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Cahiers de Psychologie Politique

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Plusieurs chaînes télévisées françaises proposent à une heure de grande écoute une série de documentaires, Alien Theory (« Ancient Aliens » aux USA) qui explique l’histoire de l’humanité par l’action d’extraterrestres, pris par les hommes de la Préhistoire et de l’Antiquité pour des dieux. Ces thèses viennent d’un auteur suisse, Erich von Däniken, qui publia plusieurs best-sellers dans ce domaine à partir de 1969. Nous proposons ici de montrer l’influence de cet auteur et de mettre en évidence le contenu conspirationniste de cette série télévisée.

SOMMAIRE

1. Présentation de la série

2. À l’origine était Erich von Däniken

3. Une conception antiscientifique de l’histoire et des civilisations

4. L’« histoire mystérieuse », une forme de théorie du complot

 

Une série de « documentaires », intitulée Ancient Aliens aux États-Unis, ou Alien Theory sur les chaînes françaises, fait la part belle aux thèses soutenant la véracité des « anciens astronautes ». Cette thèse défend l’idée de la présence et de l’action d’extraterrestres sur Terre durant la Préhistoire et l’Antiquité. Ils auraient joué un rôle primordial dans l’apparition de la civilisation. Cette thèse aventureuse est évidemment rejetée par les milieux scientifiques. De fait, lorsque nous regardons ces documentaires, nous ne pouvons que nous poser la question suivante : « Est-ce du second degré ? » Le propos semble si caricatural, si binaire dans le raisonnement qu’il semblerait que ce soit la seule réponse logique. Cette question est pourtant importante en ce qui concerne la propagation, la « contagion » pour reprendre l’expression de Dan Sperber (Sperber 1996), dans les sociétés occidentales d’idées qui semblent aberrantes. Au-delà de ces documentaires, ces thèses sont diffusées depuis les années 1960 par plusieurs grands éditeurs1. L’analyse des collections de ces derniers, relevant de ce registre, montre que les auteurs de ces livres, dont ceux qui interviennent dans Alien Theory, n’ont rarement écrit qu’un seul ouvrage : nous sommes en présence d’une littérature de professionnels, vivant de leur plume. Ils sont souvent d’ailleurs, journalistes ou responsables de revues ou magazines. Cela pose donc la question légitime d’une activité alimentaire, sans adhésion aux thèses développées, juste pour vendre du papier. Une activité mercantile indéniable dans ce milieu. Cependant, un fait tend à montrer l’esprit sérieux de ces documentaires : la présence régulière d’Erich von Däniken dans ceux-ci, depuis le pilote de 2009 qu’il a présenté et qui cherchait à montrer la validité de ses thèses, jusqu’aux derniers diffusés à la télévision. Une émission lui fut même consacrée en 2014, cherchant à (dé)montrer l’aspect à la fois avant-gardiste et scientifique de ses « travaux »2.

Les théories de cet auteur seront le fil directeur de notre analyse. En effet, nous partirons du postulat de la très grande influence des ouvrages de ce dernier sur le script de la série : les « témoignages », les « preuves » ne servent qu’à « prouver » la thèse de la série, le rôle des extraterrestres dans l’Histoire (I). Ainsi, le premier livre de Däniken, dont nous brosserons une courte biographie (II), Erinnerungen an die Zukunft, paru en 19683, fournit le fil conducteur de cette série de documentaires. Alien Theory insiste sur une conception anhistorique et antiscientifique de l’histoire de l’Humanité (III), consubstantielle d’une approche complotiste du monde, propre au milieu de l’histoire dite « mystérieuse » promouvant une « archéologie romantique » (IV), milieu dans lequel Däniken est une figure importante.

Ce complotisme qui transparaît dans la volonté des adeptes de cette « histoire mystérieuse » de chercher à résoudre les « mystères » historiques, le pousse à développer l’idée qu’il y a une autre réalité, derrière les « savoirs officiels », masquée et connue des seuls « initiés » : l’action des extraterrestres dans l’Histoire. Depuis l’apparition de ce registre, les auteurs qui en relèvent insistent, en effet, sur l’idée que les récits religieux ne seraient que des retranscriptions écrites de ce dont les Hommes de l’Antiquité, ou de la préhistoire, auraient été témoins : simplement des descriptions de rencontres du « troisième type », des « paléovisites » d’extraterrestres que les hommes de la Préhistoire et de l’Antiquité ont pris pour des dieux. C’est le néo-évhémérisme4. Giorgio Tsoukalos, invité récurrent de cette série – il apparaît dans tous les épisodes –, conclut toutes ses « démonstrations » par ce propos : tout, dans l’Histoire, serait le fait des extraterrestres.

