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Cahiers de Psychologie Politique

« C'est à l'idéologie, à cette ténébreuse métaphysique qui, en recherchant avec subtilité les causes premières, veut sur ces bases fonder la législation des peuples, au lieu d'approprier les lois à la connaissance du cœur humain et aux leçons de l'histoire, qu'il faut attribuer tous les malheurs qui éprouvent notre belle France »
Napoléon Bonaparte au Conseil d'État en 1812

« L’idéologie n’est pas l’antithèse d’un savoir ou d’une réalité, comme illusion, méconnaissance ou fausse conscience, mais la forme et le moyen d’une organisation collective. Ce n’est pas une modalité du voir, mais une contrainte du faire »
Régis Debray.

Dès sa naissance l’idéologie reste source de nombreuses interprétations polémiques. La vulgate fait de l’idéologie le contraire de la science. C’est une question non seulement philosophique, mais d’une forte coloration psycho-politique dont l’évolution, à la fois sinueuse et contradictoire, est en train de revenir, après une certaine éclipse, au devant de la scène intellectuelle. Il y a ceux qui pensent que l’idéologie n’est qu’un amas d’opinions particulières, dont la subjectivité ne prouve pas la valeur générale de vérité. D’autres, en revanche, la placent comme points de références susceptibles d’être avérées et prouvées objectivement. Aujourd’hui, de nouvelles orientations idéologiques sont en train de faire surface.

L’aperçu historique

Le terme conçu à la fin du XVIIIe siècle par les « Idéologues », ainsi appelés par Napoléon, groupe hétérogène d’intellectuels humanistes animé par Destutt de Tracy (Cabanis, Volney, Garat, Daunou),, est devenu, finalement, une forme de vulgate politique, parfois discours utopique ou parfois délibérément fausse représentation du monde au service des intérêts particuliers.

En un mot : l’histoire de l’idéologie et de ses dérivations est longue et pleine de méandres dont la culture actuelle est une vidéo-sphère puissante. Au point que si l’ idéologie est devenue une sorte de mauvais génie de la manipulation et une « ténébreuse métaphysique » intellectuelle, c’est une raison de plus pour réexaminer les origines des anciennes théories, et de réfléchir sur les nouvelles perceptions spirituelles et les issues possibles qui sortent du ventre fécond des laboratoires de techno-science, afin d’imaginer un post-humain qui avancerait masqué.

Alors pourquoi entamer une réflexion sur un fond apparemment dépassé par l’histoire et, dit-on, surtout par la science ?

La réponse est double et sans détours : par nécessité épistémologique et par urgence politique.

Par ailleurs, nous sommes, probablement, dans une période charnière entre la « fin des idéologies » et le retour en force des nouvelles idéologies entre une ère de doutes qui ne connaissait mal ses limites et une autre ère plus fluide dont la visée n’est pas suffisamment clair. Il y a là une contrainte forcée qui mène à vouloir apercevoir toujours plus loin et retrouver prudemment l’esprit de sagesse. Disons qu’ici et là, des éléments idéologiques s’infiltrent dans nos systèmes de croyances, de vie, de travail et au centre de la pensée scientifique.

Contrairement à l’idée d’une continuité fatiguée (il n’y a rien de nouveau sous le soleil), c’est un attroupement de choses confuses et d’égarements linguistiques intelligents qui font du moment actuel un carrefour d’interrogations, de signes et de peurs. Période d’éclatement des systèmes de pensée. Cycle de refondation des croyances. Temps de métamorphose de l’humain. Effondrement des crédos classiques. Intervalle de mixtions spirituelles et matérielles. Ère de transformation des règles. Age des théories émergentes. Moment de cristallisations et de dérivations. Retour des refoulés moraux et politiques. Désintégration des modèles d’’avenir. Sidération intellectuelle et morale. En outre, tout ce qui peut alimenter l’attente du feu des anciennes ou des nouvelles élucubrations pour nourrir les sentiments d’une longue et diffuse agonie du « nous », sans message incarné ni forme politique généreusement définie. Moments des idéologies coupables qui troublent la construction des matrices nouvelles.

A quoi les idéologies servent-elles ?

