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Cahiers de Psychologie Politique

Le temps présent fait appel à l’innovation, l’ouverture de mondes fragmentés par les excès des micro-expériences et des théories hypertrophiées. Voilà pourquoi notre récente participation au colloque  « Activités et affects » (à l’Université de Belo Horizonte (Brésil) organisé en mai 2008 par Mme le Professeur Vanessa Andrade de Barrios et ses collègues, nous apporte la preuve qu’une autre forme de lier la pensée universitaire à la pratique sociale est non seulement possible, mais indispensable avec enthousiasme et « don de soi ». C’est  l’effort à mettre en œuvre pour sortir des vieux clivages méthodologiques, qui ont imposé aux Sciences humaines et sociales (SHS) une méthodologie monochromatique issue des sciences naturelles. Il s’agit en revanche de revenir à une épistémologie compréhensive et à la recherche active d’une approche où la raison n’est pas dissociée de l’affectivité, l’émotion de l’intelligence, la pensée de la réalité et des devoirs de solidarité sociale, l’étude de la politique réelle. En somme : faire une SHS au sens de la Politeia républicaine à l’ancienne.

Ce numéro des CPP que j’ai le plaisir de présenter est riche par sa diversité. Il est en même temps une manière de rendre possible la transdisciplinarité et de permettre à ceux qui se croisent dans les couloirs des Universités  – presque sans se parler -  de se reconnaître dans un même esprit de dialogue. Voilà la vocation des Cahiers de psychologie politique : unir ce qui est épars sans escamoter les différences. C’est une belle  tâche. Modeste, car  nécessairement limitée. Utile, sans doute, parce qu’elle exprime un acte de résistance à l’uniformisation des méthodes dans un monde qui se globalise pour devenir de plus en plus clos.

Nous avons le plaisir, enfin, d’accueillir dans ce numéro un ensemble bariolé de textes divers dans la forme et le contenu. Certains sont « venus d’ailleurs » tandis que d’autres restent dans le cadre de nos références canoniques. La confluence des uns et des autres ne peut que répondre positivement au besoin de ré-habiliter la vocation première des sciences humaines et sociales : réfléchir à la société et à l’humain, pour sortir du labyrinthe de la technique utilitariste. D’où l’introduction au débat sur le rôle réducteur et malsain des revues à prétention scientifique qui font des « expertises » des tours d’ivoire de plus en plus éloignées de l’universel concret et de la liberté de pensée.

         Le dossier sur le « Chef charismatique » qui s’est tenu à l’Université de Caen en avril dernier est aussi une réponse au besoin d’articuler les vues et les dires de disciples qui parlent de moins en moins et s’évadent des problèmes contingents.

La Martinière, Juillet 2008


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