1. Présentation de la série

La série Alien Theory, centrée sur la thèse des Anciens Astronautes, est née en 2004 aux États-Unis avec la diffusion d’un pilote intitulé Chariots, Gods and Beyond, d’une durée d’une heure trente. Ce titre est ouvertement inspiré du titre anglais du premier ouvrage de l’essayiste Suisse Erich von Däniken, Chariots of the Gods ? Unsolved Mysteries of the Past. Son format est de 44 minutes par épisode et sont organisés en saisons à la manière classique des fictions. Les différentes saisons ont un nombre variable d’émission, entre 5 et 20 épisodes. La série voit l’intervention régulière de certains auteurs pseudo-scientifiques (David Childress, George Noory ou Giorgio Tsoukalos). La fiche IMDB (Internet Movie Database, http://www.imdb.com/) de la série, les présente comme des personnages jouant leur propre rôle. Ces documentaires sont passés une première fois en 2009 en France sur History Channel. À partir de 2013, cette série a été diffusée par RMC Découverte. Elle passe depuis 2016 sur Numéro 23. À ce jour, 8 saisons ont été diffusées en France. Si elle est diffusée en première partie de soirée, le samedi soir à 21h, sa part d’audience est faible (2 % de PDA lors de sa diffusion sur RMC Découverte et 1,2 % sur Numéro 23), elle n’est pas moins un vecteur de diffusion des thèses de l’« histoire mystérieuse »5 dans notre pays, dont le soubassement est une conception conspirationniste de l’Histoire. Ces « documentaires » sont produits par Kevin Burns6, un ancien de Fox TV, pour le compte de sa société Prometheus Entertainment, créée en 1999. Celle-ci spécialisée à la fois dans les documentaires relevant du New Age, de l’ésotérisme et du complotisme (Ancient Aliens, In Search of Aliens, Bible Secrets Revealed, America Book’s of Secrets, Secret Societies of Hollywood, Angels and Demons Decoded, Civilization Lost, Walkyrie. The Plot to kill Hitler) et de la culture populaire (Food Paradise, Kendra on Top, The Godfather Legacy, How Playboy changed the World, The Amazing Story of Superman, Star Wars. The Legacy Revealed, Holly’s World, The Girls Next Door, Batman Unmasked, Marylin Monroe the Last Days, Behind the Planet of Apes, Cleopatra the Film that changed Hollywood). Les documentaires sont distribués par A&E Television Networks.

Le montage de Kevin Burns reprend les codes du documentaire scientifique anglo-saxon : des plans très courts, proposant pratiquement une illustration par mot ou par groupe sémantique des propos du narrateur. Les plans plus longs sont des plans en mouvement dont le rythme est rarement naturel : il est soit légèrement accéléré, soit subtilement ralenti, rendant une impression d’étrangeté, d’irréel ou d’inquiétude selon les cas. Des entretiens s’intercalent entre ces séquences. Ils sont généralement filmés dans un décor de bureau avec une bibliothèque en arrière-plan. Les séquences sur le terrain sont très rares, bien qu’elles existent parfois. Le commentaire du narrateur ne vient jamais interpréter ou contredire le propos des intervenants, il forme un liant qui passe d’une idée à l’autre, il incarne le cheminement intellectuel des spectateurs en relançant les questions lorsque le doute peut surgir. À ce titre, l’une des principales techniques employées dans le dispositif par Kevin Burns est l’évidence de l’image : les preuves sautent aux yeux, sont visibles à l’œil nu. Cela produit un double effet sur le spectateur : le premier est qu’il n’est pas besoin de posséder une culture historique ou technique développée pour comprendre et adhérer, chacun peut dès lors devenir expert et reconnaître, dans les exemples produits, des signes de preuves. Le second est que ces films mettent systématiquement en doute la parole scientifique, à l’instar des livres relevant du registre de l’« histoire mystérieuse ». Le chercheur académique ne percevrait pas l’évidence, voire écarterait d’office les pistes alternatives présentées dans la série, autre antienne de ce type de littérature. La preuve par l’image joue également sur la révélation : l’évidence serait là, à la vue de tous sans être comprise. Dès lors, il suffit de la montrer, sans perdre son temps à chercher à démontrer scientifiquement. Cependant, le commentateur ne cesse d’utiliser dans les différents épisodes des formules du type « de nombreux scientifiques » ou « selon les scientifiques », sans jamais citer de noms. Le propos reste volontairement flou. Ce type d’affirmation est typique de la série. L’usage du « nombreux » ne sert qu’à donner du poids au propos. De ce fait, ces films n’ont de documentaires que le nom. Parfois, le réalisateur leur donne la parole, mais celle-ci est systématiquement tronquée. La série abuse d’un autre procédé : l’utilisation de questions induites à laquelle répondent des hypothèses relevant de l’archéologie fantastique (Adam, 1980). Dernier procédé récurrent : l’usage du conditionnel, justifié, qui se transforme rapidement en ton affirmatif. Cet usage permet de faire des sauts poétiques, pour reprendre l’expression de Richard Hofstadter (Hofstadter, 1964)7, de passer de suppositions, voire de propositions irrationnelles. De fait, cette construction rhétorique vise à légitimer un discours préconçu, dans l’ignorance absolue des très nombreux travaux sérieux publiés sur les thèmes abordés, l’objectif étant de montrer la pertinence des thèses d’Erich von Däniken.

