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Cahiers de Psychologie Politique

Le petit Grec : introduction

Dans sa tentative de « refaire du dedans ce que les archéologues du XIX siècle ont fait du dehors »; c'est-à-dire le portrait d’Hadrien, Marguerite Yourcenar s’est appuyée surtout sur deux sources historiques. Il s’agit de l’Histoire Romaine de Dion Cassius et de l’Histoire Auguste. Les deux ouvrages mentionnent un trait distinctif de la personnalité d’Hadrien : l’amour pour la littérature et pour les arts. « Car ce prince aimait beaucoup les vers; comme toutes les branches de la littérature; il était habile dans l’arithmétique, la géométrie et la peinture. Il avait aussi des prétentions à l’art de la musique : il chantait, il jouait de la lyre » dit Spartien dans l’Histoire Auguste1, tandis que Dion Cassius lui reconnaît un penchant naturel pour l’étude des lettres grecques et latines. Ils remarquent aussi qu’Hadrien a obtenu de remarquables performances dans ce domaine; il a réussi à devenir très éloquent et très habile dans l’emploi des deux langues. Les œuvres en prose et en vers, qu’il nous a laissées2, témoignent de son talent littéraire.

C’est par ce côté de la personnalité d’Hadrien que Marguerite Yourcenar a été attirée au début de son projet. Si ce premier projet d’écrire Les Mémoires s’était concrétisé, elle aurait été intéressée surtout par « l’artiste, le grand amateur d’art, le grand mécène, l’amant, sans doute3. Après l’expérience de la deuxième guerre mondiale, elle a découvert l’homme d’Etat, elle a réalisé que c’était une personnalité politique exceptionnelle. Dès lors, son seul but a été de suivre » l’accomplissement dans sa plénitude d’une destinée d’homme d’Etat4 ».

Hadrien, l’un des plus remarquables empereurs romains, « le représentant parfait du monde gréco-romain », « l’homme de la Renaissance » a été un vrai esthète. Son idéal se définissait dans ces termes: » Trahit sua quemque voluptas. Le mien était enfermé dans ce mot de beauté si difficile à définir en dépit de toutes les évidences des sens et des yeux. Je me sentais responsable de la beauté du monde5 ». La route, que l’empereur a suivie, dans le désir d’atteindre cette beauté, est passée par la Grèce. La première rencontre avec le grec a eu lieu en enfance et a marqué toute sa destinée. « On lui fit étudier les lettres grecques, et il prit tant de goût, qu’on l’appelait quelquefois le petit Grec6 ». A Rome, pendant le II siècle, il y avait un intérêt particulier pour l’étude de la langue et de la culture grecque, dû au philhellénisme promu déjà dès l’époque de Néron7. Quintilien, le grand orateur, soutenait lui aussi l’apprentissage d’abord du grec, puis du latin. H. Bardon8 soutient que l’un des deux tuteurs d’Hadrien, Attianus, a amené Hadrien à Rome et qu’il y est resté jusqu’à l’âge de 15 ans. Il est possible, selon le même auteur, que ce tuteur ait eu une certaine influence dans l’orientation de l’éducation d’Hadrien vers la culture grecque.Le philhellénisme représentera pour Hadrien non seulement une option culturelle, mais surtout une option politique, parce qu’il a essayé de répandre la civilisation grecque dans tout le monde. Il a voulu » atticiser Rome et helléniser les barbares ». Pour Hadrien » la cultura diviene il modo di fare politica9 ». L’étude du grec a ouvert l’esprit du jeune Romain vers d’autres systèmes de pensée, éveillant sa curiosité de connaître d’autres pays. Son véritable « dépaysement » a commencé dès cette période. Il est devenu renommé par la multitude des voyages dans les provinces de l’empire. De ses vingt ans de règne, douze ans, il les a passées en parcourant d’un bout à l’autre l’empire. L’homme, qui n’a adhéré totalement à aucun système, aimait le voyage, parce que celui-ci l’aidait à se soustraire à toutes les habitudes et à ne céder à aucun préjugé.

