N°27 / Religion et politique Juillet 2015

Monsieur le Président de la République,

André Fontaine

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« On me demandera si je suis prince ou législateur pour écrire sur la politique. Je réponds que non, et que c’est pour cela que j’écris sur la politique. Si j’étais prince ou législateur, je ne perdrais pas mon temps à dire ce qu’il faut faire, je le dirais ou je me tairais. » J.J. Rousseau (deuxième paragraphe du Contrat Social)

Je ne suis qu’un simple citoyen qui s’intéresse à la politique.

En son temps, j’avais trouvé ridicule Mitterrand, Président de la République, descendant dans la rue pour protester contre la profanation du cimetière juif de Carpentras. Quand on est législateur, on ne bat pas le pavé, on prend les mesures pour éviter que de tels événements ne se reproduisent. Surtout on donne l’exemple de la vertu politique. Mitterrand après avoir, à juste titre, taxé la Constitution de la Vème République de coup d’Etat permanent, s’est coulé dans les institutions et, à l’inverse de les amender, a utilisé les pouvoirs exorbitants qu’elles lui donnaient pour accentuer la dissolution de la nation, sa disparition dans une entité supranationale . Désastre.

Quand j’ai appris que vous aviez décidé de vous placer en tête de la manifestation organisée par les partis et que vous aviez invité vos semblables à se joindre à vous, j’ai été écœuré. Encore une mascarade politicienne pour jeter de la poudre aux yeux du peuple, afin qu’il ne voit pas où se situent les responsabilités et se contente du renforcement de la sécurité.

Alors qu’on leur apprend l’anglais et le numérique pour qu’ils basculent dans l’américanisation et les réseaux sociaux, ne trouvez-vous pas inconvenant d’instaurer des cours d’instruction civique pour des jeunes citoyens, à qui les élites et les politiques donnent l’exemple du manque d’esprit civique. C’est à ces derniers que les cours devraient être réservés.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression d’une considération qui pourrait être très haute, si j’avais le sentiment que vont cesser le démantèlement des fondements de notre société et l’asservissement de la nation. 

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