2. À l’origine était Erich von Däniken

Le Suisse Erich von Däniken est né en 1935. Autodidacte, il a rencontré un succès phénoménal à la fin des années 1960, en défendant la théorie des « anciens astronautes », ou des « paléovisites », les deux étant synonymes, c’est-à-dire la visite sur Terre, à des époques très anciennes, de « visiteurs » extra-terrestres, mais pas forcément non-humains. Ces thèses furent diffusées en France dans Présence des extraterrestres, son premier livre paru en 1969 chez Robert Laffont8. Selon lui, tous les textes sacrés relateraient des contacts avec des extraterrestres et nos religions ne seraient que des souvenirs lacunaires de leurs passages sur Terre (Stoczkowski, 1999 : 41). Il affirme par exemple que les extraterrestres ont laissé une trace dans l’Histoire, à travers certains mythes et certains sites archéologiques. Il développa ces thèses dans « vingt-huit livres, vendus à soixante-deux millions d’exemplaires et traduits en trente-deux langues » (Le Quellec, 2009 : 15), suscitant de nombreuses vocations, dont celles des participants et des réalisateurs d’Alien Theory.

Les récits religieux et les combats entre dieux ne seraient donc que des retranscriptions écrites de ce dont les Hommes de l’Antiquité auraient été témoins. Les hommes de la Préhistoire et de l’Antiquité auraient pris ces extraterrestres pour des dieux. C’est le « néo-évhémérisme », un néologisme tiré du nom d’Évhémère, ce penseur de la Grèce antique qui soutenait que tous les dieux du Panthéon n’étaient que des personnes admirables ayant une trace dans la mémoire des hommes. Däniken appelle d’ailleurs ces extraterrestres les « Anciens astronautes », qui deviendront ensuite sous sa plume et celles de ses disciples les « Anciens » comme si cela était évident. Pour asseoir sa démonstration, il s’appuie sur la Bible qui évoque, dans la Genèse, 6, les « enfants de Dieu » qui ne seraient que des extraterrestres et leur métissage avec certaines femmes humaines9. Généralisant son propos, Il fait des fondateurs des grandes religions soit des extraterrestres, soit des « contactés », des émissaires de ces derniers. Enfin, le genre humain serait, selon lui, né d’une manipulation génétique que les extraterrestres auraient fait sur des hominidés. Ce serait le fameux « chaînon manquant » de l’évolution humaine. Pour diffuser ses idées, il a fondé en 1973 l’Ancient Astronaut Society, qui compterait des membres dans 76 pays (Mayer, 1993 : 249‑250 ; Doering-Manteufel, 2011 : 183‑189). Selon Jean-François Mayer, ses thèses seraient la conséquence de son incapacité à trouver les preuves de son éducation catholique ; un questionnement qui le poursuit depuis les années 1960. Les propos d’Erich von Däniken comportent un aspect complotiste, dans le sens où il soutient l’idée que non seulement ces faits ont été partiellement oubliés, mais surtout qu’ils ont été cachés par des élites politiques, religieuses et scientifiques. L’objectif serait de dissimuler à la fois les véritables origines de l’humanité, ses capacités mystiques et la présence des extraterrestres sur Terre. Il s’agirait aussi de camoufler pour les élites religieuses le fait que les religions ne sont pas d’essence divine, mais simplement des témoignages datant de l’extrême Antiquité, qu’elles seraient bâties sur du vide et un mensonge originel. Ce complotisme sera repris par les partisans (voire les adeptes) de ces théories qui apparaîtront à la suite de la lecture des livres de Däniken.

