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Cahiers de Psychologie Politique

La situation de crise est l’exception, l’apparition d’une menace à l’équilibre existant. Les processus de régulations habituels se trouvent soudain pris en défaut par une situation d’incertitude, peu ou pas contrôlable, et menaçante. Comment dans cette situation, l’individu peut-il réagir, comment peut-il restaurer un équilibre satisfaisant ? Ces régulations individuelles ont-elles un impact sur les régulations sociales et de quelles manières interagissent-elles ? Le recourt à certains types d’idéologie est-il explicables par des facteurs psychologiques ? Les recherches existantes nous permettent d’avoir une idée des réponses à ces différentes questions, en particulier à travers les recherches liées à la polarisation et l’extrémisation des attitudes et au basculement vers des idéologies de droite plus ou moins autoritaires. Nous verrons ici d’une part comment relier ces aspects de psychologies individuelles et l’aspect idéologique de nos régulations, et d’autre part comment ces liens prennent une valeur particulière en situation de crise.  Des éléments de politique récente seront discutés à l’aune de cette revue de littérature.

The situation of crisis is an exception, an outbreak of threat in the existing state. Usual regulating processes are suddenly not sufficient facing uncertainty, uncontrollability and threat. How in such situation, will individual react, and how can he restore a satisfying state? Have those individual regulations an impact on social regulation and in which way do they interact? Is the use of certain kind of ideology explainable by psychological factors? Existing researches give us some answers to this different questions, particularly trough the study of attitudes polarization and extremization and the study of the switch to right wing, more or less link to authoritarianism ideology. We will overlook here first how individual psychological aspects can be related to the ideological part of our regulation and second, how those links are modified in a situation of crisis. Current political exemples are discussed regarding this literature overview.

La structure de la crise.

Terrorisme, crise financière, crise alimentaire, notre époque ne manque pas de ces évènements et période, partiellement appuyés par les progrès technologiques considérables des cent dernières années et largement mises en résonance par un système médiatique immédiat et permanent qui peut nous confronter heure par heure à l’évolution d’une situation problématique. Cette « amplification sociale » des risques (Pidgeon, Kasperson, & Slovic, 2003), autant que la perception d’une insécurité sans rapport avec les risques réels (Glassner, 1999), produit une situation qui génère en premier lieu des peurs et des angoisses dans la mesure où nous n’avons, en tant, qu’individu qu’un très faible niveau de contrôle perçu sur ce type d’évènements. Les crises elles-mêmes peuvent se construire sur une représentation médiatique de notre environnement, sans que cette représentation soit en rapport avec des réalités vérifiables et rationnelles (Altheide, 2002). Notre environnement, tellement complexe, et plus ses limites se détendent, plus il se mondialise, puis il est complexe, oblige chacun à un tri, un classement, une clarification des éléments constitutifs, une catégorisation des parties significatives et signifiantes dans l’immense masse d’informations sociales auxquelles nous sommes confrontés. Cette nécessité de clarification devient d’autant plus importante que nous nous trouvons dans une situation de menace produite par une crise particulière. Nous avons proposé que la situation de crise, que nous considérons comme une situation menace, constitue ce qui peut être appelé un système disruptif (Arciszewski, 2008). Il se caractérise par une situation de faible régulation perçue, d’apparition de peurs, d’accroissement des incertitudes, et perception de la possibilité d’une perte matérielle ou non, réelle ou symbolique. Ces périodes, évènements ou moments particuliers produisent la nécessité d’une inter-régulation individuelle et collective. Nous en avons déjà montré la confluence d’un grand nombre de dimensions individuelles à l’aune de la psychologie existentielle : création de sens et lutte contre l’angoisse de mort (Arciszewski, 2008). Cet article s’intéresse aux régulations politiques et sociétales en tant qu’elles sont issues de motivations psychologiques, plus précisément des liens entre des processus individuels, épistémologiques et existentiels, et des processus collectifs. Plus particulièrement, nous nous attacherons à voir comment la situation de crise peut être reliée à des idéologies plus structurantes, généralement en rapport avec des attitudes de droite, et parfois liées à l’autoritarisme.

