de l'histoire et des valeurs nationales). Associés avec l'image d'un „père de la nation”, construite en temps par son équipe de propagande et de publicité, ses discours et ses thèmes ont eu un impact profond sur l'auditoire. Le résultat est celui qu'on a vu.

Application 3 :

„Par un tragique coup du destin, depuis plus de six ans, trop de Roumains se haïssent les uns les autres. Ils se haïssent pour des raisons politiques,  ils se haïssent pour des raisons sociales, ils se haïssent pour des raisons ethniques. Le long de ces six années, j'ai vu des Roumains battre sauvagement d'autres Roumains, j'ai vu des Roumains souhaiter la mort d'autres Roumains ; j'ai vu des Roumains effrayés, j'ai vu des Roumains tristes, j'ai vu des Roumains pauvres et incapables d'espérer.

Pendant ces six ans on a semé la discorde dans les familles, entre les voisins, entre les générations. C'en est assez : le passé nous a séparé, voici le temps arrivé où le présent nous unisse.

J'ai fait mon début de campagne à Ruginoasa, où l'esprit de l'union de Cuza est toujours vivant ; je continue ici, à Alba-Iulia, où l'on a accompli la Grande Union, et à Blaj, là les Roumains se sont rassemblés pour la liberté et pour le progrès. Pendant ces deux mois que je vais passer à traverser le pays d'un bout à l'autre, je vais parler de la réconciliation entre les Roumains. (...).

Nous poursuivons le pouvoir pour le bien-être de tous les Roumains et nous ne le voulons pas pour le céder après, mais pour le mettre au service des gens de ce pays. Nous ne voulons pas avoir encore quatre ans de haine, mais quatre ans de calme et prospérité, de solidarité et de progrès. Aujourd'hui, lorsque la chrétièneté entière célèbre la trop douce Mère, en ce jour donc, devant la sainte mère de Dieu, celle qui ouvre à l'humanité entière la voie du repentir, je promets solennellement de mettre ma pensée entière et mon action au service de la réconciliation nationale. Ainsi soit-il!”9 (Emil Constantinescu, président de la Convention Démocrate de Roumanie, candidat de la CDR aux présidentielles de novembre 1996 : L'appel à la réconciliation nationale lancé à Alba Iulia, le 8 septembre 1996, „România liberă”,  du 9 septembre 1996, p. 3)

Nous retrouvons dans cette séquence tous les éléments d'une intervention populiste : l'appel à l'histoire nationale, l'invocation des valeurs religieuses, l'invocation de certaines situations des relations entre les Roumains etc.

Application 4 :

Soit l'énoncé :

„A bas la mafia, vive la Patrie!”

C'est le slogan électoral du Parti La Grande Roumanie (un parti considéré d'extrême droite) et de son candidat Corneliu Vadim Tudor aux élections présidentielles de  2000. Comme tous les slogans, cet énonce est un mot d'ordre ayant des effets puissants sur les électeurs. Par ses deux composantes thématiques : l'attachement pour la patrie et l'intransigeance  par rapport  à la corruption et à la mafia de la société roumaine d'aujourd'hui. Deux thèmes qui sont d'essence populiste.

6. Conclusions : quelques traits du populisme romain

A la fin de cette petite analyse, nous pouvons proposer une petite liste des traits qui donnent la spécificité du populisme dans le discours politique roumain par rapport à d'autres forme du populisme.

(a) La présence des thèmes néo-populistes  est quasi-universelle. Que le discours politique appartienne au représentant d'un parti ou d'une doctrine de droite, de gauche, ou de centre (ou des combinaisons de ces orientations), il utilise des thèmes qui ont un puissant impact sur le grand public et qui constituent le fond thématique du néo-populisme contemporain : thèmes de l'histoire nationale, thèmes tenant à la préoccupation pour les catégories défavorisées, thèmes qui font appel aux croyances des masses. Même si l'invocation de ces thèmes n'est pas en concordance avec la spécificité de la doctrine (par exemple, il y a une contradiction entre la doctrine libérale et le discours égalitariste). Les séquences de discours qui constituent nos applications sont illustratives de ce point de vue : les thèmes néo-populistes sont présents dans un discours de gauche (Ion Iliescu), dans un discours de centre-gauche (Adrian Năstase), dans un discours de centre-droite (Emil Constantinescu) et, également, dans le slogan de l'extrême droite (Corneliu Vadim Tudor). Ce qui n'est pas acceptable dans une démocratie normale. Mais la nôtre est une démocratie originale et de transition, où tout est possible! 

(b) Une exacerbation de la présence des thèmes néo-populistes dans les campagnes électorales. C'est vrai que, comme nous l'avons affirmé, les thèmes néo-populistes sont une présence constante dans les discours politiques roumains d'aujourd'hui. Mais il est aussi vrai que c'est dans les campagnes électorales que les choses paraissent échapper à tout contrôle. Toute promission est bonne si elle peut apporter un vote au parti ou au candidat. Or, là s'installent tous les thèmes qui vont au cœur de l'électorat : le passé historique, les croyances religieuses, la participation de la foule à l'acte de décision, la situation des citoyens. Des analyses pertinentes peuvent saisir des différences considérables entre les discours électoraux et les discours politiques ordinaires du point de vue de la présence du néo-populisme. Par conséquent, nous avons facilement trouvé des illustrations pour nos commentaires sur les discours électoraux et les discours politiques ordinaires!