Les thèses de Däniken ont en effet donné naissance à une catégorie éditoriale précise, qualifiée par Jean-Loïc Le Quellec d’« archéologie romantique » (Le Quellec, 2009). Celle-ci a été déconstruite, en vain, dès 1975 par l’archéologue Jean-Pierre Adam (Adam, 1975 et Adam, 1988). Elle fut étudiée dans les années 1990 par l’anthropologue Wiktor Stoczkowski (Stoczkowski, 1999). Cette « archéologie romantique dänikenienne », par ses questionnements, cherche à comprendre les prouesses techniques des civilisations antiques. Elle propose en retour comme explication l’action d’extraterrestres sur Terre. Pour Carl Sagan, « à chaque fois qu’il [Däniken] voit quelque chose qu’il ne comprend pas, il l’attribue à une intelligence extraterrestre, et comme il ne comprend pratiquement rien, il voit des intelligences extraterrestres sur toute la planète » (Le Quellec, 2009 : 15‑16). Outre Däniken, ces théories ont servi de fonds de commerce à un grand nombre d’auteurs, souvent plus mauvais les uns que les autres, entre les années 1960 et 1980, et aujourd’hui à travers Alien Theory. C’est ce que l’anthropologue Français Wiktor Stoczkowski appelle la « dänikenite ». Le plus atteint de cette « dänikenite » n’est autre que le gourou Claude Vorilhon, plus connu sous le nom de Raël : il attend depuis les années 1970 le retour des « Anciens Astronautes » et défend également l’idée selon laquelle le genre humain est né de manipulations génétiques. Les différents auteurs de cette catégorie éditoriale suivent donc ce tracé, mais quelques-uns vont plus loin. En effet, des sous-entendus racistes sont parfois formulés (consciemment ou inconsciemment) pour dénier à des civilisations non-européennes la capacité à construire des monuments cyclopéens (tels que les pyramides de Gizeh, Baalbek, les cités précolombiennes), voire à donner naissance à des civilisations complexes. C’est le cas de deux auteurs français relevant de ce milieu : Robert Charroux et Jacques de Mahieu10.

3. Une conception antiscientifique de l’histoire et des civilisations

Cette série de documentaire est intéressante pour un autre point, en lien avec les théories complotistes : le rejet de la science. En effet, elle développe une conception antidarwinienne, anti-scientifique et dévolutive des civilisations et de l’histoire. Antidarwinienne car elle postule l’origine non naturelle de l’apparition de l’homme. Différentes émissions essaient en effet de montrer l’origine extraterrestre de l’humanité : nous ne serions que le fruit de manipulations génétiques de la part d’extraterrestres, les extraterrestres, eugénistes, éliminant les individus nés de leur expérimentation mal formés ou non viables pour leur projet. Elle est antiscientifique pour la même raison : les extraterrestres nous auraient donné des connaissances techniques et spirituelles que nous aurions perdues au fur et à mesure de l’essor de l’esprit rationaliste, comme tend à le suggérer le documentaire 1 de la saison 1. De fait, elle élabore une conception dévolutive de l’histoire et des civilisations : nous aurions reçu des connaissances mystiques et techniques, voire même mythiques, dans l’Antiquité qui furent perdues petit à petit. D’une certaine façon, cette série est nostalgique d’un Age d’or de sociétés holistes définitivement perdu à compter de la Renaissance, reprenant les thèses d’ésotéristes antimodernes et réactionnaires comme René Guénon et Julius Evola. Cet irrationalisme mystique, thème classique de l’occultisme et de l’ésotérisme, revient dans toutes les émissions, comme un leitmotiv. Là encore, l’origine est à chercher chez Erich von Däniken : sur son site Internet, celui-ci rejette le darwinisme (Doering-Manteufel, 2011 : 183‑184), et promeut, dans ses ouvrages les thèses que nous venons de voir.

