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Cahiers de Psychologie Politique

Les divers liens que nous entretenons depuis fort longtemps avec des collègues d’A. Latine se mesure par la publication de plus en plus par l’envoi régulier des contributions à publier dans notre revue et la réception qui lui est accordée dans ces latitudes.

Voilà pourquoi l’idée de faire un dossier sur la psychologie politique en A. Latine nous est venue comme une évidence et acceptée avec enthousiasme par tous les membres de notre comité de rédaction.

Il me faut également signaler la collaboration enthousiaste du collègue Luis Gomez (Colombie) lequel a facilité la diffusion de notre appel initial de convocation parmi d’autres psychologues.

Il va de soi, mais mieux vaut de le dire, nos remerciements chaleureux à tous ceux qui ont bien voulu répondre à notre questionnaire.

Ceci étant, un constat s’est vite imposé : la psychologie latino-américaine se trouve dans un moment d’essor, notamment dans le domaine de la psychologie politique qui se développe dans ses fondements et ses pratiques. Plusieurs association et revues montrent cette nouvelle, la variété de publications et des rencontres montrent une nouvelle dynamique.

D’où la volonté de joindre à ce dossier spécial une brève enquête de 7 questions adressées à quelques psychologues qui travaillent dans le déploiement de la discipline et bâtissent ses contours. Le recueil de leurs opinions, malgré le faible nombre de participants et le caractère non orthodoxe de la méthodologie, afin de saisir sur le vif les éléments qui probablement permettront à d’autres de faire une véritable enquête. Le temps nous en dira si ce premier pas sera suivi par d’autres. Car apprécier les repères et l’évolution de la discipline dans ces contrées nous semble indispensable pour calibrer l’état de l’art.

Nous souhaitons ajouter à l’introduction du dossier un bref commentaire sur les articles qui composent le dossier et une sommaire présentation du contexte latino-américain pour les lecteurs francophone qui méconnaissent l’évolution inégale de la discipline dans le monde.

Un (court) rappel sur le contexte latino-américain

Sans faire de l’histoire, certaines initiatives, ici et là, ont montrent la présence d’une tendance, encore non clairement définie pour comprendre les phénomènes politiques à la lumière des outils psychologiques. Le contexte latino-américain de l’époque est pléthorique d’événements où les conflits de pouvoir et l’expression des forces sociales ont produit un syndrome d’attente et de tension social.

Rappelons que l’ébullition idéologique, dans les milieux universitaires, et la présence des mouvements révolutionnaires marque durablement l’attitude des psychologues à sensibilité sociale. La raison est connue : la pauvreté et le sous-développement, l’assiduité du recours aux coups d’État et l’implantation des dictatures militaires. Une autre c’est la domination politique, économique et idéologique que les États-Unis imposent à l4amerique Latine.

La politique occupe par conséquence une place important dans la vie de ces sociétés et l’attitude des élites. La demande grandissante d’explication du malaise sociétal touche et questionne progressivement les intellectuels et les universitaires, les disciplines des sciences humaines et sociales. La neutralité des théories et l’objectivité de procédures méthodologiques est mise en cause de manière suffisamment forte pour provoquer un questionnement des paradigmes traditionnels et des modèles étrangers jugés non transposables à la réalité locale.

Ainsi, particulièrement la sociologie et la psychologie sociale, se retournent vers une pensée critique (jadis marxiste) et une attitude de réflexion sur la place de l’humain dans les décisions politiques, économiques et scientifiques. Parmi ces courants émergeants dans la version latino-américaine.se trouve la psychologie politique Certes, il ne s’agit pas d’une conversion ni massive ni spontanée, mais un long processus de maturation et de tâtonnements malgré la vague postmoderne et néo libérale qui plane toujours sur les milieux intellectuels de là-bas, et à la chaleur des expériences d’inspiration populaire qui ont transformé visiblement et peut-être durablement le paysage politique du continent. En somme : la compression de la politique latino-américaine reste en relation étroite avec le contexte.

Les collaborateurs et les articles du dossier

Inutile d’insister sur l’hétérogénéité des ces travaux, d’autant que les thèmes et les approches nous parlent de la vitalité et l’étendu des problèmes divers abordés.

Sans rentrer dans les détails quelques articles (M. Puentes, A. Quiroz, I. Sanchez, M. Juarez, A. Manzi) approchent les questions épistémologiques, idéologiques et théoriques de la discipline. Tandis que d’autres (Juliana P. Caro, H. Adrian et A. Jaimes, A. Diaz et J.S. Diaz ; M. Gonzalez, P. Vargas, A. Pérez, S. Sacipa et al, José E. García, G. Unger, M Páez, K. Rey, E. Viera …) mettent en relief l’engagement et l’application de la psychologie politique dans les problèmes contingents de l’Amérique Latine.  

Nul besoin de faire une analyse fine de contenus pour constater que les problèmes de société inquiètent la plupart des auteurs, et que la volonté de retrouver une cohérence théorique les anime, mais les implications idéologiques pèsent lourdement dans les choix politiques de la recherche et le regard porté sur la société latino-américaine.

En conclusion

Une dernière remarque : il reste que la disparité de prémisses épistémologiques exprimés par les uns et les autres montrent le manque d’un cadre référentiel cohérent et commun, c’est la conséquence de l’absence d’un paradigme théorique fédérateur. Question qui n’est pas propre à la psychologie politique de l’Amérique Latine, mais à la grande variété d’approches. Cependant, nous pensons que le futur de la psychologie politique en Amérique Latine se profile d’une manière positive et riche au cœur même du processus de mondialisation des connaissances.

Nos remerciements, enfin, chaleureusement à tous ceux qui pour leur disponibilité et généreuse participation ont rendu possible la constitution de dossier.


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