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Cahiers de Psychologie Politique

Numéro 33 : numéro 33 - Juillet 2018

N° 33 / 2018

numéro 33 - Juillet 2018

Alain Deniau, Alexandre Dorna, Pierre-Antoine Pontoizeau

Anselmo Sule un...

Anselmo Sule, un chileno ejemplar

Miguel León Prado

 

Néoténie technique éthique...

Néoténie, technique, éthique

Jacques Demorgon

VARIA

La présentation mythique de la « néoténie » est chez Platon. Elle est déjà liée à la technique. Epiméthée a créé l’humain en oubliant de lui donner les moyens de sa survie. Prométhée va réparer cet oubli. Volant le feu aux Dieux, il le donne aux hommes. Tout un univers technique se profile. Les humains échappent aux menaces animales. Autour d’un « foyer » ils inventent la vie commune et ses lois.

 

 

La raison totalitaire...

La raison totalitaire et morbide

Pierre-Antoine Pontoizeau

VARIA

Alors qu’on parle de terroriste qui sème la terreur, il est intéressant de chercher à comprendre ce qui préside à une psychologie de la terreur, sans doute à l’origine d’une culture politique de la terreur. La terreur politique n’a-t-elle pas pour origine une logique idéologique totalitaire qui interdit toute altérité ? Cette logique n’a-t-elle pas des motivations psychologiques jusqu’à exprimer une pathologie de la réification de l’autre autorisant toute sorte d’action, de manipulation ou de destruction ? Cette inhumanité totalitaire n’est-elle pas le résultat d’une obsédante pratique de la répétition et de la concentration manifestant une raison morbide ? Et cette raison totalitaire et morbide a-t-elle alors une alternative dans une écologie des pathologies, soit l’organisation de la pluralité pour qu’aucune psychologie particulière ne conduise à une domination totalitaire ? Voilà notre chemin, pour que nous regardions comme Clémenceau les dérives d’une civilisation scientifique.

 

A propos de...

A propos de Masse et puissance d’Elias Canetti

Jeanine Mudryk-Cros

VARIA

Commenter ici, l’ouvrage d’un auteur classé dans la catégorie « littérature » est inhabituel ; ce sera, pourtant, le cas de « Masse et Puissance », publié en 1960 et considéré comme majeur dans l’œuvre d’Elias Canetti, Prix Nobel de Littérature en 1981. Le titre en anglais est « Crowds and Power » alors que « Masse » est au singulier en français. Cet ouvrage se distingue de l’ensemble des autres écrits de cet auteur parce qu’il se présente comme un vaste essai, s’appuyant implicitement sur l’ontologie et l’anthropologie, pour éclairer une observation complexe : la prédilection humaine spontanée, réflexe, pour la masse, pour « faire masse ». Ainsi, au fil des pages, il met à jour des séquences de la vie humaine, en apparence banales, dans le but d’attirer l’attention sur la propension, se présentant comme une nécessité impérieuse, vitale même bien qu’inconsciente, pour l’homme, à se regrouper dans un « corps à corps » dans l’unité d’un seul corps, en cherchant à « faire masse ».

 

Capharnaüm Essai sur...

Capharnaüm. Essai sur la communication politique non violente

Boris Libois

VARIA

En réponse à la question « Qu’est-ce qu’une politique de l’inconscient ? » je m’interroge sur les médiations rationnelles que nous pouvons proposer à l’âme du monde afin qu’elle s’accomplisse ici-bas. M’appuyant sur la pensée de Charles Sanders Peirce, Carl Gustav Jung et Jürgen Habermas, je propose un concept normatif mais non idéaliste de communication politique non violente.

 

De verdad vive...

De verdad vive Puebla (Méx) una subjetividad postindustrial?