Psychologie des attitudes politiques

Jost et ses collègues dans une intéressante méta-analyse (J. T. Jost, J. Glaser, A. W. Kruglanski, & F. Sulloway, 2003) ont synthétisé une partie de ce travail de compréhension des relations entre les dimensions individuelles et les idéologies politiques dans une méta-analyse qui a produit de vives réactions. L’ambiguïté, des incertitudes, des peurs, une instabilité du système, un manque d’ordre, de structure, autant de variables psychologiques qui sont directement en relation avec le conservatisme et l’idéologie de droite plus qu’avec tout autre idéologie (J. T. Jost, J. Glaser, A. W. Kruglanski, & F. J. Sulloway, 2003). Les réticences à la compréhension de cette analyse ont également été virulentes autant d’un point de vu épistémologique (Greenberg & Jonas, 2003) que d’un point de vu strictement politique1. La réponse de Greenberg et Jonas (2003), a enrichi le débat en suggérant qu’il était nécessaire de détacher les valeurs tendanciellement de droite, pour considérer que les régulations étaient plus liées au recourt à l’idéologie préexistante chez l’individu (de droite ou de gauche, ) qu’au recourt à une idéologie spécifiquement de droite et/ou de type autoritaire. Plus clairement, les gens en situation de crise tendent à « crisper » leurs positions idéologiques, voire à les extrémiser, quelle que soit leur valence.  Les réponses de Jost et ses collègues montrent que le phénomène est plus complexe. Si nous résumons ici leurs analyses, il existe un certain nombre de facteurs psychologiques qui conduisent plus probablement que les autres au choix de valeurs de droite et à l’autoritarisme, ce qu’ils appellent de manière générique le conservatisme politique. Leur modèle procède d’une jonction entre des stimulus environnementaux (peur, menace et incertitude) et un conservatisme politique modulé par les motivations épistémiques (dogmatisme, éviter l’incertitude, besoin d’ordre, de structure ou de clôture), des motivations existentielles (estime de soi, peur de la perte) et des motivations idéologiques (justification du système, domination d’un groupe etc…). Jost développe plus précisément la théorie de la justification du système qui participe du modèle proposé par la méta-analyse. La théorie de la justification du système (Pour une revue, voir Jost, Banaji, & Nosek, 2004) postule que les individus ont tendance à préférer trouver des raisons aux injustices et déséquilibres d’un système plutôt que de le remettre en cause. Cette tendance est d’autant plus forte que les individus sont dogmatiques et que la situation est menaçante. Un autre modèle, celui de la dominance sociale (Sidanius & Pratto, 1999), explique que le jugement sur les autres groupes suit une logique de pérennisation des dominations existantes. Si un groupe est dominé ou dominant, c’est qu’il a de bonnes raisons de l’être. Là encore, en situation de crise, les individus jugent plus souvent la répartition des dominances sociales comme normale.

Globalement le continuum droite-gauche semble être en partie expliqué par deux facteurs. Le premier est le dogmatisme, soit le rapport à un système idéologique normé dans lequel l’individu se reconnaît, un système d’organisation du monde qui présente des similarités structurelles à droite. Il repose cependant sur des valeurs différentes ainsi que des caractéristiques psychologiques différentes : tandis qu’à droite, les individus paraissent plus intolérants à l’ambiguïté et à l’incertitude, plus sensibles à l’instabilité sociale et à la menace, à gauche, ils se révèlent plus désorganisés, indécis et portés sur ambiguïté. Le deuxième facteur est lié au contrôle sur l’environnement, sa clarification et son organisation. Ce facteur explique essentiellement les valeurs et idées de droite et ne se recoupe avec l’extrémisme idéologique (Jost, et al., 2007). Il ne s’agit bien évidemment pas là de réduire les choix politiques à quelques déterminants simples, ni non plus de produire une causalité excessivement arrêtée, mais uniquement d’indiquer des facteurs psychologiques qui conduisent à certaines préférences dans les attitudes et les valeurs, particulièrement saillantes en temps de crise.

Les idéologies politiques contre les menaces produites par les crises

Nous avons un besoin très fort de structurer notre monde social (Landau, et al., 2004). Nous ne pouvons également nier la nécessité que chacun de nous à organiser et donner un sens au monde et à la place que nous y occupons (Heine, Proulx, & Vohs, 2006). Structure, organisation et sens reflètent des besoins essentiels et sont naturellement sujets à des variations lorsque l’environnement change, lorsque le monde change. Rokeach (Rokeach, 1960) avait avancé, dans sa théorie des systèmes de croyance, que l’organisation et la menace étaient les deux besoins fondamentaux auxquels ces sytèmes répondaient : « It is therefore assumed that all belief-disbelief systems serve two powerful and conflicting sets of motives at the same time: the need for a cognitive framework to know and to understand and the need to ward off threatening aspects of reality” (p 67).