Ces idées radicales, Däniken emploie souvent ce terme pour définir sa pensée, qui semblent avant-gardistes, ne le sont pourtant pas ; il ne fait que reprendre des positions courantes dans la nébuleuse New Age (Introvigne, 2005). En effet, il faut tenir compte du fait que

« Les idées nouvelles, comme toutes les créations culturelles, écrit Wiktor Stoczkowski, n’émergent pas du néant ; elles se nourrissent de l’ancien, en se construisant à partir des bribes du passé soumises aux mécanismes qui, sans être déterministes, sont loin d’être chaotiques et impénétrables. À chaque moment historique, le passé offre aux hommes un vaste répertoire de matériaux à partir desquels ils peuvent échafauder leurs œuvres, en transformant, en combinant et en assemblant des éléments que la tradition laisse à leur portée. » (Stoczkowski, 1999 : 88)

La façon dont argumentent les intervenants de cette série documentaire, disciples d’Erich von Däniken ne l’oublions pas, est fort intéressante : ils mettent en avant une multitude de « preuves » très différentes les unes des autres (mythes, physique, archéologie, « recherches » d’autodidactes, textes religieux, etc.) selon la méthode du « mille-feuilles » argumentatif : chaque étage constituant la démonstration est des plus fragiles, mais l’édifice constitué, étant si haut, qu’il donne une impression de vérité. Aujourd’hui cette « méthode » est utilisée par les complotistes et les alterscientifiques (Moatti, 2013) pour donner un semblant de scientificité à leur propos. Le sociologue Gérald Bronner voit l’origine de cette « méthode » chez l’Américain Charles Fort (1874‑1932), un auteur fort étrange qui a connu une grande postérité (Bronner, 2012 : 56). Jacques Bergier (Walter, 2013 : 129‑172), le co-auteur du Matin des Magiciens, malgré sa formation scientifique (il était ingénieur), était un adepte de cette méthode, d’ailleurs mise en œuvre cet ouvrage. Il « revendiquait d’ailleurs l’héritage fortien et, lui aussi, le droit à la loufoquerie argumentative » (Bronner, 2012 : 56). Ainsi, le Matin des Magiciens, antérieur aux livres de Däniken, il a été publié en 1960, défend également la thèse des « Anciens astronautes ». Bergier et Pauwels y affirmaient que les vestiges cyclopéens des civilisations amérindiennes étaient dus à des extraterrestres géants et de race blanche (les « Fils du Soleil »). C’est également dans cet ouvrage que viennent les idées d’une humanité créée par des extraterrestres et d’une connaissance initiale, aujourd’hui perdue, donnée par ces derniers à nos ancêtres pour construire « des bâtiments (la Grande Pyramide de Khéops, Tiahuanaco, etc.) nécessitant des moyens technologiques importants. Les religions ne seraient que la retranscription confuse des bribes de souvenirs de ces évènements, car les Dieux, évoqués par les textes sacrés, ne seraient rien d’autre que nos lointains pères de l’espace. » (Bronner, 2012 : 57). Jacques Bergier a d’ailleurs écrit sur ce qu’il appelle les « paléovisites » (Bergier, 1970 et Bergier & Gallet, 1977). Ses écrits sur les « Anciens astronautes » ont beaucoup influencé Erich von Däniken. Un autre Français aurait influencé Däniken selon Wiktor Stoczkowski (Stoczkowski, 1999 : 47‑50) : il s’agit de Robert Charroux, nom de plume de Robert Grugeau. Selon Stoczkowski,

« Si l’on se contente […] de comparer non pas les conceptions globales, mais les arguments invoqués à leur appui, on peut constater que 39 % des preuves avancées par Charroux en 1963 se trouvaient déjà en 1960 chez Pauwels et Bergier. Von Däniken pouvait ensuite nourrir son livre à la fois de Charroux de ceux du Matin des magiciens : en fait, pas moins de 71,8 % des monuments archéologique qu’il mentionne en 1968 ont été précédemment évoqués par Charroux, Pauwels et Bergier ; 36,5 % du nombre total de ses preuves se trouvaient déjà chez les Français. » (Stoczkowski, 1999 : 54)