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En racontant à Marc Aurèle sa vie, du point où il apercevait déjà le « le profil de sa mort », l’empereur expliquait la fascination exercée sur lui par le grec. Il trouvait le vocabulaire de cette langue très riche, parce qu’il contenait toute l’expérience accumulée par les tyrans ioniens, les démagogues d’Athènes, les rois de Sparte, les stratèges illustres, les philosophes et les artistes. Il admirait la constitution de cette langue flexible, dont les mots étant nés du contact direct avec une réalité diverse. La langue grecque était la dépositaire de tous les modèles d’expression « presque tout ce que les hommes ont dit de mieux a été dit en grec10 ». Hadrien rédigera une partie de son œuvre littéraire en grec. Il utilisera souvent cette langue pour sa correspondance, comme dans le cas de la lettre adressée à Antonin. Le grec était le véhicule d’une culture qui s’est distinguée le long du temps, parce qu’elle a favorisé l’épanouissement de l’être humain. Il appréciait cette culture parce que c’était « la seule culture qui se soit un jour séparée du monstrueux, de l’informe, de l’immobile, qui ait inventé une définition de la méthode, une théorie de la politique et de la beauté11 » En ce qui concerne le génie grec, Hadrien était convaincu que celui-ci n’avait pas épuisé ses ressources, qu’il avait besoin d’une période de paix pour germer et pour nous offrir tous les fruits que possédait sa semence. Il aimait beaucoup l’art grec, qui a su rendre la perfection du corps humain, qui représentait la nature on lui associant toujours l’humain : « Mais notre art (j’entends celui des Grecs) a choisi de s’en tenir à l’homme. Nous seuls avons su montrer dans un corps immobile la force et l’agilité latentes ; nous seuls avons fait d’un front lisse l’équivalent d’une pensée sage. Je suis comme nos sculpteurs : l’humain me satisfait ; j’y trouve tout jusqu’à l’éternel. La forêt tant aimée se ramasse pour moi tout entière dans l’image du centaure ; la tempête ne respire jamais mieux que dans l’écharpe ballonnée d’une déesse marine12 » L’empereur romain s’est initié aux mystères d’Eleusis, une expérience religieuse exceptionnelle pour lui, parce qu’il y a acquis une autre vision sur la destinée humaine. Il a aimé les rites pratiqués à Eleusis et l’enseignement reçu là, qu’il a trouvé profond et impossible à exprimer par des mots. Il a été très impressionné par ce que « Les mystères d’Eleusis sont l’expression d’un ordre universel, où tout a sa place et où les contraires se rejoignent13 » Plus tard, lorsqu’il reviendra à Athènes, après la mort d’Antinoüs, il retrouvera dans les symboles des mystères du calme. Il appréciera alors le sens du monde qu’ils transmettent aux initiés, de même que la façon « noble et sage » qu’ils emploient dans ce but.

En ce qui concerne l’étude plus approfondie des lettres latines, à en croire les historiens14, elle a commencé plus tard. L’auteur de l’Histoire Auguste nous informe qu’Hadrien s’est livré à l’étude du latin après avoir mal prononcé un discours devant le sénat. Il reconnaît dans Mémoires qu’il avait gardé son accent provincial et que « son premier discours au tribunal fit éclater de rire ». Nature très intelligente et très fière, Hadrien a pris des leçons d’élocution, mais sans que sa famille le sût. Il y a finalement pris du goût, mais n’en a parlé à personne, considérant cet apprentissage comme l’un de ses plus chers secrets. Pour comprendre ce qu’il pensait du latin, il faut rappeler qu’il soutient avoir administré son empire » en latin ». La majesté, la concision, l’élégance, la sobriété de cette langue n’est nulle part mieux exprimée que dans une inscription votive : « Rien n’égale la beauté d’une inscription latine votive ou funéraire : ces quelques mots gravés sur la pierre résument avec majesté impersonnelle tout ce que le monde a besoin de savoir de nous. C’est en latin que j’ai administré l’empire ; mon épitaphe sera incisée en latin sur les murs de mon mausolée au bord du Tibre15 » Cette épitaphe est mise en exergues au début et traduite en français à la fin des Mémoires d’Hadrien : » Animula vagula, blandula / Hospes comesque corporis / Quae nunc abibis in loca / Pallidula, rigida, nudula / Nec, ut soles, dabis iocos ». Comme un vrai romain, l’empereur moribond nous donne synthétiquement une image de ce que fut une vie. « Animula vagula » définit très bien le varius, multiplex, multiformis d’Hadrien, c’est à dire la nature complexe de l’empereur qui a été l’architecte de sa propre personnalité. « Blandula » traduit le besoin permanant d’amour et de bonheur. « Hospes comesque corporis » nous donne l’image de la relation étroite et inséparable de l’âme et du corps, l’harmonie parfaite entre le corps et l’esprit. « Loin de considérer, à la manière des platoniciens, le corps comme le tombeau de l’âme, il regrette que cette union intime ne puisse perdurer ; mais il accepte l’inéluctable16 »

Une formation intellectuelle dans l’esprit du temps

Pour « l’homme de génie17 », qui fut Hadrien, le livre a représenté un moyen de connaissance. Tout d’abord, la connaissance de soi-même, absolument nécessaire pour pouvoir évaluer avec justesse sa condition humaine. Ce vaste processus commence avec l’éveil de la conscience de soi : « Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté pour la première fois un coup d’œil intelligent sur soi-même, mes premières patries ont été les livres18 »D’ailleurs, M. Yourcenar a considéré, elle aussi, la parenté spirituelle supérieure à la parenté de sang. Elle le dit plus explicitement dans Archives du Nord :« …c’est de la terre entière que nous sommes les légataires universels. Un poète ou un sculpteur grec, un moraliste romain né en Espagne, un peintre issu d’un notaire florentin et d’une servante d’auberge dans un village des Apennins, un essayiste périgourdin sorti d’une mère juive, un romancier russe ou un dramaturge scandinave, un sage hindou ou chinois nous ont peut-être davantage formés que ces hommes et ces femmes dont nous avons été l’un des descendants possibles19 »Hadrien sait aussi que tout ce qu’il a construit comme empereur, dans les esprits et sur la terre, est une hérédité plus digne que celle qu’il aurait pu transmettre par l’intermédiaire d’un enfant. « Ce n’est point par le sang que s’établit d’ailleurs la véritable continuité humaine20 »