(c) Les discours néo-populistes ont parfois, de façon plus ou moins évidente, des accents d'autoritarisme. Bien que, dans les démocraties de tradition le néo-populisme fonctionne dans les cadres des institutions démocratiques, en bénéficiant des vertus de la démocratie et en militant dans ce sens, dans notre démocratie de transition (après cinquante années de dictature communiste) le rêve d'un peu de dictature n'est pas disparu. Si nous faisons une analyse attentive de plusieurs discours politiques roumains de nos jours, nous pouvons découvrir certainement les traces d'une pensée autoritaire dans les relations politiques. Surtout dans les discours d'extrême droite ou d'extrême gauche, comme dans l'exemple ci-dessous :

„Les caractéristiques essentielles de l'action politique du Parti La Grande Roumanie ont leur origine dans l'attachement profond à la Patrie et à la nation roumaine des fondateurs du parti et de tous ses membres et ses sympathisants. Par conséquent, l'action politique du Parti La Grande Roumanie aura toujours en vue la reconstruction nationale et sociale, le découragement continuel (...) des tendances de diminuer l'autorité de l'Etat démocratique, des tendances de miner les bases économiques, sociales, morales, éducationnelles de la nation roumaine (...). Nous croyons fermement dans le commentaire du grand sociologue roumain Dimitrie Gusti qui, en 1922, affirmait : « un parti d'ordre et d'autorité peut être également un parti de liberté »” (Les Bases de la Doctrine Nationale du Parti La Grande Roumanie, http://www.romare.ro/partid/doctrina/baze.html)

1  Nous avons fait une analyse en détail du rapport entre discours politique, performance discursive et pouvoir ; dans : Constantin Salavastru, Discursul puterii. Încercare de retorică aplicată (Le discours du pouvoir. Essai de rhétorique appliquée), Les Editions de l'Institut Européen, Iassy, Roumanie, 1999, pp. 31 - 65

2  Pour le rôle des raisonnements dans les constructions discursives argumentatives voir : Trudy Govier, A Practical Study of Argument, Wadsworth Publishing Company, Belmont, California, 1985, pp. 161 - 258

3  Denis Apothéloz, Pierre-Yves Brandt, Gustavo Quiroz, De la logique à la contre-argumentation, „Travaux du Centre de Recherches Sémiologiques”, No 57, Université de Neuchâtel, Suisse, 1989, p. 25

4  Discussions sur ce concept : Marie-Jeanne Borel, La notion de schématisation, dans : Marie-Jeanne Borel, Jean-Blaise Grize, Denis Miéville, Essai de logique naturelle, Peter Lang, Berne, Francfort/M, New-York, 1983, pp. 53 - 95; Jean-Blaise Grize, Schématisation, représentations, images, dans : Stratégies discursives, PUF, Paris, 1978, pp. 45 - 52; Schématisation et logique naturelle, dans : Marie-Jeanne Borel, Jean-Blaise Grize, Denis Miéville, Essai..., pp. 99 - 145; Logique naturelle et communications, PUF, Paris, 1996, pp. 46 - 56

5  Jean-Blaise Grize, La construction du sens, II, Quaderni di semantica, vol. VI, No. 2, December 1985, pp. 359 - 367; Schématisation, représentations et images, dans : Stratégies discursives,  PUF, Paris, 1978, pp. 45 - 52

6  Voilà une remarque récente: „J'ai impression qu'un nouveau cycle populiste s'ouvre à l'échelle planétaire. Lors de mes récents déplacements au Mexique et au Chili, j'ai constaté la présence à la fois du populisme, et des leaders charismatiques, mais avec une caractéristique plus sournoise, ce qui le rend nouveau (néo): l'utilisation très efficace du marketing et des médias. C'est le cas de Vicente Fox, l'actuel Président du Mexique, dont la victoire a jeté par terre un colosse: le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI). Aussi c'est le cas du charismatique Sous Commandant Marcos, dont la cagoule, la pipe et l'Internet à la main font de lui une image de légende. Pourtant, ce néo-populisme de marketing n'est pas le propre de l'A. Latine. Aussi, en Europe, certains politiques rentrent parfaitement dans ce cadre-là. (...)... L'événement le plus voyant est la probable réélection en Italie de S. Berlusconi, la figure la plus « chargée » de « casseroles » du pays. La France n'échappe pas non plus à cet élan: il y a eu l'irruption de José Bové dans les médias, et le retour « sportif » de B.Tapie. Ce sont des symboles et des symptômes à la fois des « états d'âme » de la population et de la crise profonde qui traverse la classe politique” (Alexandre Dorna, Edito de conjoncture : « un néo-populisme de marketing » ?, dans : Politeïa: Bulletin n° 4 de l'association française de psychologie politique (AFPP), Mai 2001)

7  Nous constatons aujourd'hui, curieusement, à l'occasion des discussions et des analyses générées par l'ascension de Jean-Marie Le Pen dans le deuxième tour de scrutin des élections présidentielles de France (avril - mai 2002), un intérêt particulier ; pour les formes du populisme en Europe et, particulièrement, un intérêt ; très vif pour le populisme dans la vie politique de la Roumanie. Des résultats des investigations du phénomène sont parues même dans la presse quotidienne. Voir: Adrian Cioflâncă, Profilul noului populism („Le profil du nouveau populisme”), Ziarul de Iaşi (Le Journal de Iassy), Jeudi, 2 Mai, 2002

8  Une discussion intéressante sur ces aspects à: Martin David-Blais, L'argumentation nationaliste est-elle nécessairement irrationnelle ? Le cas de la Pologne post-communiste (1990 - 1993), Hermès, II, CNRS Editions, Paris, 1995, pp. 201 - 214

9  Le sens de la phrase roumaine équivaudrait à « Dans la mesure où je vais tenir promesse que Dieu m'aide ». Comme la pratique catholique n'emploie pas de formule équivalente, on a opté, dans la traduction, pour une formule de clôture, qui n'a d'ailleurs rien affaire avec le langage laïque, et moins encore avec le discours politique.


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