Abraham Quiroz Palacios

VARIA

A raíz de las transformaciones, inducidas o impuestas, que ha experimentado la economía mexicana después de la segunda postguerra y, particularmente, a partir de la prevalencia de la forma neoliberal globalizada, muchos intelectuales se han ocupado de los cambios que, como efectos o correlativamente a aquellos procesos, se dan en el campo subjetivo, tanto de los trabajadores, como de la población en su conjunto.
Aluden, en términos comparativos, a las relaciones sociales propias de cada una de las etapas del capitalismo industrial y postindustrial: el Taylorismo, el Fordismo, el Toyotismo y el Postoyotismo, etapas que sin cambiar de esencia, difieren en el tipo de psicología que aplican para incrementar la productividad, mantener la subsunción del trabajo al capital y lograr que los operarios, como los bueyes de mi compadre, estén tan a gusto con la subjetividad implantada por la empresa que hasta las coyundas son capaces de lamer; eso con independencia, o incluso con la anuencia, de sus sindicatos, que también han venido mutando–perdiendo, éstos sí, su esencia- de acuerdo con el desarrollo del capitalismo.
Si damos por sentado que esta nueva subjetivación se observa en el mundo de las grandes empresas, la pregunta central que surge es si esa subsunción del trabajo al capital, en sus formas subjetivas, es decir, de nueva identidad, valores morales y afectos, es también extensible -y si lo es, en qué medida- al resto de la sociedad.
La técnica de la entrevista, aplicada a una muestra de trabajadores y personas que habitan en la ciudad de Puebla, conocida ésta como polo de desarrollo industrial, con empresas ultramodernas que aplican una filosofía toyotista, nos permitirá dar respuesta a nuestra pregunta.

 

De l...

De « l’absence » à « la présence » au soin : un levier de grande efficacité à savoir retrouver

Vincent Fouques Duparc

VARIA

 

La psychologie politique est par nature au cœur de la vision qu’il est urgent de savoir revisiter dans le cadre des orientations stratégiques à venir en « politique de santé ». Il y a, en effet, un véritable enjeu de psychologie politique à savoir mieux penser notre rapport à la santé, à l’homme et à la politique de santé en tant que telle. En effet, la santé est un enjeu politique majeur du fait de la conception qu’on veut bien lui donner, avec ses influences immédiates sur la pratique médicale qui reflète alors une conception de l’homme, une anthropologie bien identifiée et donc pour le moins un projet politique faute d’une réelle vision.

 

Des questions nouvelles...

Des questions nouvelles

Alain Deniau, Alexandre Dorna, Pierre-Antoine Pontoizeau

 

Enjeux et limites...

Enjeux et limites des modèles

Frédéric Patras

DOSSIER : QUANTIFICATION ET QUANTITE

Jusqu'où est-il possible de donner une modélisation mathématique du réel, et de lui faire confiance ? Jusqu'où est-il possible de quantifier le réel – physique ou social – et quelle valeur scientifique, sociale et éthique donner à cette quantification ?

 

La quantophrénie comme...

La quantophrénie comme argument de résistance à l’évaluation

Marie-Hélène L’Heureux, Steve Jacob

DOSSIER : QUANTIFICATION ET QUANTITE

L’évaluation peut générer des manifestations de résistance de la part des parties prenantes impliquées. Ce phénomène a été documenté depuis plusieurs années et ses sources ont été identifiées au niveau individuel, contextuel et du processus d’évaluation en soi. La résistance peut être associée à une anticipation, réelle ou perçue, des conséquences négatives du processus d’évaluation. La résistance à l’évaluation peut se produire aux différentes étapes d’un processus d’évaluation. Dans cet article, nous nous penchons sur les arguments de résistance à l’évaluation guidés par une perspective de « quantophrénie » de la démarche évaluative. Nous analysons un échantillon d’articles caractérisés par une posture normative et une critique directe négative face à l’évaluation. Le cas de la France est utilisé. Les résultats de l’analyse mettent de l’avant des arguments de résistance à l’évaluation orientés par une représentation particulière de la pratique de l’évaluation. Cette représentation a des implications sur la légitimité perçue de l’évaluation et l’anticipation de ses effets.

 

La psychologie de...