Les livres nous ouvrent l’accès aux univers intérieurs différents des nôtres, ils nous offrent d’autres perspectives sur le monde, à condition qu’ils soient lus avec du sens critique. Entre les livres et la vie, il y a eu un principe des vases communicants, parce qu’ils se sont éclaircis réciproquement Parfois, la révélation offerte par les livres a été plus forte que celle offerte par la réalité. C’est le cas de l’œuvre de Virgile. Les crépuscules de ce poète ont initié son lecteur dans la connaissance de la mort, plus que tout autre fait réel. La découverte de la poésie s’est faite toujours par l’intermédiaire du livre. La grammaire lui a expliqué les règles et les exceptions du fonctionnement du langage et la vie lui a donné des preuves qu’elle fonctionnait selon le même système. Il sait gré à la rhétorique, grâce à laquelle il a pu pénétrer dans la pensée de Xerxès, de Thémistocle, de Marc Antoine ou d’Octave. L’empereur a du mal à concevoir un univers sans livres. La curiosité insatiable, qui a été, peut-être, la dominante de son caractère, l’a poussé à apprendre de partout, et de trouver des correspondances entre les divers éléments de l’univers humain. Par exemple, la lettre écrite est « une voix humaine », en regardant une statue, grâce à l’immobilité qui fixe une attitude, il réussit à comprendre un geste humain. Mais Hadrien a apprécié l’univers livresque avec la plus grande lucidité ; il a su y trouver les mensonges et la représentation quelquefois estropiée ou déformante de la réalité. Il a remarqué dans les ouvres de quelques écrivains latins des défauts comme : une trop lourde « solennité » chez Lucain, une manière d’envisager les choses trop superficielle et ludique chez Pétrone. La politesse affectée de Pline le Jeune ne plaisait à Hadrien, la vue du monde de Tacite » d’une sublime roideur », non plus. Même s’il aimait la poésie, cela ne l’empêchait pas de refuser la vision du monde offerte par ses créateurs ». Les poètes nous transportent dans un monde plus vaste ou plus beau, plus ardent ou plus doux que celui qui nous est donné, différent par là même, et en pratique presque inhabitable21 » Ce qu’il doit, en échange, aux poètes, c’est l’ouverture de nouvelles voies dans la compréhension et dans la sensation, la retrouvaille » des pistes perdues » et la gymnastique à laquelle ils soumettent la pensée. Si, pendant la jeunesse, les poètes préférés étaient ceux qui s’adressaient surtout aux sens, Ovide et Horace, à l’âge mûr, l’empereur se sentira plus près d’Ennius, de Lucrèce et d’Hésiode. L’explication en est le fait que maintenant il connaissait la valeur » de la rudesse, de l’amertume et de la parcimonie », qu’il retrouvait chez ces poètes. Les philosophes, non plus, ne sont pas capables de surprendre la réalité dans sa diversité et sa complexité. Ils la forcent d’entrer dans les systèmes construits par eux, toujours trop étroits pour elle. C’est peut-être la raison pour laquelle Hadrien n’a été fasciné totalement par aucun système philosophique. La réalité des faits échappe, à son avis, aux historiens, parce que ceux-ci veulent tout expliquer en utilisant des systèmes construits sur des causes et des effets.

Hadrien a apprécié la valeur des livres, il n’a pas en échange beaucoup estimé le milieu intellectuel des écoles. Il y a reconnu les mêmes tares de toutes les sociétés humaines. Là, où le savoir devrait ouvrir les yeux de l’esprit pour mieux s’adapter au réel, pour aider la nature humaine à découvrir et à valoriser son potentiel créateur, l’enfant ne trouve que de la tyrannie, petitesse d’esprit, calomnies et intrigues. Ceux, qui se sont élevés au-dessus de ce milieu mesquin, ont bien mérité l’admiration de l’empereur. Le médecin grec Léotichyde22 « un esprit sec » a enseigné à Hadrien la méthode, qu’il utilisera ensuite durant toute sa vie. Celle –ci s’exprimait simplement : « préférer les choses aux mots, me méfier des formules, observer plutôt que juger23 » Hadrien aurait rencontré ce médecin, à Athènes, où il se serait rendu à seize ans. Pendant la même époque, il s’est initié aussi dans l’étude des mathématiques et des arts. Il a beaucoup aimé la médecine qu’il a comparée avec la science de gouverner. Les deux sciences étaient sujettes à l’enthousiasme et à l’erreur, mais le contact direct avec « l’immédiat et le nu » en corrigeait les possibles exagérations. En visitant les nombreuses provinces de l’empire, en vérifiant leurs dépenses, en leur apportant de l’aide financière, l’empereur se sentait comme » un médecin ambulant guérissant les gens de porte en porte ». L’Histoire Auguste mentionne que l’empereur connaissait bien les revenus des provinces et qu’il les complétait, s’il fallait24.