Les chercheurs se sont alors interrogés si ces situations pouvaient avec des conséquences, nous seulement sur l’individu, mais également, et en conséquence, sur les attitudes politiques et sociales. Sales (Sales, 1973) a été le premier à tenter de comprendre ce lien en se concentrant sur l’effet de la menace sur l’autoritarisme (Adorno, Frenkel-Brunswick, & Levinson, 1950), mesure d’une forme d’idéologie de droite (Pour une revue, voir Deconchy & Dru, 2007). Les données mesurées selon différentes méthodes étaient, en référence à la théorie d’Adorno, la force du pouvoir, le cynisme, la superstition, la soumission autoritaire, l’anti-introspection, l’agressivité autoritaire et le manque de permissivité sexuelle. Dans tous les cas, et pour les mesures choisies, les valeurs augmentaient, en respect des méthodes et choix de l’auteur, entre les deux périodes de référence (pavant et pendant la crise de 1929 pour l’étude 1, et 1959-1954 comparée à 1967-1970 dans l’étude 2). Avec d’autres méthodes et d’autres ancrages théoriques, des études plus récentes ont observé des effets de même nature. Par exemple, une situation de crise tend à renforcer les punitions potentiellement infligées aux actes déviants et contrevenants, autrement dit à renforcer l’ordre social. Fischer et ses collègues ont ainsi montré que la remise en mémoire d’actes terroristes augmentait les amendes pour infractions routières infligées par les participants à l’étude (Fischer, Greitemeyer, Kastenmüller, Jonas, & Frey, 2006). Cette même situation de crise, particulièrement lorsque ces causes échappent aux citoyens, donne aux individus un sentiment d’absence de contrôle. Récemment Kay, Gaucher, Napier, Callan et Laurin (2008) ont montré que la faiblesse du contrôle individuel perçu était fortement en relation avec la recherche d’un contrôle issu de la croyance en un Dieu régulateur (plutôt qu’à un Dieu créateur) ou d’un contrôle fort du gouvernement. Ces deux stratégies aboutissent à une augmentation des perceptions illusoires du contrôle individuel.

Un autre système de régulation, peut-être un des plus anciens ou archaïques, qui se met en place dans un système de crise, en témoignent les paroles rapportées par les médias lors de catastrophes naturelles (« je n’ai jamais vu une telle solidarité »), est le système grégaire, le besoin d’appartenance à un groupe. L’être humain, lorsqu’il se sent menacé, reconstitue ses groupes sociaux les plus disponibles et les liens qui les constituent. Que ce soit lorsque les individus ont peur de la mort (Renkema, Stapel, & Van Yperen, 2008), ou qu’ils sont dans une situation de menace de l’identité de leur groupe (Florack, Piontkowski, Rohmann, Balzer, & Perzig, 2003), face à une catastrophe (Hodson, Esses, Dovidio, Kimmel, & Stout, 2006; Moskalenko, McCauley, & Rozin, 2006), ils tendent à se recentrer sur leur groupe d’appartenance, sur ses idéologies et à rejeter l’autre. Pyszczynski et ses collègues ont montré comment la peur de la mort, probablement la peur en général, qui était née dans la crise suivant les attentats du 11 septembre, avait provoqué des modifications dans les comportements des gens : intensification de la question du sens, de l’identité et des valeurs, augmentation du patriotisme et sentiment national, intensification des croyances religieuses (voir également S. J. H. McCann, 1999),  suppression de la dissidence (Pyszczynski, Solomon, & Greenberg, 2003). D’autres études ont également montré que quelles que fussent leurs opinions politiques avant le 11 septembre, les individus ont eu tendance à décaler leurs opinions vers la droite pour leur vertu structurante (Bonanno & Jost, 2006).

Sur un plan historique, l’étude de Théodore Abel (1966) offre un éclairage de cette situation en proposant une lecture de lettres issues de toutes les couches de la population allemande d’avant guerre. Il y décrit ainsi comment Hitler a joué de la crise Allemande en créant un climat de peur de l’avenir et comme il a reformé le groupe, la nation, proposé de renouer avec une « identité allemande » en tant qu’organisatrice du monde en opposition aux autres et en stigmatisation certains groupes supposés à l’origine des menaces, justifiant ainsi ce qui allait suivre. Le succès d’un leader charismatique est ainsi très corrélé avec la menace et la crise. McCann a par exemple montré que dans l’histoire présidentielle américaine, les périodes de crises  (d'après son index S.-J. H. McCann, 1998; S. J. McCann & Stewin, 1990) étaient associées à des victoires plus importantes de Présidents perçus comme fort et avec du pouvoir (S. J. H. McCann, 1997b), et, suivant les hypothèses de Weber (1971/2003), avec l’élection de présidents charismatiques (S. J. H. McCann, 1997a). Ceci répond à un besoin psychologique de réponse à la menace puisque la peur de la mort suffit pour faire augmenter la préférence pour ce type de leader (Cohen, Solomon, Maxfield, Pyszczynski, & Greenberg, 2004). La menace et les peurs qui jaillissent de la crise sont une source importante d’argument de gouvernance et les conséquences généralement un retour à plus d’autorité « morale », plus de contrôle institutionnel, et un renforcement des liens à l’identité nationale (Arciszewski, 2004; Reicher & Hopkins, 2001). Les liens avec la rhétorique populiste deviennent sous cet angle également évidents (Dorna, 1999; Herman, 2003).