La psychologie de la quantité et l’avenir de la pensée occidentale

Pierre-Antoine Pontoizeau

DOSSIER : QUANTIFICATION ET QUANTITE

La remise en cause de la vérité exclusive des nombres serait une condition de survie de l’humanité et d’inauguration d’une nouvelle ère de la pensée occidentale. Interroger la quantification et le quantificateur dans l’extension de leur règne dans la société occidentale revient à contester un pilier de nos propres croyances collectives dans leur intimité philosophique et psychologique. Cet article propose de faire cet effort de vacillement nécessaire à la contestation des évidences et des arrière-plans qui interdisent encore aujourd’hui de penser ou critiquer le règne de la quantité. Il en étudie les ressorts scientifiques et psychologiques qui président au monopole de la quantification dont la méthode envahit toutes les sciences. Une première critique interne de type épistémologique doit acter la crise de légitimité avant de poursuivre par une analyse psychologique pour en comprendre quelques ressorts dans la société occidentale.

 

Quantification par big...

Quantification par big data et apprentissage automatique en médecine personnalisée : l’épistémologie au croisement des enjeux scientifiques, socio-politiques et éthiques ?

Mathieu Guillermin

DOSSIER : QUANTIFICATION ET QUANTITE

Cette contribution visera à mettre en évidence l’influence de la dimension épistémologique (qu’est-ce qu’une bonne procédure d’investigation ? Quels en sont les critères de rationalité ? Etc.) sur les enjeux socio-politiques et éthiques associés à la mise en œuvre de techniques de quantification automatique par le big data et l’intelligence artificielle (l’apprentissage automatique) pour l’aide à l’investigation scientifique et à la prise de décision. Je m’appuierai sur l’étude du cas de la médecine personnalisée qui combine séquençage moléculaire à haut débit et techniques IA de traitement de grands ensembles de données pour aborder l’état médical des patients par une quantification moléculaire individualisée. Je montrerai les implications éthiques d’une compréhension de la notion d’investigation rationnelle basée sur la prescription de neutralité (afin d’atteindre une conception absolument objective du problème étudié). Je proposerai ensuite une approche alternative à partir des travaux d’inspiration pragmatiste du philosophe américain Hilary Putnam.

 

L évaluation chiffrée...

L’évaluation chiffrée : une fiction au travail

Eve Lamendour

DOSSIER : QUANTIFICATION ET QUANTITE

Le recours à l’évaluation chiffrée dans les entreprises privées comme dans le secteur public s’est accéléré avec la montée de la normalisation. Deux facteurs essentiels ont joué dans ce phénomène : d’une part, le déploiement des normes et des certifications depuis la création en 1947 de l’ISO, l’Organisation internationale de la normalisation, ONG qui encadre un réseau de 161 organismes nationaux, d’autre part, le renouveau du taylorisme à travers le toyotisme, une doctrine managériale issue des pratiques mises en place dans l’Après-guerre par une entreprise japonaise pour son activité automobile. Ce rapide tour d’horizon historique permettra de saisir le contexte dans lequel s’inscrit le renouveau de la standardisation. L’objet de ce texte n’est pas de décrire précisément les procédures d’évaluation chiffrée liées à la standardisation mais bien plutôt d’examiner ce que cela produit sur celles et ceux qui travaillent. Car le chiffre régente le travail dans les organisations contemporaines de façon sclérosante. Au quotidien, comment les individus qui ne sont pas les décideurs le vivent-ils ? L’analyse des stratégies de confrontation, de contournement ou détournement, de passivité face à l’évaluation va prendre appui sur une étude de cas atypique, la série télévisée étatsunienne qui a documenté cette évolution du travail, Sur écoute/The Wire produite par HBO entre 2002 et 2008.

 

Rationalité et représentation...

Rationalité et représentation numérique

François Lepage

DOSSIER : QUANTIFICATION ET QUANTITE

« On peut faire dire n’importe quoi aux statistiques. » Combien de fois n’avons-nous pas entendu, sous une forme ou une autre, cette affirmation péremptoire qui exprime une méfiance profonde envers la mathématisation, voire la simple formalisation, des lois des sciences humaines. Il est difficile de prêter un sens univoque à une telle formule mais je pointerais vers une explication du genre suivant. À partir du moment où on attache des valeurs numériques à des variables en sciences humaines, on glisse vers une forme de positivisme et nos théories deviennent des caricatures naïves des phénomènes complexes dont elles sont censées rendre compte.

 

Lettre de Victor...
thèses sur l'islamisme...
Francis Wolff Trois...