La fougue de la jeunesse et l’ambition faisait parfois Hadrien croire que la réalité immédiate des choses était le meilleur livre. Rentré d’Athènes, il avait l’impression que » la plus banale discussion au sujet de l’importation des blés d’Egypte » le renseignait « davantage sur l’Etat que toute la République de Platon ». Les premières connaissances de droit ont été acquises pendant la fonction de juge au tribunal des litiges d’héritage. Son professeur de droit a été le célèbre jurisconsulte Nératius Priscus25. Grâce à celui –ci, Hadrien mettra en pratique quelques réformes législatives. Ce jurisconsulte est resté, jusqu’à la fin de sa vie, le meilleur conseiller de l’empereur. Pendant l’exercice de cette fonction, le jeune juge apprendra bien des choses sur la nature humaine. Il y acquérra une technique d’audience qui lui sera très utile en tant qu’empereur. « Etre tout à chacun pendant la brève durée de l’audience, faire du monde une table rase où n’existaient pour le moment que ce banquier, ce vétéran, cette veuve ; accorder à ces personnes si variées, bien qu’enfermées naturellement dans les étroites limites de quelque espèce, toute l’attention polie qu’aux meilleurs moments on s’accorde à soi-même, et les voir presque immanquablement profiter de cette facilité pour s’enfler comme la grenouille de la table ; enfin, consacrer sérieusement quelques instants à penser à leur problème ou à leur affaire26 » Dans l’auscultation de l’âme humaine, l’empereur se sentait très proche du médecin. Mais l’intérêt, l’effort et la patience, tout mis dans le service de l’autre a enseigné l’empereur à évaluer la nature des hommes, y repérer ce qu’il y avait de bon. Il se découvrait leur semblable, mais il pouvait établir aussi la différence qui le séparait d’eux. Il a été « plus libre et plus soumis » que tous ceux qu’il a connus. C’est pourquoi la nature de sa conduite d’empereur à l’égard de ses sujets ne ressemblera point ni à « la froide supériorité du philosophe » ni à « l’arrogance du César ». En tant qu’empereur, il restera toujours dans la sphère de l’humain selon l’exemple des artistes grecs. Et lorsqu’il se considérera dieu, ce sera exactement parce qu’il aura le sentiment d’avoir valorisé en soi les possibilités de l’humain.

La formation intellectuelle de l’empereur Hadrien

« L’aquisition d’une culture a été une des formes essentielles de son activité27 » Il a été un lecteur assidu. Promu tribun à la Deuxième Légion, l’Adjutrice, il est allé sur les bords du Haut-Danube, en prenant avec lui un volume de Plutarque. Pendant les plus heureuses années de son règne, il relisait les œuvres des poètes et il composait des vers. Après la mort de son favori, il s’est replongé dans la lecture. Obligé par sa fonction de participer aux jeux publics, qu’il désapprouvait d’ailleurs, il transformait l’endurance «d’un spectacle écœurant » en une leçon plus instructive que celles des philosophes.

Lors de ses voyages en Asie Mineure, l’empereur a défié « les frontières interdites à l’homme » en se laissant initier dans la magie phénicienne par Philon de Byblos.

L’entourage officiel de l’empereur était composé de : poètes, philosophes, grammairiens, musiciens, géomètres, peintres, savants, historiens et astrologues. Chez tous ceux-ci, il appréciait l’esprit et le talent, mais il regardait d’un œil critique les défauts de l’homme. Avec les poètes il aimait échanger des répliques en vers. C’est le cas du poète Florus, qui a été nommé secrétaire de langue latine et qui n’aimait pas accompagner l’empereur dans ses voyages. Le poète a expliqué, ainsi à l’empereur, ses raisons : « Ego nolo Caesar esse, / ambulare per Brittanos,/latitare per Germanos, / Scythias pati pruinas ». Et l’empereur y répond de la même manière : « Ego nolo Florus esse, / ambulare per tabernas, / latitare per popinas, / culices pati rotundos28 » A la tête du secrétariat de langue grecque, Hadrien a placé toujours un poète, Favorinus d’Arles. Selon l’Histoire Auguste, ce poète aurait joui d’une grande estime auprès de l’empereur. Dans Mémoires, Hadrien se rappelle à avoir apprécié l’érudition, la voix douce et la finesse de ce poète, mais il lui répugnait sa fausseté spirituelle, de même que son hypocondrie. De toute façon, c’était une figure à part dans l’entourage impérial ». Favorinus se flattait d’avoir accompli dans sa vie trois choses assez rares : Gaulois, il s’était hellénisé mieux que personne ; homme de peu il se querellait sans cesse avec l’empereur, et ne s’en portait pas plus mal pour cela, singularité qui d’ailleurs était toute à mon crédit ; impuissant, il payait continuellement l’amende pour adultère29 » Dans ses disputes avec l’empereur, le poète grec reconnaissait à ce dernier une seule supériorité, celle des armes : « les trentes légions auxquelles [il] commandait ». Valérius Eudaemon, qui faisait partie des intellectuels gréco-orientaux, a remplacé Favorinus dans la fonction ab epistulis Graecis. Les autres poètes, que l’empereur a connus ou rencontrés pendant ses voyages en Orient, ont été : Straton, Pancratès et Nouménios. Pancratès, » un poète de cour », est celui qui a organisé une fête musicale dans l’honneur de l’empereur Hadrien au Musée d’Alexandrie. Après la mort d’Antinoüs, il a écrit à la mémoire de celui-ci un poème médiocre. Nouménios est l’auteur d’un poème, Consolation, écrit avec la même occasion, et qui excellait par le respect de tous les lieux communs utilisés par ce genre littéraire. La rencontre entre Hadrien et Straton a eu lieu à Sardes. Aux yeux de l’empereur il s’est imposé comme un esprit » exquis et moqueur » dédié entièrement au plaisir.