Inutile d’insister sur un truisme connu : peu de domaines des sciences humaines et sociales échappent à l’emprise de l’idéologie et de ses avatars : la politique et le discours. Tout est idéologie, mais il y en a de plus aliénantes que d’autres. La politique est une activité discursive forte, et, par définition, qui sécrète une idéologie de domination dont la charge émotionnelle est intra-subjective. De plus l’idéologie représente in profundis des représentations, des sentiments, des valeurs et des notions morales qui façonnent les esprits à un moment donné au point de les faire agir. C’est à travers la parole que les hommes politiques apportent réconfort et espoir aux hommes déchirés par les difficultés de la vie et les impondérables de l’inattendu. Au travers des idéologies, les aspirations spirituelles se traduisent en projets de société. Car de facto une idéologie poursuit un but, même si certains prétend le contraire, et jamais neutre, bien au contraire, et elle est la posture politique d’un groupe social déterminé à un moment donné.

Nul doute, peut représenter une très bonne chose au nom de la politeia, mais la mauvaise idéologie est une pensée attachée à l’action collective qui se modifie au fil du temps pour faire l’apologie des intérêts particuliers au nom de l’action commune. Mais, force est de reconnaître qu’une partie de la philosophie donne un fond et une forme aux idéologies. Néanmoins, si l’idéologie reste une opinion publique, puisqu’elle ne recherche pas la connaissance, elle ne peut qu’imposer des manières d'être et des manières de faire. C’est une application pratique des opinions philosophiques à visée politique. Rappelons comment, par exemple, la pensée des Lumières, qui prônait la diffusion du savoir et la critique de la tyrannie, a préparé un changement de société.

En conséquence et plus précisément : il n'y a pas d’idéologie sans société, ni société sans idéologie neutre. L’une fait l’autre dans un échange permanent des paroles et des actions. C’est ainsi que toute idéologie nouvelle (politique ou religieuse) rappelle que la société a horreur du vide et qu'il faut proposer un changement pour accompagner les mutations économiques et les changements de mentalités, afin de combler le vide laissé par une idéologie en déclin ou moribonde.

Cependant, une question pratique s’impose : à quoi les idéologies servent-elles ? En premier lieu, elles servent à justifier qui sont les bons et les méchants d’un point de vue tantôt rationnel tantôt émotionnel, ou les deux à la fois. En deuxième temps à développer une croyance en bloc, un corpus granitique, et un système clos, dont à l’origine nous découvrons un dogme d’existence. Une troisième : maintenir ou changer une situation au service des actions collectives. La quatrième raison est celle de préserver les intérêts de particuliers sous prétexte de protéger ceux de tout le monde. Et, enfin, une cinquième utilité : celle d’identifier qui sont les amis et les ennemis, afin de savoir quelles sont les idées qu’il faut combattre.

La fin improbable des idéologies

Armées de ces critères, les sociétés en crise ont connu des périodes d’exaltation et de fabrication des idéologies. Pour prendre le poids d’une telle affirmation, il suffit de reprendre le XXe siècle et sans doute la période entre les deux guerres mondiales, puis celle de la guerre froide et des effets de la propagande de masse. Pourtant, il y a aussi des moments de saturation au point que l’idéologie, sans forcement disparaitre, doit se faire petite pour laisser une partie de sa place à d’autres formes de discours de remplacement – tout aussi idéologiques - au nom de nouvelles perceptions ou désirs d’interprétation de la réalité.

C’est probablement la raison du succès d’un livre, en pleine guerre froide, qui formule la thèse de « la fin des idéologies » et, tout en desservant la portée théorique d’une idéologie (le communisme), s’est imposé de manière presque prophétique pour en favoriser une autre (le capitalisme). Ce best-seller dont l’auteur, Daniel Bell, était un sociologue au départ de sa carrière d’obédience marxiste, qui, sans être dupe des limites de son essai, comme il l’a reconnu plus tard, se place dans la perspective de contre-propagande. Pourtant, l’approche de Bell garde toute sa légitimité sociologique. Il représente le groupe des intellectuels new-yorkais qui, depuis les années trente et quarante, abandonnent la foi dans la théorie de Marx et ne croient plus à l’avenir socialiste du monde. Il choisit « le moindre mal » comme il le déclare lui-même et deviendra pendant de longues années le rédacteur en chef de la revue d’expression intellectuelle et technique du capitalisme américain victorieux.

