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Cahiers de Psychologie Politique

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Cet ouvrage est une réunion de quatre textes de ce médecin révolutionnaire (1757-1808), qui expose à travers des observations sur les hôpitaux ou les secours publics sa vision politique d'une médecine moderne et humaniste.

Défenseur farouche du matérialisme, il prendra tardivement une attitude plus spiritualiste en accordant à la nature une finalité.

Cabanis est fortement inspiré par Locke, dont il lut les écrits pendant ses études, et qui le mit sur la voie de la philosophie de son temps, et notamment du sensualisme de Condillac. Son apport original à la postérité de ces deux penseurs sera l'introduction de la physiologie dans la psychologie.

Selon lui, la formation de nos idées est conduite par la sensibilité organique, qui dirige aussi l'activité de nos organes, et donc la totalité de chaque être vivant. Par l'observation d'états pathologiques, ou de l'effet de narcotiques, et des états psychologiques associés, il présente nos pensées comme un résultat physiologique d'une perception par un organe approprié, le cerveau. Ainsi, il ancre l'instinct au sein de la charpente matérielle de chaque être vivant, comme l'est chaque organe par sa prédisposition à effectuer telle ou telle tâche dans l'organisme.

La philosophie de Cabanis constitue une sorte de retour à l'a philosophie de l'inné, mais dans une optique matérialiste. Elle forme ainsi un appui de l'idéalisme dans le domaine médical que Schopenhauer n'oubliera pas.

En ce qui concerne les questions religieuses, la philosophie de Cabanis n'est pas férocement athée car elle attaque plus les religions telles qu'elles sont que l'idée de Dieu elle-même. Considérant le fait que les religions ont apporté plus de maux que de bienfaits, il en conclut que l'on doit s'en méfier. Il attribue l'origine des idées religieuses à un besoin naturel de l'humain, qui lui fait adopter les idées les plus agréables sur ce qu'il est lui-même.

Cet ouvrage a la mérite de rendre accessibles des textes un peu tombés en désuétude mais passionnants à lire, d'autant plus que Cabanis écrit dans une langue du XVIIIe siècle qui , à quelques exceptions près n'a pa pris une ride.


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