Dans l’entourage impérial il y avait aussi des philosophes comme les stoïques Démonax, Euphrates et le platonicien Chabrias. La présence de ces philosophes était absolument normale, puisque l’empereur avait senti dès sa jeunesse un intérêt très vif pour cette discipline. Il n’avait pas vingt ans, lorsqu’il a visité Epictète à Rome30. Celui-ci vivait dans » un taudis de Suburre »malade et pauvre, mais malgré tout il inspirait une « liberté quasi divine » à son jeune visiteur ». Epictète construisait pour ses disciples un vrai barrage héroïque contre les vicissitudes de la vie, cristallisé dans la doctrine d’un vrai antidestin moral opposé au destin extérieur si changeant et si oppressif31 » (n. tr.) L’empereur a admiré chez tous ces stoïques le degré de liberté auquel ils étaient parvenus. Euphrates, lecteur de l’empereur, a demandé la permission de quitter son poste en choisissant le suicide. Il s’est retiré de la vie comme s’il avait quitté un banquet, sans le moindre regret, avec le détachement de celui qui le lendemain reprendrait la même tâche. Démonax vivait avec très peu dans un village de Grèce, convaincu « qu’il n’y avait d’heureux que l’homme libre ». Hadrien n’était pas d’accord avec les moyens par lesquels ces philosophes devenaient libres : le refus de la vie, le renoncement, l’incapacité de voir la beauté du monde, la vertu menée à des limites extrêmes ». A l’abnégation, au repliement sur soi, il préfère l’ouverture au monde et veut essayer d’œuvrer à sa marche harmonieuse. Il rapproche la philosophie d’Epictète de celle plus radicale, de Brahmane, qui va jusqu’au bout de son refus du monde sensible en s’immolant32 » Hadrien avait une autre conception du divin. Il le sentait plus naturel, plus proche de nous, il lui attribuait la tâche de mettre de l’ordre dans le monde, de le développer et de l’améliorer. Cette tâche, il l’attribuait à soi-même aussi : « J’étais l’un des segments de la roue, l’un des aspects de cette force unique engagée dans la multiplicité des choses, aigle et taureau, homme et cygne, phallus et cerveau tout ensemble, Protée qui est en même temps Jupiter33 »

De tous les intellectuels, il a eu une préférence manifeste pour Arrien de Nicomédie, qu’il a considéré son meilleur ami. Ils accordaient tous les deux la même importance à la vie pratique et aussi à la vie spirituelle. Arrien avait les mêmes goûts qu’Hadrien : il aimait les exercices physiques, il connaissait les chevaux et les chiens. L’élève d’Epictète, avait acquis, en pratiquant la philosophie stoïque, « d’admirables disciplines morales ». Il s’est remarqué dans la vie militaire en participant à la guerre Parthique. Il a été consul pendant le règne d’Hadrien et gouverneur de Cappadoce. Arrien était le représentant parfait du concept de « vir ciuiliter eruditus », un idéal de citoyen très cultivé pendant l’époque de Trajan. Hadrien le considérait supérieur aux philosophes et aux poètes, parce qu’il était capable de servir l’Etat et en même temps de se dédier à otium littératum. L’empereur a été aussi grand admirateur et ami du sophiste Polémon et d’Hérode Atticus. Au premier il a offert l’honneur de prononcer à Athènes le discours inaugural lorsque le temple de Jupiter Olympien a été achevé. Philostrate nous présente la manière de déclamer de ce rhéteur, capable d’improviser sur n’importe quel sujet. « Il se présentait pour déclamer avec un visage épanoui et plein d’assurance, mais il arrivait en litière, parce que déjà ses articulations étaient malades ; pour méditer un sujet, il ne restait pas au milieu du public, mais il se retirait quelques instants à l’écart. Son débit était éclatant, soutenu, et les sons sortaient de sa bouche avec une merveilleuse puissance.

Hérode nous dit qu’il bondissait aussi dans sa chaire au moment critique de la cause, tant il était alors comme dominé par une sorte d’enthousiasme ; et quand il tournait une période, il en énonçait le dernier membre en souriant, comme pour faire voir que l’élocution ne lui coûtait aucun effort, et qu’il caracolait aux beaux endroits, tout aussi bien que le coursier d’Homère34 » Hadrien a aimé dans sa façon de déclamer le faste, qu’il a retrouvé aussi dans sa façon de vivre.

L’empereur Hadrien était donc partout où il allait, entouré de gens de lettres et de savants, avec lesquels il entretenait souvent des relations d’amitié et qu’il soutenait financièrement parfois. A l’aide de cet entourage il pouvait nourrir son esprit désireux de tout connaître, il vivait ainsi dans l’esprit de son temps. Grâce aux philosophes grecs, il pouvait se former une image du monde, il était capable d’apprécier à leurs justes valeurs toutes les créations spirituelles de son siècle. La connaissance du passé lui fournissait des exemples à suivre ou à dépasser. Il aimait se comparer avec les grandes personnalités du passé, pour pouvoir « prendre sa mesure ». Le développement des techniques lui permettait d’améliorer la vie des villes et d’assurer la prospérité de leurs citoyens. Le contact permanent avec le monde des artistes le rendait capable de goûter les «fruits délicieux » offerts par les » arbres un peu lassés par l’abondance de leurs dons », comme il appelait les arts gréco-romains. Il était pourtant mécontent de la création artistique de son siècle. « Nos lettres s’épuisent ; nos arts s’endorment ; Pancratès n’est pas Homère ; Arrien n’est pas Xénophon ; quand j’ai essayé d’immortaliser dans la pierre la forme d’Antinoüs, je n’ai pas trouvé de Praxitèle35 » Les exercices philosophiques lui semblaient « broderie sur le vide » et il cherchait à trouver la cause de la médiocrité intellectuelle de cette période. S’il n’a pas pu s’expliquer le manque de génie des gens de lettres, il a découvert en échange que « la médiocrité de l’esprit s’accompagnait presque partout d’une étonnante bassesse d’âme »