Robert Charroux s’est intéressé dès 1963 à l’archéologie (Karbovnik, 2014) et à l’« histoire mystérieuse » (Stoczkowski, 1999). Robert Charroux contribua à populariser l’amalgame entre extraterrestres, nazisme et ésotérisme (Stoczkowski, 1999 : 112‑114), bien qu’il ne fût pas ufologue. Son discours était, en effet, influencé par une vision racialiste nordiciste et antisémite (Stoczkowski, 1999, p. 398‑401). Il développe ainsi dans Le Livre des secrets trahis (Charroux, 1964), publié en 1964, l’idée selon laquelle les Aryens porteurs de la « semence quasi divine des hommes venus d’une autre planète » auraient, à partir de l’Hyperborée, porté la culture de par le monde. Il organisera ces thèses racistes dans Le Livre des maîtres du monde, paru en 1967 (Charroux, 1967). Selon lui, les Hyperboréens, ancêtres des « Aryens », c’est-à-dire des Blancs, étaient des extraterrestres originaires de Vénus. Les Hyperboréens seraient devenus, par la suite, les tuteurs des premiers hommes (Goodrick-Clarke, 2002 : 118), donnant implicitement une supériorité civilisationnelle aux peuples blancs sur les autres peuples. Charroux parle aussi fréquemment dans ses ouvrages d’une civilisation extraterrestre dont le mode de vie « ressemble trop aux cités utopiques qui abondent dans l’imaginaire terrien. Elles sont caractérisées par une unicité des concepts. Un seul principe de gouvernement, un seul État, un seul peuple. Ein Volk, Ein Reich, Ein Führer… » (Caudron, 1993 : 180). Selon Nicholas Goodrick-Clarke (Goodrick-Clarke, 2002 : 117)11, les idées de Charroux auraient été influencées par le métaphysicien italien d’extrême droite Julius Evola12. Cependant, nous ne trouvons pas cet antisémitisme et ce racisme chez Däniken et ses disciples, si ce n’est dans sa version édulcorée : celle qui refuse aux civilisations de l’Antiquité de bâtir des constructions complexes sans l’aide d’extraterrestres.

Cette série de documentaires propose donc une archéologie, une histoire alternative à celle des scientifiques et un complotisme diffus qui la situe dans la mouvance du New Age (Introvigne, 2005), forme sécularisée de l’occultisme du début du xxe siècle (Hanegraaff, 1998). Däniken en est d’ailleurs une figure importante. À l’instar de ces occultistes, des new agers et des conspirationnistes, Däniken soutient l’idée de l’existence d’une « science officielle » qui nous cacherait forcément certaines vérités. Il parle d’ailleurs à ce sujet, d’« obstruction » (Däniken, 1978 : 13‑15). De fait, ce milieu baigne dans un conspirationnisme diffus. Les auteurs de ces ouvrages ont pour point commun leur désir de réécrire entièrement l’histoire et de vouer aux gémonies les historiens « officiels », considérés soit comme des imbéciles, soit comme des agents de la désinformation.

4. L’« histoire mystérieuse », une forme de théorie du complot

L’« histoire mystérieuse », dont la théorie des « Anciens Astronautes » est un sous-registre, est une catégorie éditoriale, pseudo-scientifique et complotiste, né dans le sillage du succès du best-seller de Jacques Bergier et Louis Pauwels, Le Matin des magiciens. Ce genre éditorial cherche à trouver des réponses aux évènements mystérieux de l’Histoire et des sciences : civilisations disparues, faits inexpliqués, prouesses techniques de civilisations antiques, extraterrestres, intelligence animale, etc. Les réponses proposées relèvent des élucubrations pseudo-scientifiques, souvent de nature complotiste, allant, évidemment, logiquement, à l’encontre de l’« histoire officielle ». Son aspect conspirationniste se voit dans la permanence de l’idée qu’il y a, selon ses promoteurs, une écriture de l’histoire qui serait « officielle ». Cette idée sous-entend qu’il y a une autre histoire, « secrète », masquée par les instances officielles. Ces instances chercheraient à cacher auprès des opinions publiques différentes choses : des savoirs perdus, souvent pseudo-médicaux ou pseudo-scientifiques, l’existence de bases extraterrestres, ou la présence de ceux-ci sur la face cachée de la Lune, l’initiation des nazis qui auraient maîtrisé des sciences perdues (François 2015), qu’ils auraient récupéré la technologie de soucoupes volantes qui se seraient crashés à Nuremberg (expliquant ainsi à la fois la réussite de leurs campagnes militaires et la technologie des « armes secrètes nazies »), etc. Ce conspirationnisme transparaît dans chaque documentaire de cette série, reprenant la trame narrative du complotisme diffus des livres d’« histoire mystérieuse » des années 1960 et 1970.