Regard sur la politique contemporaine

Évidemment, les dimensions psychologiques ne recouvrent pas la complexité du champ politique, évidemment de telles recherches suscitent des interrogations, des controverses et des réticences. Pour autant la recherche des fondements individuels de nos valeurs, nos idées et nos attitudes apporte un éclairage particulier à la compréhension du champ politique. Ainsi, certains individus sont plus portés que d’autre à adopter certaines attitudes et cette tendance s’accentue en situation de crise. Si nous observons notre époque, nous pouvons sans trop nous tromper affirmer qu’un certain nombre de menaces ont parcourues ces dernières années : crise de la vache folle, terrorisme, l’insécurité urbaine, au chômage, à la crise économique, guerre et instabilités géopolitiques chroniques (pour un point de vue sur le conflit israelo-palestinien, voir Bar-Tal, 1998, 2000), accidents technologiques (explosion de l’usine AZF pour un exemple récent) et incertitudes scientifiques (OGM par exemple). Nous avons vu le gouvernement américain s’appuyer littéralement sur la problématique de la crise d’après 11 septembre, justifiant guerres et Patriot Act, et sept ans après, lorsque George Bush soutient le candidat de son camp, le sénateur McCain, après deux mandats successifs basés sur cette stratégie, il le fait en évoquant les attentats du 11 septembre.

Nous avons observé également se développer les problématiques liées aux identités nationales en Europe (nous pourrions évoquer sur ce point les discussions relatives à l’entrée de la Turquie en Europe) mais également à la recherche d’identité plus locale comme en témoigne le retour des cultures régionales. Les droites européennes accumulent les succès électoraux, offrant semble-t-il de meilleures perspectives de régulation aux citoyens. Plus que jamais les processus d’intégration et d’immigrations sont remis en question, attaqué de toutes parts et formant la base du regain de puissance des extrêmes, particulièrement les extrêmes droites : Vlamms Belang en Belgique, Front National en France (jusqu’à atteindre comme nous le savons, le deuxième tour d’une élection présidentielle), FPÖ en Autriche (qui a été au pouvoir), NPD en Allemagne ou la liste de Pym Fortuyn aux Pays-Bas pour ne prendre que les plus connus. Autant d’éléments qui suggèrent que les modèles proposés ici et qui font un lien entre la perception de menace, l’impact des crises, l’incertitude du monde sur la recherche de régulation externe politique tendanciellement ancrée à la fois dans le conservatisme, le pragmatisme et l’autoritarisme, peuvent apporter un regard pertinent sur les choix politiques. La question qui demeure est de savoir pourquoi l’individu au milieu d’une crise, d’un système disruptif, choisit de se trouver vers des processus normatifs, vers des choses qu’ils connaissent, vers les siens plutôt que vers les autres. La raison pourrait bien être qu’il existe un besoin essentiel chez l’être humain, et que ce besoin est, comme l’avait suggéré Camus (1942), un besoin de clarté ou de clarification.  Ce désir est d’autant plus fort que l’incertitude, l’ambiguïté et la peur augmentent. La crise est alors ce moment pendant lequel nous avons tendance à nous fermer à la nouveauté, à nous conformer, à regretter le passé qui fonctionnait si bien, à rejeter ceux qui ne vivent pas comme nous.

Mais la crise est aussi un moment de changement, de transformation qui demande un important effort de reconstruction de la part des individus et des sociétés. La régulation d’un système disruptif est, certes, plus simple par la recherche de l’existant, l’activation des catégories connues et la réduction de notre monde jusqu’à son intelligibilité. Rien n’empêche pourtant de supposer que, si à ce moment se présente un leader suffisamment charismatique, il ne puisse avoir la capacité de proposer et de faire accepter de nouvelles catégories et de nouvelles normes sur lesquelles appuyer une transformation qui redessinera les contours de la crise sous un jour plus acceptable. Peut-être d’ailleurs a-t-on assisté à quelque chose de la sorte, à un bouleversement des règles, à un changement de norme avec l’élection d’un président américain noir ?

1  La réaction de certains éditorialistes et blogueurs a provoqué une réaction des auteurs dans le Washington Post du 28 août 2003 (page A27), les critiques se concentrant sur l’idée que le propose initial était de pathologiser les personnes qui déclaraient des idées de droite.

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