Une politique au service de l’homme

Lorsqu’elle s’est décidée finalement à écrire Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar s’est rendue compte que la personnalité politique de cet empereur romain était plus importante que la personnalité artistique et littéraire. « Si cet homme n’avait pas maintenu la paix du monde et rénové l’économie de l’empire, ses bonheurs et ses malheurs personnels m’intéresseraient moins36 » La formation littéraire et artistique, en échange, a beaucoup influencé le programme politique de l’empereur, caractérisé par « altruisme et humanisme37 »Arrivé au pouvoir, Hadrien redevient serein et heureux, il n’est plus préoccupé par sa propre personne et il déclare » je pouvais de nouveau penser au reste des hommes38 »

Sa vie « rentrée dans l’ordre », il essaiera de faire la même chose pour l’empire. L’expérience de la guerre, l’expédition contre les Daces, la guerre Sarmate et la guerre Parthique l’ont déterminé à préférer la paix. Il a réalisé qu’aucune victoire n’était «définitive ». Lorsque Hadrien devient empereur, les Daces étaient vaincus, mais aux frontières la situation était trouble » …car tandis que les nations subjuguées par Trajan secouaient le joug, les Maures nous harcelaient, les Sarmates faisaient des incursions, la Bretagne ne pouvait être contenue, l’Egypte était en proie aux séditions, la Syrie enfin et la Palestine menaçaient. Adrien prit donc le parti d’abandonner tous les pays du delà de l’Euphrate et du Tigre39 » Toute guerre supposait un « gaspillage inutile » de forces humaines, du désordre dans la vie économique et sociale. Il a renoncé à la politique de conquête de son prédécesseur, parce que » Tout accroissement nouveau du vaste organisme impérial me semblait une excroissance maladive, un cancer, ou l’œdème d’une hydropisie dont nous finirons par mourir40 » Hadrien a tout fait pour maintenir la paix, il l’a forcée et il l’a même achetée. Il savait, grâce aux théories des philosophes, que : » chaque homme a éternellement à choisir, au cours de sa vie brève, entre l’espoir infatigable et la sage absence d’espérance, entre les délices du chaos et celle de la stabilité, entre le Titan et l’Olympien. A choisir entre eux, ou à réussir à les accorder un jour l’un à l’autre41 » Il a choisi la stabilité garantie par la paix, et l’ordre, qu’il s’est efforcé de cultiver dans l’esprit, aussi que « dans les rues ». Il suivait des principes stoïques selon lesquels, la cité était plus fortifiée par la discipline instaurée dans l’esprit de ses citoyens, que par les pierres de ses murs.

Dans la conception d’Hadrien, l’empereur n’était qu’un fonctionnaire de l’Etat. Il était le fonctionnaire chef qui devait décharger sur d’autres fonctionnaires les immenses tâches qui lui incombaient. Son génie consistait dans le savoir de choisir les meilleurs collaborateurs. Hadrien a eu ce génie ; il reconnaît qu’il a employé une grande partie de son temps à choisir les « les chefs de file d’une bureaucratie nouvelle ».Grâce au conseil de prince et aussi à d’autres fonctionnaires, dont le talent correspondait à la tâche assumée, il a pu s’absenter de Rome pendant de longues périodes. Le prince était le représentant de Jupiter sur la terre. Il devait offrir de la protection à ses sujets, garantir la justice, organiser et développer le monde. En cette qualité, l’empereur avait la sensation qu’il « seconder le divin », il devenait responsable de la beauté du monde. Il voulait créer une société harmonieuse42, où chaque catégorie sociale trouvât sa place et justifiât son rôle, le philosophe aussi bien que le danseur. Dans sa conception sur le rôle du prince, il suivait les principes du Dion de Prusse. Le règne d’Hadrien s’est caractérisé par une infinie générosité manifestée envers les provinces romaines, envers la société romaine dans son ensemble et envers tous ses amis. Il ne connaissait une plus grande vertu que celle d’être utile. La générosité s’est manifestée tout de suite après son avènement, par les mesures prises. L’Histoire Auguste mentionne : le double congiaire offert au peuple ; la double gratification donnée aux soldats, la remise entière du tribut coronaire pour l’Italie et sa diminution pour les provinces ; les dettes des citoyens au fisc, effacées et brûlées dans la place de Trajan. Pendant son règne, beaucoup de villes, parmi lesquelles Athènes par exemple, ont bénéficié de ses bienfaits et de ses largesses. Ses amis, les artistes et même quelques rois ont connu la libéralité de ce prince. Son programme politique se proposait de fournir au monde romain : Humanitas, Félicitas, Libertas, mots qui sont inscrits sur les monnaies de son règne.