Dans les années 1970, le moindre livre écrit par un inconnu sur ces thèmes complotistes et pseudo-historiques se vendait à cinquante mille exemplaires. Cet engouement dura jusqu’à la fin de cette décennie et toucha l’Occident. En France, les collections les plus représentatives de cette littérature ont été « Les énigmes de l’univers » des éditions Robert Laffont, « Les chemins de l’impossible » d’Albin Michel, et « L’aventure mystérieuse » de J’ai lu, éditant des textes originaux et rééditant en format poche des best-sellers de l’occultisme. Ces collections ont rempli durant plusieurs décennies, et remplissent encore, les rayonnages des librairies. Si les collections ont disparu, l’engouement pour « l’histoire mystérieuse » a perduré et les thèmes traités se sont diversifiés, allant de la parapsychologie à l’occultisme nazi, en passant par les mystères historiques et les théories du complot, avec un intérêt fort sur la supposée action des sociétés secrètes sur l’histoire de l’humanité. Ce dernier point est capital pour comprendre les mécanismes psychologiques de cette niche éditoriale : la société secrète et le complot d’instances officielles ne sont jamais très loin et servent, non seulement à combler les « blancs » historiques (c’est-à-dire là où les connaissances sont lacunaires), à élaborer un schéma explicatif cohérent, une ontologie. Il ne faut pas prendre ces thèses « comme une simple addition d’auteurs ou d’ouvrages isolés, mais comme la résultante […] d’une démarche agrégative qui développe ses propres références et s’attache à proposer une historiographie parallèle à celle de l’université » (Dard, 2012 : 68). En effet, ces auteurs ont élaboré un savoir, alternatif, hors du champ normatif de l’Université : nous sommes en présence d’auteurs autodidactes qui se définissent comme des « chercheurs indépendants »13, l’Université étant, dans leur esprit, forcément suspecte : « Cette prose traduit la permanence d’une contre-culture en marge du savoir universitaire, contre-culture qui construit sa légitimité non seulement sur le “mystérieux”, l’“invisible” et le “secret”, mais aussi sur la suspicion et un hyper-criticisme qui n’ont d’autres fonctions que de déconstruire des savoirs académiques au profit d’une “autre histoire”. » (Dard, 2012 : 69)

Cette « autre histoire » est également proposée par Alien Theory. Comme ses références des années 1970, elle baigne donc dans l’occultisme et dans un conspirationnisme diffus. Ainsi, sans tendre vers l’exhaustivité (il y a 104 émissions), nous apprenons au gré des émissions que les nazis avaient à la fois des armes provenant de technologie extraterrestres (émission 05 de la saison 02) et recherchaient des armes magiques (émission 03 de la saison 03) ; que les anges existent et sont des entités venant soit d’un autre monde, soit d’une autre dimension ; que les autorités des différents États nous cachent la présence extraterrestre sur terre (émission 03 de la saison 04, émission 05 de a saison 04, émission 02 de la saison 08) ; que les extraterrestres auraient aidé les différents prophètes religieux (émission 10 de la saison 02), mais qu’ils bouleversent le climat, provoquent des guerres pour nous contrôler (émission 09 saison 02), des épidémies (émission 07 de la saison 03) ou des tremblements de terre (émission 04 de la saison 04) ; que les chefs-nés et les monarques ont du sang extraterrestres (émission 14 de la saison 05) ; etc. La trame de toutes ces émissions peut être résumée de la façon suivante : nous sommes nés de manipulations génétiques ; les extraterrestres veulent parfois nous détruire et parfois nous aider ; nous avons perdu un savoir mystique et technologique ; l’intuition et la foi sont plus importantes que l’esprit cartésien ; il existe un monde mystique ; on nous cache la vérité.

Cette série de documentaire est donc à la fois une profession de foi irrationaliste et antiscientifique et un vecteur de diffusion d’un conspirationnisme diffus. De ce fait, la présence parmi les intervenants de créationnistes n’est guère étonnante, d’autant qu’une émission s’est penchée sur les galets d’Ica, au Pérou, qui montreraient la vie d’humains auprès de dinosaures, ainsi que les connaissances pointues de cette civilisation d’il y a 10 millions d’années (émission 10 de la saison 04). Ces « preuves » cherchent implicitement à « prouver » le supposé non-sens de la théorie de l’évolution. De ce fait, elles sont mises en avant par les créationnistes, qui partagent le rejet de la théorie de l’évolution des espèces avec les adeptes de la théorie des « Anciens Astronautes » (Le Quellec, 2009 : 45‑47). Évidemment, ces pierres sont des faux archéologiques (Le Quellec, 2009 : 201‑211).