Certes, il n’est pas le seul intellectuel de gauche qui tourne sa veste idéologiquement parlant. Un autre écrivain déçu du marxisme, A. Koestler, révèle la face cachée du communisme. Aussi, G. Orwell trace avec ironie et effroi une vision du monde ultra autoritaire dans son roman idéologique : 1984.

A l’époque de la guerre froide, l’important était de bien choisir son camp et de le faire savoir. Malgré la précarité des arguments, les analyses de Bell lui prodiguent une grande notoriété universitaire et à son livre une grande place dans la lutte idéologique contre le communisme, toujours présenté comme la quintessence du mal idéologique. D’où l’effet pervers : l’idéologie est devenue la parole fallacieuse de l’autre. En clair : celle de l’ennemi.

Il n’empêche que le succès du livre de D. Bell renforce la vision partielle du discours idéologique lorsqu’il, écrit : « l'idéologie est l'expression politique de croyances eschatologiques qui expriment des impulsions religieuses en termes séculiers ». Ailleurs, il ajoute que : (l’idéologie) « traite des mouvements sociaux qui cherchent à mobiliser les hommes pour réaliser ces croyances. Et enfin : « L'idéologie offre une foi et un ensemble de certitudes morales (...) lorsque les fins sont utilisées pour justifier des moyens immoraux ».

Avec ces arguments, largement répandus, le concept d'idéologie s'est émietté et vulgarisé, car tout y passe : les idées, les idéaux, les croyances, les crédos, les passions, les valeurs, les Weltanschanungen, les religions, les philosophies, les politiques, les systèmes moraux, les discours linguistiques. Non sans force, Bell s’autorise à déclarer que : « L'idéologie est devenue un mot irrémédiablement déchu. Ainsi en est-il du péché » (p. 403). Or, rappelons que ce que Bell énonce ne concerne pas l’idéologie, mais un type de discours : le communisme. Curieusement, l’amalgame l’a emporté parmi les nombreux lecteurs de la politique. Voilà le caractère douteux et dangereux attribué au discours idéologique.

Pourtant, la question de fond posée est celle du besoin de reprendre l'examen de l'utopie, voire de tout discours interprétatif et de toute opinion (doxa) qui n’apporte pas des preuves autres que la dialectique du raisonnement à partir d’une conscience partisane - par définition fausse pour ses détracteurs - laquelle illustre le piège et l’échec d’une telle idéologie. Bref, s’il ne reprend pas la vulgate idéologique du marxisme qui voit dans la lutte de classes le modèle explicatif du changement social, David Bell, enfin, pose la question de la tension permanente entre la rationalité de l’économie poussée par l’innovation technologique et l’exigence d’égalité posée par la politique démocratique laquelle réclame une alternative d’avenir.

Rappelons que l'origine de la notion d'idéologie n'avait pas un sens négatif, encore moins péjoratif. Le philosophe Destutt de Tracy qui l’introduit ne lui portait pas un regard défavorable. Il s’inspire de la vague pro-science de l’époque pour baptiser idéologie la nouvelle discipline destinée à l'étude des idées. Car la notion d’idéologie est utilisée dans un sens neutre, et plutôt descriptif, en référence aux systèmes de croyances politiques. Plus tard, de nombreux auteurs soulignent la nature « dominante » du concept lorsqu’il s’agit de son rôle dans la légitimation des us et des abus du pouvoir. Une des formes les plus efficaces de domination idéologique se produit lorsque les groupes dominés acceptent les idéologies dominantes comme naturelles, et allant d’elles-mêmes. Non sans pertinence Antonio Gramsci utilise le terme d’« hégémonie » pour parler de telles formes de domination. Il va de soi que les groupes dominés peuvent également produire des idéologies, à savoir des idéologies de résistance et d’opposition, d’utopie et de revanche.