Hadrien s’est proposé un règne » modéré et exemplaire » et « une souveraineté olympienne ». Et ces deux aspects ont été réalisés, parce que sous Hadrien, l’empire a atteint son apogée. La principale tâche de l’empereur était de réorganiser le monde romain. Cette réorganisation s’est faite dans le sens de l’amélioration de la condition humaine. Il a entrepris tout ce qui lui incombait pour que les hommes s’acceptassent réciproquement, pour que la justice, la lucidité et la bienveillance s’imposassent. Il a essayé de supprimer « les servitudes inutiles » et « les malheurs non nécessaires », parce qu’il restait encore la cohorte des maux, impossible à éviter, inhérents à la condition humaine. Il s’est efforcé de rendre inoffensifs les barbares et les esclaves par actes de bonté, en leur offrant un peu plus de liberté et de protection ». Je tenais à ce que le plus déshéritée des créatures, l’esclave nettoyant les cloaques des villes, le barbare affamé rôdant aux frontières, eut intérêt à voir durer Rome43 » Hadrien a amélioré la condition des esclaves et des femmes. Il a interdit que les esclaves fussent traités et vendus comme des objets et qu’on leur imposât des métiers déshonorants. Aux femmes, il a accordé plus de liberté à disposer de leur fortune et à se marier selon leur propre gré. L’empereur a réorganisé l’agriculture, le secteur minier et le commerce de sorte que chacun bénéficiât de la prospérité de sa communauté. « Un de mes plus beaux jours fut celui ou je persuadai un groupe de marins de l’Archipel de s’associer en corporation, et de traiter directement avec les boutiquiers des villes. Je ne me suis jamais senti plus utilement prince44. Il a reformé le domaine législatif, à l’aide des meilleurs juristes de son temps, « dans l’intérêt de l’humanité.» Il a beaucoup construit parce que dans sa conception « construire c’est collaborer avec la terre ». Parmi les plus belles constructions, il faut citer : le Panthéon à Rome, le temple de Vénus et de Rome, l’achèvement de l’Olympiéion à Athénes, le mur en Bretagne et une basilique à Nîmes en l’honneur de Plotine Il a beaucoup reconstruit aussi, se sentant dans cette qualité comme un vrai continuateur. La belle ville d’Athènes, rénovée, il aimait la mettre à côté de celle de Thésée ». Grazie alle numerose opere monumentali e legislative, Adriano getta le basi per restituire ad Atene gli splendori dell’età classica45 » Par toutes ces constructions et par le soin qu’il octroyait aux provinces, Hadrien étendait la puissance romaine lui conférant un aspect « cosmique et sacré ». Le plus grand bienfait réalisé a été la propagation de la civilisation gréco-romaine. Hadrien était l’adepte d’une politique de conquête spirituelle : « j’entendais me servir de ces centre militaires comme d’un levier de civilisation, d’un coin assez solide pour entrer peu à peu là où les instruments plus délicats de la vie civile se fussent émoussés. L’armée devenait un trait d’union entre le peuple de la forêt, de la steppe et du marécage, et l’habitant raffiné des villes, école primaire pour barbares, école d »endurance et de responsabilité pour le Grec lettré ou le jeune chevalier habitué aux aises de Rome46 » L’armée était très importante aux yeux d’Hadrien, parce qu’elle avait le rôle de défendre la civilisation gréco-romaine. Il y a instauré la Discipline Auguste par une série de réformes militaires, visant autant les conditions de vie des soldats, que leur préparation professionnelle ». Il trouve un point d’équilibre entre les exigences de l’efficacité et les aspirations du temps, qu’il partage au plus haut point. Il n’oublie pas l’humain sous l’uniforme du soldat47 » Pour perpétuer cette civilisation, l’empereur se rangeait à coté de ses prédécesseurs, il se sentait responsable de continuer leurs bons actes et de corriger leurs erreurs. Il a soutenu le développement du commerce, parce que « la file des caravanes reformée au bord de l’Oronte », faisait circuler l’or, mais aussi les idées. La consolidation des frontières représentait une autre mesure prise pour protéger la civilisation contre la barbarie.

Toute la politique de l’empereur visait l’avenir de Rome, qu’il voulait éternelle. Il vivait l’époque ou la Cité était devenue Etat. Maintenant il se proposait de changer l’Etat dans « ordre du monde, ordre des choses ». Rome devait changer, elle devait s’adapter aux changements du temps. L’empereur se sentait responsable pour la direction de ces changements. Il voulait éviter à Rome le destin des grandes villes comme : Babylone, Thèbes et Tyr, qui ont péri. Selon Hadrien, l’éternité de Rome résidait dans sa civilisation : » Rome se perpétuerait dans la moindre petite ville ou des magistrats s’efforcent de vérifier les poids des marchands, de nettoyer et d’éclairer leurs rues, de s’opposer au désordre, à l’incurie, à la peur, à l’injustice, de réinterpréter raisonnablement les lois. Elle ne périra qu’avec la dernière cité des hommes48 »

Arrivé en Phrygie, Hadrien s’est attardé près de la tombe d’Alcibiade. Selon son habitude il s’est comparé avec le plus aimé des Grecs. Il y a fait un bilan de sa vie et de sa politique. Il a trouvé des similitudes avec la vie du Grec, mais il s’est rendu compte que sa tâche, à lui, a été plus difficile. Il a géré le destin de l’Empire en le préparant pour « un voyage qui durera des siècles ». En ce qui concerne les hommes, il a tout fait pour « favoriser le divin » dans leur nature, mais « sans pourtant y sacrifier l’humain ».