Ces thèses sont éminemment sympathiques pour faires des scénarios (de films, de bédés, de jeux, etc.)14, mais il faut les laisser à leur place, dans le registre de l’imaginaire et du fantastique. Leur nouvel essor, via cette série de documentaires, montre deux choses à l’observateur : premièrement, les occidentaux ne sont plus capables de comprendre leurs mythes et leurs symboliques religieuses ; deuxièmement, que ce type de discours n’est en rien scientifique mais relève de l’héritage du discours occultiste. Il s’agit de « contre-savoirs dont l’aberration scientifique ne saurait dissimuler la cohérence interne » (Dard, 2012 : 69). Une fois cela dit, il faut les étudier, comprendre leurs mécanismes, sans pour autant sombrer dans le mépris, en particulier de la part d’universitaires. Wiktor Stoczkowski a bien montré cette attitude dans un article intitulé « Rires d’ethnologues » (Stoczkowski, 2001)15. Selon lui,

« L’ignorance, la stupidité, la folie, l’archaïsme, l’infirmité logique, sont les instances para-explicatives couramment évoquées dans la très riche littérature produite par les debunkers (démystificateurs), lesquels, acceptant avec une aimable tolérance l’altérité conceptuelle en dehors de l’Occident, tiennent à lui livrer dans leur propre culture une bataille acharnée, au nom de la défense de la raison. » (Stoczkowski, 2001 : 107).

Il est donc nécessaire de déconstruire, d’analyser objectivement ces théories afin de ne pas rester « désarmé », pour reprendre un terme de Wiktor Stoczkowski (Stoczkowski, 1999 : 408), face à leur essor.

1 Pour le domaine anglo-saxon, cette niche éditoriale est analysée et critiquée par le journaliste et essayiste Jason Colavito. Voir son site : http://www.jasoncolavito.com/. Il a écrit plusieurs ouvrages déconstruisant ces thèses, disponibles sur son site, en impression à la demande : http://www.jasoncolavito.com/studies-in-ancient-astronautics-series.html.

2 L’épisode 5 de la saison 5, « Le cas von Däniken », 2014.

3 Comme les livres importants d’Erich von Däniken ont été traduits en français, nous utiliserons et citerons les versions françaises.

4 Selon son sens le plus récent, le « néo-évhémérisme » postule donc l’action des extraterrestres dans l’histoire humaine. Cette acception a été proposée par le sociologue Jean-Bruno Renard, avant d’être consacrée par l’usage (Renard, 1980).

5 Stéphane François, « L’“histoire mystérieuse” comme champ d’investissement de l’extrême droite. Exemples de quelques auteurs français », Politica Hermetica, n° 28, 2014, pp. 70-84.

6 Kevin Burns est un réalisateur, producteur et scénariste de documentaires.

7 Richard Hofstadter a décortiqué le processus de la théorie du complot en montrant comment le raisonnement suit une ligne pertinente, rigoureuse, documentée, et comment à un moment donné, s’effectue un « saut poétique » qui propulse les conclusions dans des directions inattendues, irrationnelles.

8 Outre cet ouvrage, il a publié en France : Retour aux étoiles : arguments pour l’impossible (1970) ; Le monde fabuleux des grandes énigmes (1974) ; L’Or des dieux : les extraterrestres parmi nous (1974) ; Le Livre des apparitions (1975) ; Mes preuves. Cinq continents témoignent (1978) ; Preuves des civilisations extra-terrestres (1987).

9 Il y a visiblement une confusion chez Däniken. Les Nephilim sont le fruit de l’amour des « enfants de Dieu » avec les hommes et non les « enfants de Dieu ».

10 C’est le cas chez Robert Charroux (Stoczkowski, 1999 : 398-401) et chez Jacques de Mahieu (François, 2012 : 123-132).

11 Contrairement à ce qu’écrit Nicholas Goodrick-Clarke, Robert Charroux n’a pas été ministre de la Culture sous Vichy. À cette époque, il n’était qu’un simple employé des Postes.

12 Aristocrate, artiste, métaphysicien et théoricien d’extrême droite italien né à Rome en 1898 et mort en 1974. Sur Evola (Boutin, 1992).

13 Sur les 79 intervenants réguliers d’Alien Theory, seuls 11 sont universitaires.

14 Parmi les films inspirés de la théorie des Anciens Astronautes, deux sortent du lot par leur succès et par la qualité de leur scénario : Stargate (1994) et Prometheus (2012). Le dernier opus des Indiana Jones (Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal (2008)) traite indirectement du même thème, mais il est moins convaincant.

15 Voir aussi Jean-Marie Brohm, Anthropologie de l’étrange. Énigmes, mystères, réalités insolites, Cabris, Sulliver, 2010.

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Däniken E von (1974), L’Or des dieux : les extraterrestres parmi nous, Paris : Robert Laffont.

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