L’éternelle renaissance des idéologies

Afin d’abréger cette réflexion instructive disons que les idéologies sont généralement des croyances particulières partagées et associées aux groupes sociaux et politiques, aux classes, aux castes ou aux communautés qui représentent leurs intérêts fondamentaux sous la forme de discours. A ce titre l’idéologie est au cœur des perceptions sociales partagées par un groupe. Mais ces représentations peuvent être jugées positivement, négativement ou sans valeur aucune. Cela étant fonction du positionnement des groupes eux-mêmes. Et toutes les croyances socialement partagées par un groupe ne sont pas forcement idéologiques. Ainsi, des groupes idéologiquement différents ou opposés à l’intérieur d’une même société doivent avoir des croyances communes, ce qui est par définition une pré-idéologie au sein de cette société : un savoir socioculturel d’une même communauté, voire une nation. Néanmoins, chaque groupe peut développer un savoir spécifique (professionnel, religieux ou politique), basé sur la culture du groupe. Ce savoir est présupposé vrai, convenu, au sens commun, qui n’est pas remis en question dans une même communauté donnée, et qui est considéré non-idéologique au sein de cette même communauté.

Les idéologies : des mosaïques bariolées

Un philosophe contemporain, Jean Baechler, donne une définition fine et complète de l'idéologie décomposable en plusieurs versants : Au départ, l’idéologie est l’ensemble des représentations mentales qui apparaissent dès lors que des hommes nouent entre eux des liens, des associations. Ces représentations forment ensuite un ensemble d’états de la conscience liés à l’action politique, autrement dit à la façon conflictuelle ou non dont les humains organisent leur vie sociale. Le noyau de ces états de conscience est non verbal, c’est-à-dire composé de pulsions affectives ; ces états « idéels » (entre le rationnel et l’émotionnel) s’actualisent dans différents types de registre et peuvent être inférés à partir des manifestations objectives et matérielles auxquelles ils donnent lieu. L’idéologie se trouve dans le contenu et non dans le contenant. Il n’existe pas de genre discursif qui puisse être décrété idéologique en tant que tel. Enfin, une idéologie est une formation discursive polémique, ni vraie ni fausse, efficace ou inefficace, cohérente ou incohérente, élaborée ou non, normale ou pathologique, grâce à laquelle une passion cherche à réaliser une valeur par l’exercice du pouvoir dans une société.

C’est ainsi que le projet des idéologues ne se retrouve plus dans la vulgate qui s’accroche au discours politique. Nous sommes loin de la tentative de Destutt de Tracy et ses amis de créer une science des idées, afin de définir un système logique, global et cohérent, qui articule l'application des lois scientifiques aux phénomènes sociaux. Paradoxalement, l’idéologie est devenue aujourd’hui une ombre, voire une négation. Ainsi, au lieu de dévoiler ce qui est caché, l’idéologie désigne actuellement le discours qui masque la réalité sociale dans le jeu des circonstances contradictoires, encore davantage en périodes de crise globale.

La menace idéologique : le nouveau discours scientiste

Ce n’est pas d’aujourd’hui que la démarche scientifique a perdu sa force critique, et est devenue une pensée dominatrice et hégémonique. La modernité installe le rationalisme et l’empirisme dans toutes les sphères du savoir faisant du positivisme et du néokantisme les deux piliers philosophiques de la techno-science. Progressivement, les critères et la méthodologie de la science expérimentale réclament une crédibilité de plus en plus grande. Les découvertes techniques ont imposé une victoire écrasante non seulement sur « l’infâme », selon la célèbre formule de Voltaire, mais encore plus sur le principe de la quête épistémologique libre et indépendante des pouvoirs. La technocratie, sorte d’avatar oligarchique, s’est emparée de la pensée politique au point de la rendre impuissante, car la vérité circule en politique, encadrée par la parole scientiste. C’est le verbe des experts qui s’exprime politiquement par la bouche des hommes politiques nous adaptant à une certaine vision du monde dépourvue de morale au nom du discours scientifique avec ses promesses et ses dérives. Certains scientifiques s’indignent devant l’arrogance d’une pensée atomisée et l’aveuglement des décisions politiques qui s’accommodent facilement avec les jugements des spécialistes. Car la science s’est rendue crédible, parfois autoproclamée et par delà ses propres limites. Disons-le sans détours : le discours du savoir technique sous sa forme idéologique (il est difficile de les séparer) a réussi à s’emparer de la science et à perdre la sagesse, voire la prise en compte des conséquences. La proclamation tonique d’un monde fait par la technique, selon le prix Nobel de physique, D. Gabor , impose sous la forme d’axiome une évidence : « tout ce qui est techniquement faisable doit être, que cette réalisation soit jugée moralement bonne ou condamnable ». Bref, la volonté progressiste de la science se renie au point de muter en régression quasi religieuse. La raison moderne, à force de se cloîtrer dans le virtuel, s’est rendue folle. L’histoire en témoigne avant et après Hiroshima à une cadence affolante, bien que le rationalisme trouve ses limites et le bon sens ses vertus ; sous sa forme d’idéologie dominante, le discours scientifique est une autre face du discours totalitaire : toujours plus loin, plus haut, plus fort et autonettoyant. Monde clos, où l’humain semble condamné à céder sa place à la machine qui instaure un dogmatisme scientifique.

