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Cahiers de Psychologie Politique

C’est un ouvrage d’historien engagé. Belle surprise dans un contexte des idées aseptisés et lâchement molles.

L’auteur s’inscrit dans la lignée du courage et la résistance, à la façon de Marc Bloch, partageant les mêmes exigences. Bref, c’est l’esprit de refus à une époque, aujourd’hui, où les autruches sont en folie.

Peu importe. L’essentiel est de retrouver là, un écrit de combat, sérieux, documenté, argumenté. La politique y est,  sans relâche, exigeante, digne et surtout sans fards.

Il écrit dans l’urgence et il va droit au but, sans les détours d’un classicisme universitaire. Loin du simple pamphlet, on y trouve une réflexion mure et bien écrite dont la culture, trop oubliée par les commentateurs sportifs de la politique, parle d’un besoin de clarté et de vaillance. Il est contre la rhétorique polissonne et l’ineffable fair-play des arrivistes et des chiens de garde. .

La thèse de R Dargent est forte : avec aplomb les candidats de droite et de gauche travaillent contre la France: les deux favoris du statu-quo sont une même et unique version dont le commun dénominateur est le cynisme et une démagogie vulgaire quant ils proposent des mesures « nationales », après avoir été au gouvernement plusieurs fois, après avoir contribué a affaibli le pays depuis plus de vingt ans. Leur discours libéral se fait « national» : drapeaux, marseillaise, ministère de l’indenté, etc.  Or, faut-il rappeler qu’il n’a pas d’identité nationale sans souveraineté nationale et sans citoyenne ?

Et, l’un comme l’autre, en douce, nous repassent le plat de la Constitution européenne. Sans oublier la série des initiatives supra-nationales, régionalistes, décentralisatrices, multi culturalistes, atlantistes et communautaristes.

C’est la démonstration d’un opportunisme machiavélique banal et tartuffe.

Que reste-il alors au terme de cette dénonciation solide sur les turpitudes des candidats et de leurs programmes?

Un non choix exaspéré ? Pas toute à fait, car les 16O pages qui composent l’ouvrage transpirent une colère froide (probablement celle du grand nombre) et une conviction forte : vouloir rendre la République républicaine. L’auteur affine son choix, celle de De gaulle et la force d’une idée toujours vivante : le rassemblement des républicains authentiques.  

Aldus Empiricus


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