Francis Wolff, Trois utopies contemporaines. Editions Fayard

Alain Deniau

NOTE DE LECTURE

Francis Wolff est professeur émérite de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris. Après son remarquable Il n’y a pas d’amour parfait (2016), il porte sa réflexion philosophique sur un sujet de psychosociologie politique dans Trois utopies contemporaines (2017). Sa référence est l’humanisme des Lumières et le Kant du Projet de paix perpétuelle (1795). Il articule sa description de l’utopie en un au-delà de humanisme qu’il nomme l’utopie post-humaniste, un en deçà de l’humanisme, l’utopie animaliste, et une troisième dans le prolongement de l’humanisme, l’utopie cosmopolitique.

 

Gloria Leff L...

Gloria Leff, L’affaire Freud-Hirschfeld. Une valse-hésitation avec l’occulte. Editions essais Epel

Alain Deniau

NOTE DE LECTURE

La question de l’occulte est une zone « grise » dans la vie et l’œuvre de Freud et pourtant elle est cruciale dans sa conception théorique de l’inconscient. L’occulte l’oppose à Jung alors qu’il surgit à maintes reprises dans l’histoire intime de Freud. C’est cette contradiction qu’essaie d’élucider Gloria Leff, psychanalyste mexicaine.

 

Géraldine Schwarz Les...

Géraldine Schwarz. Les Amnésiques. Editions Flammarion

Alain Deniau

NOTE DE LECTURE

Le point de départ de l’enquête de Géraldine Schwarz est un étonnement : l’auteure demande à son grand-père, allemand de Mannheim, l’histoire et l’origine de la fortune de son entreprise. Elle apprend qu’il l’a achetée en 1938 lors de la spoliation des biens juifs. Elle est scandalisée par le silence familial sur cette période et par l’absence de culpabilité de l’avoir sous-payée. Par sa mère française, dont le père était gendarme sur la ligne de démarcation, elle est confrontée à d'autres marques de la guerre. Devenue journaliste à l’AFP à Berlin, elle commence une enquête où s’entrelacent la mémoire de ses deux familles avec les traces de la famille juive dont les rares survivants sont dispersés et l’évolution de l’opinion allemande, traversée par l’horreur du drame du nazisme.

 

Anselm Jappe La...

Anselm Jappe. La société autophage. Capitalisme, démesure et autodestruction. Editions La Découverte

Alain Deniau

NOTE DE LECTURE

Après avoir écrit Crédit à mort La décomposition du capitalisme et ses ennemis et surtout Les aventures de la marchandise Pour une nouvelle critique de la valeur, Anselm Jappe, philosophe marxiste, poursuit sa réflexion sur la valeur issue du travail avec La société autophage. Le mythe grec d’Érysichthon est la métaphore de sa démarche : le capitalisme va vers son auto destruction comme ce roi mythique qui, faute de régulation de son appétit insatiable, s’est auto dévoré.

 

Francis Brochet Démocratie...

Francis Brochet. Démocratie smartphone. Le populisme numérique, de Trump à Macron. Editions François Bourin

Pierre-Antoine Pontoizeau

NOTE DE LECTURE

A la façon d’un McLuhan expliquant les relations entre les médias, les messages et la démocratie, ce journaliste s’intéresse à ce nouvel objet pour mener une enquête sur ses effets actuels dans les démocraties occidentales. Et son enquête retient l’attention car il y associe une seconde enquête où il convoque les intellectuels et chercheurs qui ont investi ce thème des relations entre la démocratie et les pouvoirs inédits conférés à chacun par les nouvelles technologies. Sa bibliographie et ses nombreuses citations circonscrivent bien les éléments du diagnostic.

 

Christophe Assens Réseaux...

Christophe Assens. Réseaux sociaux. Tous ego ? Libre ou otage du regard des autres, Bruxelles, De Boeck

Jean-Marie Seca

NOTE DE LECTURE

Dans la continuité de son livre, écrit en 2013, Le Management des réseaux. Tisser du lien social pour le bien-être économique, Christophe Assens « récidive » sur la même thématique, par un ouvrage au titre plus provocateur et avec une ambition plus critique et sociologisante, questionnant plus globalement un fait de société autant que des phénomènes économiques.