Des questions idéologiques encore présentes et toujours ans réponses

En réalité, nous pourrions conclure, ni la fin de la guerre froide, ni la prétendue fin de l’histoire n’ont mis fin à la production d’idéologie. Rien d’étonnant alors que des formes nouvelles d’idéologie apparaissent et tentent d’éclipser les anciennes qui sont toujours vivantes. Plusieurs questions sont encore sans réponses claires : comment les idéologies se succèdent-elles, à quelle vitesse évoluent-elles, qu’est-ce qui demeure, qu’est-ce qui offre une nouveauté, le rôle et le statut des idéologues a-t-il changé ? Quelles sont les idéologies nouvelles qui peuplent actuellement le monde ? Ont-elles déplacé les anciennes ? Le post-humanisme, fait de puces et de connecteurs électroniques, s’impose inéluctablement ?

Pour ne pas épiloguer disons que ce dossier des Cahiers de Psychologie Politique reste humainement discutable et non exhaustif. Et dans le cadre politique les nouvelles idéologies s’alimentent des anciennes : communisme, libéralisme, fascisme, cléricalisme, monarchisme, nationalisme, radicalisme, gauchisme, anarcho-syndicalismes, populismes et d’autres, au point que la nébuleuse des appellations récentes sont parfois insolites : écologisme, conspirationnisme, catastrophisme, new âge, ésotérisme, occultisme, etc.

Enfin, un détail est à considérer : les idéologies en vogue ne se construisent plus comme à l'époque des sociétés de pensée. Aujourd’hui les technologies et les médias en bouleversent les modes de propagation et de discussion, car assez souvent les réponses précèdent les questions sous la forme de spectacle et de propagande. Ce n’est guère la ruse de la raison, mais celle de la technique et du marketing qui transforme l’émission et la réception des idéologies. Or, ces nouvelles idéologies méritent mieux qu’un simple haussement d’épaules, ou du zapping, car si les grandes idéologies d’antan sont mortes, ses avatars récents, bien que peu reconnaissables, seront probablement les figures dominantes de demain.

Baechler J. ( 1976)   Qu’est ce que l’idéologie ? Ed. de poche, Idées, Gallimard

Bell D. (1960) : The End of Ideology : On the Exhaustion of Political Ideas in the 1950; Traduction fraçaise 1997. PUF

Destutt de Tracy A. (1797-98) :  Quels sont les moyens de fonder la morale chez un peuple. H. Agasse. Paris

Destutt de Tracy A. (1825-27) : Éléments d'idéologie (4 volumes)

Dumont L. (1977) : Homo aequalis : genèse et épanouissement de l'idéologie économique, Paris, Gallimard

Guillebaud J.C. ( 1999) : La refondation du monde. Seuil. Paris

Gabor D. (1964 ) : Inventons le futur. Plon, Paris.Trad. de Inventing the Future, Secker & Warburg, Londres, 1963)

Koestler A. (1940) : Le zéro et l’infini. Calmann-Lévy, rééd. 2005

Orwell G. (1948) : 1984. Livre de poche


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