1  Aelius Spartianus, Histoire Auguste, Vie de l’empereur Hadrien, XIV, 7-8

2  Selon H. Bardon, Les Empereurs et Les Lettres Latines d’Auguste à Hadrien, Paris, 1968, l’œuvre littéraire d’Hadrien écrite en latin contient : Des discours, L’oraison funèbre de Matidia, Les allocutions aux légions de Lambèse, Les lettres intimes, L’autobigraphie, Sermones, Catachannae, Son épithaphe, L’épitaphe du cheval Borysthènes, Epitaphium Sorani, Ad Hectoris tumulum, De puero glacie perempto. Les poésies grecques attribuées à Hadrien sont : un poème à propos du triomphe de Trajan sur les Gètes, L’inscription de Thespies, celle de Rome sur le monument d’Arété, les distiques de la statue de L. Catilius Sévérus, le distique pour la tombe d’Archiloque, la réponse à un grammairien, l’hexamètre sur Pompée, le poème sur Hector et un autre attribué à Germanicus César sur un lièvre poursuivi par les chiens.

3  M. Yourcenar, Les yeux ouverts, Paris, Editions du Centurion, 1980, p.152

4  Ibid., p.159.

5  M. Yourcenar, Mémoires d’Hadrien, Paris, Gallimard, 1974, p.148

6  Histoire Auguste, I, 9-10

7  A voir Anthony R. Birley, Hadrian, Bucureşti, Editura Bic All, 2007

8  H. Bardon, op. cit. p. 393

9  E. Calandra, Oltre la Grecia Alle origini del filellenismo di Adriano, Napoli, Pubblicazioni dell’Universita degli Studi di Perugia, 1996, p.104.

10  M. Yourcenar, Mémoires, op. cit. p. 45

11  Ibid., p. 88

12  Ibid., p. 146

13  R. Poignault, Hadrien et les cultes antiques, dans Le sacré dans l’œuvre de Marguerite Yourcenar, S.I.E.Y., Tours, 1993, p.188

14  Selon l’Histoire Auguste, Hadrien a commencé cette étude à 25 ans, lorsqu’il était déjà questeur

15  M. Yourcenar, Mémoires, p. 45 -46

16  R. Poignault, Hadrien homme de lettres, dans L’Antiquité dans l’œuvre de Marguerite Yourcenar Littérature, mythe et histoire, Bruxelles, Editions Latomus, 1995, p. 591

17  A voir M. Yourcenar et R. Poignault, qui tous les deux considèrent Hadrien homme de génie

18  M. Yourcenar, Mémoires, p. 43

19  M. Yourcenar, Archives du Nord, dans Essais et Mémoires, Gallimard, 1991, p. 974

20  M. Yourcenar, Mémoires, p. 273

21  M. Yourcenar, Mémoires, p. 30

22  Ce personnage a été inventé par M. Yourcenar et elle nous explique cette chose dans la Note qui se trouve à la fin des Mémoires

23  M. Yourcenar, Mémoires, p.47

24  Philostrate dit dans la Vie des Sophistes, 1, XXV, que l’empereur a donné à Smyrne, en un seul jour, la somme de 10. 000.000 drachmes

25  Lucius Neratius Priscus, un juriste célèbre déjà pendant le règne de Trajan, considéré un des meilleurs citoyens Romains. Le cercle culturel et politique, qui s’était formé autour des Antonins, le considérait comme possible successeur de Trajan

26  M. Yourcenar, Mémoires, op. cit. p. 50

27  H. Bardon, op. cit., p. 393

28  Histoire Auguste, XVI, 3-4, Florus explique : « Je ne veux pas être César, / déambuler chez les Bretons, / subir les gelés scythiques, / et Hadrien répond : » Je ne veux pas être Florus, /déambuler par les cabarets, / m’enterrer dans les bistrots, / endurer la ronde des moustiques ».

29  M. Yourcenar, Mémoires, p.140

30  Dans l’Histoire Auguste, XVI, 10 est mentionnée l’admiration de l’empereur envers le philosophe : » in summa familiaritate Epictetum et Heliodorum philosophos […] habuit.”

31  E. Cizek, Epoca lui Traian, Bucureşti, Editura Ştiinţifică Şi Enciclopedică, 1980, p. 163

32  R. Poignault, Hadrien et le monde de lettres, dans L’Antiquité dans l’œuvre de Marguerite Yourcenar Littérature, mythe et histoire, Bruxelles, Collection Latomus, 1995, p. 547

33  M. Yourcenar, Mémoires, p.159

34  Philostrate, op. cit. 1, XXV 

35  M. Yourcenar, Mémoires, p.262

36  Idem, Carnets de notes de « Mémoires d’Hadrien », p.334-335

37  A voir R. Poignault, Le prince entre Mythe et Histoire dans Roman, Histoire Et Mythe Dans l’Oeuvre de Marguerite Yourcenar, S.I.E.Y., Tours, 1995, p.363-377

38  M. Yourcenar, Mémoires, p. 106

39  Histoire Auguste, V, 2

40  M. Yourcenar, Mémoires, p.84

41  Ibid., p. 151

42  M. Ledesma dans Plénitude temporelle et éthique, SIEY, Bulletin n0 6, Tours, 1990, p.88, soutient que l’empereur Hadrien avait « une hantise permanente d’harmonie, de réconciliation des éléments contraires présents dans toute démarche, soit-elle existentielle ou politique »

43  M. Yourcenar, Mémoires, p.129

44  Ibid., p.133

45  E. Calandra, op. cit., p.102

46  M. Yourcenar, Mémoires, p.135

47  R. Poignault, Le Prince : histoire et mythe dans L’Antiquité dans l’œuvre de Marguerite Yourcenar Littérature, mythe et histoire, cit. p.804

48  M. Yourcenar, Mémoires, p. 125

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